Soulagement pour la famille Turk

Derine, Kamber, le maire de Rougemont, Alain Brière,... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Derine, Kamber, le maire de Rougemont, Alain Brière, le député libéral de Shefford, Pierre Breton, Ceylan, Sila, Orhan et Helin étaient tous très heureux après avoir reçu la bonne nouvelle de la part du ministre de l'Immigration, John McCallum.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Rougemont) Heureuse nouvelle pour les Turk, cette famille kurde qui s'était réfugiée dans l'église Saint-Michel-de-Rougemont pour éviter la déportation il y a pratiquement un an jour pour jour. Ils ont obtenu jeudi un permis de résidence temporaire de deux ans du ministre de l'Immigration.

Entre rires et embrassades, le soulagement était palpable dans le sous-sol de l'église où étaient réunis pour l'occasion famille, amis et politiciens.

C'est le ministre de l'Immigration lui-même, John McCallum, qui a annoncé la bonne nouvelle aux principaux intéressés, vers 13h jeudi, par téléphone. Le député libéral Pierre Breton était alors à leurs côtés pour transmettre l'appel, qui a été traduit par le frère de Kamber et d'Orhan, Fevzi, et sa fille, Hazal.

«Je suis très heureux. C'est un moment de réjouissance pour cette famille, a lancé d'emblée le député libéral dans Shefford, visiblement fier d'avoir pu mener à bien leur dossier. Durant ces deux années de résidence temporaire, ils pourront faire une nouvelle demande pour une résidence permanente, ils vont pouvoir aller à l'école, travailler librement. C'est un beau moment pour eux aujourd'hui.»

Très émus, les Turk ont exprimé leur profonde reconnaissance. «Ils étaient contents, souligne Hazal. C'est vraiment une bonne nouvelle. C'est ce qu'ils attendaient depuis maintenant un an. Il y a une grosse communauté qui est derrière eux.»

Par la voix de Maksuni OErde, l'ami et interprète de la famille, Kamber Turk, père de Sila,12 ans, Helin, 6 ans, et Derine, 2 ans, a tenu à remercier le curé Gérald Ouellette pour l'asile qu'il leur a offert, les députés Pierre Breton et Claire Samson, le maire Alain Brière, la communauté de Rougemont et les journalistes. «On vient de renaître!», a-t-il confié.

«Notre souci est pour les enfants, pour leur avenir, reprend l'épouse de Kamber, Ceylan. On a pris tous ces risques pour qu'ils restent ici. Mes filles veulent rester ici. Elles sont bien intégrées.»

La suite

L'épopée n'est pas terminée pour autant. Le permis est temporaire et la famille devra faire une demande de résidence permanente d'ici deux ans. Les parents peuvent, en attendant, retourner sur le marché du travail. Fevzi est prêt à reprendre Kamber dans son équipe, à la pizzeria, et à offrir un emploi à son autre frère, Orhan, a-t-il fait savoir.

Ils souhaitent également suivre les cours de francisation qu'offrent l'organisme Solidarité ethnique régionale de la Yamaska. Ils comprennent déjà bien le français, mais veulent pouvoir mieux s'exprimer dans la langue de Molière.

Une étape qui approche à grands pas sera de quitter le sous-sol de l'église pour déménager dans une véritable maison. «Soyez assuré qu'on va continuer de faire en sorte de bien vous accompagner dans votre intégration, confie M. Breton. D'ailleurs, on sait très bien que les deux plus grandes parlent très bien français et on a déjà une petite Canadienne (Derine). Vous êtes les grands bienvenus dans notre beau et grand pays.»

«Beau geste humanitaire»

Depuis son élection, M. Breton qui a eu l'occasion de faire plus ample connaissance avec la famille kurde et d'apprendre quelques mots turcs par la même occasion, dit avoir pris en main ce dossier qui l'avait interpellé dans les derniers mois.

Rappelons que la famille composée de trois enfants et de trois adultes risquait d'être renvoyée dans leur pays, la Turquie, où elle était persécutée en raison de ses origines kurdes et de sa religion.

Après de nombreux efforts pour demeurer au Canada qui est le pays de leur famille élargie, ce n'est qu'en juillet qu'ils ont réussi à placer une nouvelle demande d'Examen des risques avant renvoi (ERAR) et d'ainsi obtenir la levée de leur mandat d'arrestation.

Pierre Breton raconte avoir tenu de nombreuses discussions à ce sujet dans les dernières semaines avec les personnes ressources qui ont milité en faveur des Turk et le ministre McCallum.

«Je me suis assuré que le dossier soit traité en priorité chez le ministre, indique M. Breton. Je peux vous dire que le ministre et son équipe ont travaillé très fort et avec beaucoup de coeur dans ce dossier-là. C'est un beau geste humanitaire et de compassion pour cette belle famille.»

Daniel Asselin, adjoint de la députée caquiste Claire Samson, a par ailleurs tenu à souligner le travail de la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, qui a travaillé sur le dossier, malgré les refus précédents. Elle a plongé dans le dossier pendant l'arrivée de réfugiés syriens, dit-il.

Plusieurs facteurs ont aidé

Le maire de Rougemont, Alain Brière, croit que l'élection d'un nouveau parti au pouvoir à Ottawa a pu permettre de faire avancer positivement le dossier des Turk. Le fait que la famille soit déjà au Québec depuis quelques années a certainement aussi aidé.

M. Breton ajoute que l'intégration évidente des enfants à la communauté est un autre point en faveur de la famille, de même que le fait que la grande famille Turk y demeure depuis des années.

Par exemple, Fevzi a demandé asile au Canada en 2000 et la femme d'Orhan a fait de même il y a quelques années avant que les règles changent.

«Vous comprenez que le dossier a été réétudié. C'est normal qu'un dossier puisse évoluer et c'est ce qui est arrivé. Au niveau des aspects de sécurité, c'est sûr que ça fait partie des facteurs. Le ministre a été très sensible au traitement du dossier», affirme M. Breton.

À feu et à sang

La sécurité en Turquie est mise à mal depuis plusieurs mois. Mercredi, un attentat a tué dix personnes, à Istanbul. La frontière avec la Syrie est à feu et à sang, alors que les Kurdes se dressent contre Daesh.

Depuis cet attentat terroriste, le gouvernement du Canada a publié un avertissement invitant les voyageurs canadiens qui désirent se rendre en Turquie à la prudence, en raison de la criminalité, du risque d'attentats terroristes et des manifestations.

«Affaires mondiales Canada recommande d'éviter tout voyage à moins de 10 km de la frontière avec la Syrie, car la situation en matière de sécurité se dégrade», peut-on lire sur le site internet gouvernemental. Le même avertissement suit pour 12 provinces qui sont voisines de l'Iraq et de la Syrie.

Par ailleurs, la Turquie ne fait pas partie des pays d'origine «désignés», une appellation pour désigner les pays où les droits de la personne sont respectés et où la protection de l'État est offerte.

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