La confrontation

Et il y a ce nom... Alexandre Bissonnette.... (Archives La Presse)

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Et il y a ce nom... Alexandre Bissonnette. On dirait le nom d'un voisin, d'un camelot, du gars qui fait les patates frites à la cantine du coin. Assurément le nom qui sonne le moins « tueur de masse » au monde. Or, ce nom ira rejoindre le sombre firmament des Denis Lortie et autres Marc Lépine. Tous des gars qui n'ont trouvé d'autre exutoire que la violence pure.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

CHRONIQUE/ Je me demande ce qui serait arrivé si le présumé tueur de la grande mosquée de Québec avait eu une vie différente, avant. Si Alexandre Bissonnette avait grandi en gars populaire, admiré, expressif, plutôt que le nerd renfrogné que les reportages laissent présager. Aurait-il accumulé autant de haine ?

C'est dur, la solitude. On a tous l'image des jeunes adultes branchés aux centaines d'amis avec qui ils sont en contact jour et nuit grâce à internet, mais on sait que ce n'est pas le cas pour tous. Plusieurs vivent presque exclusivement dans leur tête. Ça peut rendre malade, ça. 

Je n'excuse pas le geste de dimanche dernier, bien sûr. Tout comme je n'essaie pas de rendre son auteur sympathique. Mais il y a une récurrence chez les « tueurs de masse » : ce sont des hommes isolés, malheureux.

Certains ont montré du doigt les radios de Québec (quand ce n'est pas la ville elle-même !), les médias en général, l'extrême droite. Je suis prêt à admettre que les médias ont une part de responsabilité dans l'intolérance ambiante en relayant tout ce qui arrive de mal dans le monde. Mais entre trop d'information et l'ignorance, je préfère l'information. Encore faut-il savoir la filtrer.

Le seul coupable, finalement, c'est le tueur lui-même et ses lubies. Et ses armes. Comment ça peut être si facile de posséder un pistolet en 2017 au Québec ?

Et il y a ce nom... Alexandre Bissonnette. On dirait le nom d'un voisin, d'un camelot, du gars qui fait les patates frites à la cantine du coin. Assurément le nom qui sonne le moins « tueur de masse » au monde. Or, ce nom ira rejoindre le sombre firmament des Denis Lortie et autres Marc Lépine. Tous des gars qui n'ont trouvé d'autre exutoire que la violence pure.

Ce qui est arrivé dimanche dernier, on dirait un événement hors du temps, hors du siècle. Je reconnais que des musulmans font régulièrement parler d'eux à travers le monde pour de mauvaises raisons. Mais ici ? Au Québec ? Qu'ont-ils fait de si répréhensible ? Ne me dites pas que les musulmans en mènent large. J'en connais plusieurs qui ont été surpris d'apprendre qu'il y avait une mosquée à Québec (il y en a plusieurs, en fait).

J'entends souvent dire que les Québécois n'aiment pas la chicane, la confrontation. Généralement pour ajouter ensuite qu'on est un « peuple mou »... Je dirais plutôt souple, et c'est une très bonne chose. La confrontation, ça use. Je suis fier d'habiter une nation relativement paisible qui ne s'engueule pas à tout bout de champ. 

Ce qui n'empêche pas quelques hurluberlus, des fois. Misère.

Miel

Passons du pire au meilleur. Je tiens à préciser que contrairement à ce que ma chronique de la semaine dernière pouvait laisser supposer, mon collègue Antoine Lacroix, littéralement un boys band à lui tout seul, n'est pas un coureur de jupons. Mais les femmes l'adorent. Nuance. Autrement dit, il n'a pas besoin de courir, elles viennent à lui comme des ourses sur du miel après une longue hibernation. 

Lynch-er

Dans cet océan de mauvaises nouvelles qui nous accable depuis des semaines, il est bienvenu de se concentrer sur les bonnes. Comme celle voulant que le cinéaste québécois Denis Villeneuve tournera un remake du film Dune (1984), de David Lynch, l'un des films de science-fiction les plus mal-aimés de l'histoire du cinéma. 

Pourtant, à mon humble avis, il ne mérite pas tant de haine. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais de là à le Lynch-er... C'est un film audacieux, imparfait et peut-être trop original. Il met aussi en vedette Sean Young avec des yeux bleus brillants et Sting en bobettes futuristes. Tiens, je savais que j'allais vous accrocher.

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