Le spectacle aérien des Cantons-de-l'Est annulé

En 2014, la première édition du spectacle aérien... (archives La Voix de l'Est)

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En 2014, la première édition du spectacle aérien des Cantons-de-l'Est avait attiré près de 35 000 personnes.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) L'aéroport Roland-Désourdy ne vibrera pas au son des avions de chasse et des acrobates du ciel en 2016. Le manque de commanditaires a finalement eu raison du second spectacle aérien des Cantons-de-l'Est (SACE). Les organisateurs ont officiellement annulé l'événement, mercredi.

Il y a moins d'une semaine, le directeur général du SACE, Sylvain Faucher, avait confirmé à La Voix de l'Est que la tenue de l'événement à Bromont était compromise. «On est 175 000$ de court. C'est majeur!», avait-il indiqué.

Or, la réalité a rapidement rattrapé les membres de l'organisation, qui n'ont pu rallier assez de capitaux pour boucler le budget global avoisinant un demi-million de dollars. «C'est un dur constat d'échec pour 2016, a concédé M. Faucher. Notre équipe a mis tellement d'efforts pour préparer le spectacle. Les mines sont basses en ce moment dans le comité [organisateur]. Mais plus on avançait, plus on se rendait à l'évidence que ça ne fonctionnerait pas.»

En 2014, le premier événement du genre à se tenir à Bromont avait attiré près de 35 000 personnes. Le spectacle à grand déploiement avait été mis sur pied grâce à une enveloppe globale avoisinant 350 000$.

Le spectacle avait alors dépassé les attentes, générant un surplus de 83 000$. Ceci n'inclut toutefois pas le remboursement des avances de fonds totalisant 75 000$, qui provenaient des trois villes propriétaires de l'aéroport, soit Bromont, Granby et Cowansville.

Réactions

De son côté, le directeur général de l'aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, qui avait piloté le premier SACE, n'était pas prêt à «jeter la serviette». «L'annulation du spectacle, c'est une triste nouvelle. C'est une belle vitrine pour l'aéroport et ça amène aussi beaucoup de revenus dans la région. C'est évident qu'on ne peut pas demander à des bénévoles d'assumer un risque financier. J'espère qu'il y aura des réactions de gens d'affaires qui feront que l'événement sera sauvé. Mais c'est certain qu'il est minuit moins une», a-t-il imagé.

Les propos du maire suppléant de Granby, Robert Vincent, vont dans le même sens. «C'est triste. [le SACE] était une bonne locomotive pour promouvoir l'aéroport, a fait valoir le président du conseil d'administration de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l'Est (RARCE). Je pense que les gens doivent se retrousser les manches tout de suite pour aller chercher des commanditaires pour 2018.»

«Dans le contexte actuel, si les organisateurs ont jugé qu'ils n'ont pas l'appui financier des commanditaires privés, je crois que c'est une sage décision d'avoir [annulé l'événement]. Surtout qu'il y avait des deniers publics octroyés», a indiqué la mairesse suppléante de Cowansville, Corinne Labbé.

Rappelons que Bromont et Cowansville avaient déjà consenti des avances de fonds totalisant 66 000$ pour aider l'organisation à présenter le spectacle. Aucune demande officielle n'avait encore été faite en ce sens à Granby. Bromont avait également prévu, à même son budget 2016, une contribution de 24 000$ à l'événement.

Bien que déçue du retrait du SACE du calendrier en août prochain, la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan, s'en remet au jugement de ceux qui pilotent le projet. «À Bromont, on a plusieurs dossiers d'événements. [Le spectacle aérien] faisait partie de nos priorités. [Les organisateurs] ont certainement travaillé fort. Ce n'est pas une décision facile pour eux. Les circonstances font en sorte qu'ils ne souhaitaient pas prendre de risque. Dans ce sens, je crois qu'on ne peut que respecter leur choix.»

Zone grise

Selon M. Faucher, le désistement de plusieurs commanditaires majeurs a fait piquer du nez la campagne de financement. «Pour assurer la pérennité de l'événement, on ne pouvait pas lancer la prochaine édition avec un déficit. Le spectacle aérien n'est pas mort pour autant. On connaît sa valeur dans la région et on va tout faire pour le garder en vie», a-t-il assuré.

Normalement, le SACE se tient tous les deux ans. Le directeur général du spectacle est toutefois dans une «zone grise» en ce qui concerne le report de l'événement. «On ouvre la porte pour 2018. Mais on se lance dans le vide actuellement du côté de l'horaire. Le prochain symposium pour le calendrier des événements aériens en Amérique du Nord a lieu en décembre 2016. On est donc dans l'inconnu et on y verra plus clair à partir de là. Il va aussi falloir contourner les Jeux équestres mondiaux, ce qui ne sera pas facile.»

M. Faucher n'a pas encore décidé s'il sera de nouveau à la tête du projet s'il est reconduit. L'organisation pourrait mettre la barre moins haut, a mentionné celui qui mène une carrière militaire. «Notre vision pour le spectacle est d'en faire un événement majeur dans la région. Mais c'est évident qu'on peut en diminuer l'amplitude pour assurer sa viabilité.»

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