Une dizaine d'animaux saisis à Dunham

Deux chiens, deux lapins, plusieurs chats et des... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Deux chiens, deux lapins, plusieurs chats et des poissons ont été saisis dans une maison insalubre de Dunham. La propriétaire souffrirait du syndrome de Diogène.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Dunham) Une dizaine d'animaux ont été saisis dans une maison insalubre de Dunham, vendredi, par la SPA de l'Estrie et le MAPAQ. Il s'agit de la deuxième intervention à cette adresse de la rue Jetté en quelques années. La propriétaire semble être atteinte du syndrome de Diogène.

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Deux chiens, deux lapins, plusieurs chats et des poissons ont été saisis dans une maison insalubre de Dunham. La propriétaire souffrirait du syndrome de Diogène. 

Julie Catudal, La Voix de l'Est

Ce syndrome se manifeste par une accumulation excessive d'objets et même de déchets. La SPA des Cantons, qui détient le contrat de contrôle animalier à Dunham, a déjà tiré la sonnette d'alarme en 2013 à propos de cette maison où il n'y a même pas d'eau courante.

Des photos avaient alors été prises, comme celle d'une trappe menant à une cave de terre où on retrouvait une quantité phénoménale d'excréments. La maison avait été vidée par des bénévoles, mais le problème est revenu.

Ce cas a été rapporté au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation mardi après une première visite de Carl Girard, directeur de la SPA des Cantons. Plusieurs animaux ont été récupérés, soit deux chiens, cinq ou six chats, deux lapins et même des poissons rouges, rapporte le maire Pierre Janecek.

La propriétaire de la maison est par ailleurs hospitalisée depuis mardi à la suite d'une intervention de la Sûreté du Québec. L'électricité a aussi été coupée pour réduire les risques d'incendie.

Le MAPAQ intervient dans de tels cas lorsqu'il y a des motifs raisonnables de croire que le bien-être des animaux est compromis, explique Alexandre Noël, porte-parole du ministère, sans commenter ce cas précis. Rappelons que c'est le MAPAQ qui est chargé d'appliquer la Loi sur la protection sanitaire des animaux et la nouvelle loi, concernant leur bien-être, qui stipule que l'animal est un être doué de sensibilité. Impossible de savoir, pour le moment, si des accusations seront portées.

Démolir

Le maire compte faire pression sur le gouvernement pour que le Curateur public du Québec prenne en charge la sexagénaire et qu'elle n'entre plus dans sa maison, qualifiée de dangereuse.

«Il n'y a plus rien à faire avec cette maison, assure M. Janecek. Elle n'est pas sécuritaire du tout. On est rendu à cette étape-là. On ne souhaite pas de mal à la dame, mais on souhaite qu'elle soit gardée par quelqu'un. Si elle sort de l'hôpital et retourne dans la maison, ça va être à recommencer.»

Si son appel est entendu, la maison serait démolie.

Les employés de la SPA de l'Estrie ont eu du mal à mettre la main sur les chats, selon ce qui a pu être constaté sur place, puisque l'amoncellement d'objets et de débris leur offrait un nombre incalculable de cachettes. Le plus petit des chiens s'est d'ailleurs montré féroce envers la photographe de La Voix de l'Est, grognant à son approche. Ce chien a été impliqué dans un cas de morsure sévère à l'automne, nous informe Carl Girard. Le canidé a sectionné, avec ses dents, le tendon d'un doigt de sa maitresse.

Trop peu de sensibilisation

L'absence des pompiers de Dunham lors de la saisie des animaux, vendredi, est questionnée parM. Girard. Lui-même ne fait jamais de capture d'animaux dans la demeure d'une personne atteinte d'un problème d'accumulation excessive sans avoir le support des pompiers, qui sont en mesure de sécuriser les lieux. Les montagnes d'objets peuvent, par exemple, s'écrouler sur les employés. Ceux-ci peuvent aussi être victimes d'intoxication.

M. Girard voit trop souvent des cas de syndrome de Diogène dans son domaine. Il connaît une vingtaine de personnes atteintes de cette maladie et qui sont propriétaires d'animaux. Malgré la connaissance de ces cas, les différents intervenants restent pieds et poings liés pour des raisons légales ou budgétaires, croit-il.

«Ça fait peur. Ça me touche beaucoup parce que c'est ignoré par tout le monde. C'est une maladie dont les gens ne veulent pas parler. Des cas (comme ça), j'en ai encore eu un la semaine passée, d'autres il y a trois semaines et avant Noël. J'en ai continuellement. Ce n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que ça rajeunit et ça me fait peur.»

Il a notamment déjà rencontré un couple dans la vingtaine vivant dans un environnement trop encombré.

Cas de cruauté devant la cour

En août 2014, des centaines de carcasses de volailles étaient retrouvées dans une grange du 10e rang à Dunham.

L'appel initial concernait un animal souffrant ou mort. Carl Girard, directeur de la SPA des Cantons, ne s'attendait pas à cette découverte. En plus des carcasses de volailles entassées dans une grange, des chiens sans vie ont été retrouvés. Un chien toujours vivant a dû être euthanasié.

«L'état du chien était indescriptible, commente-t-il. C'est un des pires cas de cruauté que j'ai vus de ma vie.»

Le dossier progresse. L'enquête préliminaire de James McLean, propriétaire de la ferme, avait lieu jeudi. Il aura droit à un procès devant la cour criminelle le 5 avril. Il est accusé de cruauté animale et de ne pas avoir donné les soins appropriés à un animal.

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