Des adultes dans les autobus scolaires

Selon la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, il y... (123RF)

Agrandir

Selon la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, il y a actuellement environ 25 adultes inscrits pour le transport scolaire dans la MRC d'Acton.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Roxton Falls) Nancy Bisaillon et Catherine Robert ont appris avec indignation, récemment, que leurs enfants voyageaient en autobus scolaire avec des adultes fréquentant un centre de formation pour terminer leur secondaire, à Acton Vale.

La situation a évolué depuis, les deux hommes prenant maintenant le transport en commun Omnibus, qui circule dans la MRC d'Acton. Mais les mères de famille de Roxton Falls persistent et signent: ce type de cohabitation est déjà en place, à la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, et elles s'en inquiètent.

«Avant aujourd'hui, je n'aurais jamais pensé que quelqu'un de 40 ans, par exemple, et qui retourne à l'école, puisse embarquer dans l'autobus avec des mineurs, affirme en entrevue Mme Bisaillon. Ce n'est pas un transport en commun. Ça me met hors de moi!»

Mme Robert, assise à ses côtés, dit avoir été scandalisée. «C'est inacceptable d'embarquer des adultes, dit-elle. Premièrement, les enfants sont une clientèle vulnérable. Et on parle normalement d'adultes matures. Dix voyages dans l'autobus avec cette personne-là, mon enfant peut créer un lien. Est-ce un lien que je désire vraiment?»

Elle s'imagine avec horreur le jour où ses enfants reviendraient avec l'adresse courriel d'un adulte avec qui ils commenceraient à correspondre. Ce sont d'ailleurs leurs enfants qui ont averti les deux femmes de la situation qui s'est récemment présentée.

Toutes deux croient que la solution consisterait à créer des circuits séparés pour les élèves mineurs et majeurs. «À Granby, c'est simple, tu ne verras jamais un étudiant du CRIF embarquer avec des jeunes de J.-H-Leclerc, souligne Catherine Robert. On ne mixe même pas primaire et secondaire!»

Le transport en commun et adapté Omnibus sert justement à transporter la clientèle qui n'a pas de voiture, renchérit Nancy Bisaillon. «Je ne peux pas croire que la commission scolaire n'a pas pensé à ça. En plus, on ne vérifie pas les antécédents judiciaires et on met des adultes dans l'autobus, ce n'est pas grave! »

Questions à étudier

Selon la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, il y a actuellement environ 25 adultes inscrits pour le transport scolaire dans la MRC d'Acton.

«À la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, comme dans d'autres commissions scolaires, les élèves qui fréquentent un centre de formation pour les adultes peuvent emprunter le transport scolaire, laisse savoir Daniel Camirand, directeur général adjoint et responsable du transport scolaire. Dans la mesure où il y a de la place, on leur fournit ce service-là.»

Cependant, on ne vérifie pas au préalable si ces adultes ont des antécédents judiciaires, comme on le fait depuis 2008 pour les bénévoles et le personnel de la commission scolaire. «Cette plainte-là soulève un enjeu qui est de plus en plus présent dans la société en général qui est celui de la cohabitation entre les enfants et les adultes. La vérification des antécédents judiciaires des élèves majeurs est une question qu'on va soulever au conseil des commissaires», indique M. Camirand.

La simple question de la cohabitation des adultes - mis à part le chauffeur - et des enfants dans l'autobus scolaire sera aussi amenée au conseil des commissaires, assure M. Camirand.

«Mais celle-là pose un autre problème, souligne-t-il. Jusqu'où va-t-on pour favoriser le retour en classe chez les adultes? Est-ce qu'on doit fermer complètement le transport aux adultes? Ça voudrait dire que certains adultes qui fréquentent les centres pour adultes cesseraient de le faire. Ça aurait des implications pour plusieurs élèves sur la poursuite de leurs études. Ça aurait des conséquences beaucoup plus importantes que la vérification des antécédents judiciaires.»

«Ce ne sont pas toujours des élèves qui sont très fortunés», ajoute-t-il.

Tard pour agir?

Pour Catherine Robert et Nancy Bissaillon, il semble être tard pour se poser ce genre de questions. Et l'enjeu va au-delà de la vérification des antécédents criminels, font-elles valoir.

«Ils ne se sont pas posé la question avant? Ils ne se sont pas demandé si c'était acceptable avant? J'approuve tellement ça que les adultes retournent à l'école et je trouve que la politique de transport est bien faite, que tous les élèves peuvent sans discrimination avoir droit au transport scolaire, soutient Mme Robert. Je suis parfaitement d'accord, mais il faut les séparer. Un secteur adultes et un secteur enfants, ça n'a pas de sens qu'on les mixe.»

Selon la commission scolaire de Saint-Hyacinthe, il y a actuellement environ 25 adultes inscrits pour le transport scolaire dans la MRC d'Acton.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer