Sur le carreau

Quelle semaine de m... et j'écris pas juste... (123RF)

Agrandir

Quelle semaine de m... et j'écris pas juste ça parce que j'ai eu la gastro.

123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Quelle semaine de m... et j'écris pas juste ça parce que j'ai eu la gastro.

En fait, oui, parce qu'on l'a tous eu. Jojoba, moi et Désirée. Dans cet ordre. Ou dans le désordre, si vous voyiez l'état de notre maison aujourd'hui.

Tout a commencé dimanche. Bébé ne gardait plus rien. Lundi, c'était à mon tour de jouer au Vésuve humain. Mardi, c'était Désirée... qui ne l'a pas eu tant que ça, après tout. Question : pourquoi les filles sont-elles toujours moins malades que les gars ? Est-ce Dieu qui nous punit de ne pas accoucher ? Plausible.

(Là, je sens qu'il y en a plusieurEs qui ont le goût de dire qu'on fait souvent semblant, nous les gars, quand on dit qu'on a mal, ce qui est absurde. Avec notre propension à ne pas nous plaindre, pourquoi feindrions-nous à ce moment-là ? Bref, si on dit qu'on a mal, C'EST QU'ON A MAL, B***AK ! C'est d'ailleurs prouvé qu'une grippe nous fait plus mal. Donc, cessez de dire « grippe d'homme ». C'est dénigrant. Est-ce qu'on dit « se plaindre comme une femme », nous ? Ok, on le dit. Mais pas souvent.)

En tous cas, moi, j'ai eu mal cette semaine, pis je ne me plaignais pas. Ou si peu. Qui n'aime pas se faire soigner, après tout ? Malheureusement, Désirée est imperméable à toute forme de misérabilisme. J'ai beau gémir, elle n'accourt pas. Pourtant, Jojoba, un an, n'a qu'à frétiller du lobe d'oreille et v'là ma muse bouchervilloise qui arrive en courant avec une débarbouillette et un onguent. 

(La vie est ainsi faite. Les plus mignons ont toujours préséance. Parlez-en à mon collègue Antoine Lacroix, cuvée 1996 : jeunes, matures, rousses, crépues, naines ou unijambistes, elles accourent toutes pour lui en priorité, sans exception. Mais je m'égare.)

Après deux jours de jeûne imposé - et malheureusement non imposable -, c'était à mon tour de devenir « soutien viral » du reste de la famille affaibli, ce qui est pénible quand on fonctionne déjà au ralenti. Je me permets la candeur de dire qu'un bébé qui « restitue », comme dirait mon patron que je salue d'une main leste mais magnanime, c'est mignon une fois. Mais six fois par jour, c'est trop.

Quand même plaisant quand Jojoba se colle longuement sur nous pour se réconforter. C'est pas qu'on aime qu'elle soit malade, mais... c'est un avantage, disons.

Heureusement, nous nous en sommes tous sortis grandis, ou plutôt amaigris, et l'appétit est revenu. Je reste quand même avec la désagréable impression d'avoir passé la semaine sur le carreau et de n'avoir rien fait, ou si peu, de productif.

Quand on y pense, c'est fou comme notre société est basée sur, et se valorise par, le travail. Sans travail, ou sans occupation quelconque, c'est comme si on n'était rien. Qu'on n'existait pas. Pourtant, les bébés existent - ô que oui ! - et ils ne travaillent pas. Les invalides et les vieillards non plus. Sont-ils pour autant inutiles ? Bien sûr que non. Mais se sentent-ils autant valorisés que les autres, j'en doute. 

Je propose une société plutôt basée sur le sourire. On n'existe que si on sourit. Pas besoin nécessairement de travailler, ni même d'avoir de l'argent. Comme ça, on valorise les gens souriants, donc les gens heureux. Le taux de chômage devient le taux de chialage. Ça serait la joie, non ? J'y pense, que feront les Parisiens ? Ça serait l'hécatombe. 

Comme moi en début de semaine. Mais voyez, j'ai survécu. En passant, c'est pas vrai que Désirée ne vient jamais à mon secours. Elle m'a apporté un seau, cette semaine. Et un verre d'eau quand je lui ai demandé. Et nettoyé beaucoup. C'est une super douce moitié, en fait. Si je me plains, c'est parce que j'essaie de faire pitié. Ça ne réussit pas souvent.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer