L'heure de la retraite a sonné

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Après 33 ans de service dans les forces de l'ordre, le lieutenant Jocelyn Desrochers quitte ses fonctions pour la retraite.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Waterloo) Après 33 ans de service dans les forces de l'ordre, le directeur du poste de la Sûreté du Québec en Haute-Yamaska, le lieutenant Jocelyn Desrochers, range son badge et son arme. Portrait de la carrière du plus jeune directeur de police à avoir été nommé au Canada, qui part pour la retraite.

«Je quitte avec le sentiment du devoir accompli», affirme le nouveau retraité de la Sûreté du Québec, que La Voix de l'Est a rencontré dans les locaux du poste de police situé à Waterloo il y a quelques semaines.

Âgé de 54 ans, le policier a une feuille de route bien garnie. Sa carrière a débuté à 21 ans au terme de ses études au Collège John Abbott et avec son diplôme de l'Institut de police du Québec, aujourd'hui devenu l'École nationale de police, en main.

Après quelques mois comme patrouilleur au Service de police de Cowansville en 1982, il a été embauché comme patrouilleur à la Ville de Léry, près de Châteauguay.

L'une de ses grandes réussites, dit-il, est d'être parvenu à résoudre le meurtre d'un policier commis quelques années plus tôt dans les Laurentides en arrêtant un homme de Léry pour un banal vol de roue de vélo. «Enquêter sur un crime banal peut permettre de réussir à aller chercher de grandes choses», poursuit-il.

Une ascension rapide

Quelques années plus tard, il a été nommé directeur du poste de police alors qu'il n'avait que 27 ans. «À ce moment-là, j'étais le plus jeune directeur de police jamais nommé au Canada», dit celui qui a occupé cette fonction jusqu'en 1994 avant de postuler et de décrocher un emploi comme directeur du Service de police de Farnham.

«J'ai eu la chance d'arriver dans un poste où les infrastructures étaient presque neuves. La Ville croyait à son service de police et investissait les sommes pour qu'il soit opérationnel», se souvient le lieutenant Desrochers qui en a assuré la direction jusqu'en 2002. La Loi sur la police a été modifiée cette année-là et Farnham, comme bon nombre de villes, a opté pour les services de la Sûreté du Québec.

Durant toutes ces années, Jocelyn Desrochers s'est impliqué dans plusieurs organismes, notamment sportifs et communautaires. Il a également contribué à l'élaboration de programmes de prévention dans les écoles de Farnham.

En collaboration avec les corps de police de Bromont, Granby et ceux de la SQ en Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi, il a participé à instaurer le programme des toutous Polixe distribués aux enfants lors d'un événement difficile. «Ça a ensuite fait boule de neige», se réjouit-il.

Quelques mois après son intégration à la SQ en 2002 à Brome-Missisquoi, il a décroché le poste de directeur de la SQ Haute-Yamaska à Waterloo, fonction qu'il a assumée jusqu'à son départ pour la retraite cette semaine.

M. Desrochers affirme que ses deux missions en... (Fournie) - image 2.0

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M. Desrochers affirme que ses deux missions en Haïti, en 2007 et 2012, sont parmi ses plus belles réalisations.

Fournie

Missions en Haïti

En plus de s'impliquer pour former un comité Info-Crime, aujourd'hui devenu Échec au crime, et un programme de prévention qui a pris la forme d'un jeu de cartes distribué aux enfants, il a participé à deux occasions à la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la paix en Haïti.

Ses deux missions, en 2007 et 2012, sont d'ailleurs parmi ses plus belles réalisations. «C'est une possibilité que l'organisation m'a donnée de faire deux missions où tu donnes un coup de main avec tes connaissances policières, mais aussi sur le plan humanitaire», estime le lieutenant qui s'est impliqué auprès d'un orphelinat.

Pendant sa carrière, il s'est toujours fait un devoir de ne pas rapporter ce qu'il vivait au quotidien dans ses fonctions policières à la maison. Ses fonctions lui ont d'ailleurs demandé de faire plusieurs sacrifices familiaux, dit-il.

«Il y a même eu des menaces à mon égard, à celui de mes enfants et de mon épouse quand j'étais à Farnham. Tu vis avec le risque, dit Jocelyn Desrochers. Mon épouse a appris mes petits secrets, mais ce n'est pas toujours plaisant.»

L'événement le plus difficile de sa carrière? Une collision qui a coûté la vie à une mère de famille et son poupon alors que les deux ont été éjectés du véhicule. La maman tenait son bébé dans ses bras. Personne n'était attaché. «Je venais d'avoir de jeunes enfants et je me souviens que la première journée qu'on a assis les enfants dans l'auto, c'était sur la banquette arrière et dans les sièges d'auto! On devient drastique.»

Après 33 ans dans les forces de l'ordre, Jocelyn Desrochers compte bien profiter de sa retraite en voyageant et en jouant au golf. Quant à son successeur, il sera bientôt présenté publiquement.

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