Sans soucis

Mes parents étaient très sociables. J'écris « étaient », mais ils le sont... (archives La Presse)

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Mes parents étaient très sociables. J'écris « étaient », mais ils le sont toujours. C'est juste que je n'habite plus avec eux pour le constater.

Quand j'étais jeune, les samedis soirs où il n'y avait pas d'invité dans notre chaleureux bungalow étaient rares. J'adorais ça parce que, quand on est petit, le ménage et la cuisine sont de lointaines réalités... qui nous rattrapent vite à l'âge adulte.

Aujourd'hui, j'ignore si c'est parce que je suis d'un naturel solitaire ou parce que je veux que tout soit parfait, j'aime recevoir chez nous, mais chaque fois la Martha Stewart en moi est stressée au plus haut point.

Dès que les invitations sont lancées, mon esprit se met en mode angoisse. Qu'est-ce qu'on cuisine ? Vont-ils aimer ça ? Ont-ils des allergies ? Des restrictions religieuses ? Et l'entrée ? Le dessert ? Y en aura-t-il assez pour tout le monde ? Et le vin ? Se mariera-t-il bien avec tout ça ? Ou préfèrent-ils de la bière ? Du fort ? Du cidre ? Du kir ? De l'absinthe ?

Sans oublier le ménage qu'il faut faire avant (et après), penser au divertissement pour les enfants, celui pour les adultes, (jeu de société, mimes, orgie gréco-romaine ?), la nappe, les tables, les chaises, la musique, la température de la pièce, comment m'habiller, aaaarrgggh...

Et quand je pense avoir pensé à tout et avoir tout préparé - en compagnie de Désirée qui, elle, vogue à travers les soirées mondaines avec l'assurance d'un voilier sur le lac Brome -, je m'inquiète d'avoir oublié quelque chose. Et si Ginette était allergique aux arachides ? Et Bertrand, ne boit-il que du blanc ? Le petit Jérémie mourra-t-il d'asphyxie à cause du chat ?

Une fois la visite arrivée, je réussis à relaxer, mais les 30 minutes avant sont les pires. La dernière fois, je me suis assis par terre avec une bière en essayant de me calmer, et je ne bois presque jamais de bière. Ça n'a pas fonctionné.

J'essaie de me dédouaner en me disant que c'est parce que je suis perfectionniste (ha !), mais c'est probablement juste parce que je suis nerveux et insécure. Je voudrais que tout le monde sorte de chez nous en disant : « wow, c'était fantastique ! » Quand, dans le fond, ça dépend énormément des circonstances et des états d'esprits et très peu de la qualité de mon ragoût ou de la fraîcheur de mon Quik (le Quik est très frais chez nous, en passant, parce que j'en consomme beaucoup).

Bref, j'aimerais être comme mes parents, qui semblaient recevoir la Terre entière sans soucis, la soirée allait comme sur du velours et se terminait par de franches rigolades et une partie de cartes aux règlements opaques.

Personnellement, je préfère les tournois de Mario Kart, mais chacun son époque.

Adieu, cobra

Je réalise que je ne pourrai plus faire de yoga à Granby, maintenant que nous sommes installés en périphérie et que ma municipalité n'a pas renouvelé l'entente-­loisirs avec la ville du Zoo.

Ça ne m'aurait pas dérangé de payer plus cher pour continuer à bénéficier des bons soins zens d'Amélie et Dominique (je sais, il y a des gars qui enseignent très bien le yoga aussi, mais je préfère faire des « aaah-hummm... » avec une femme en avant. Les participants aux cours sont déjà féminins à 90 % faque, tsé, hein). 

J'ai essayé les cours de yoga dans mon nouveau lieu de résidence, mais disons que ce n'était pas, euh, à la hauteur de mes attentes. Et en faire tout seul chez moi, c'est pas pareil. Surtout que Jojoba est prompte à embarquer sur moi pendant que je suis dans la position du cobra rugissant, ce qui n'est pas l'idéal.

Cette chronique fait relâche jusqu'au 20 août.




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