La course

Avant que Désirée et moi ayons un bébé, j'avais remarqué plusieurs jeunes... (Photothèque Le Soleil)

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Avant que Désirée et moi ayons un bébé, j'avais remarqué plusieurs jeunes parents qui disaient : on court tout le temps avec de jeunes enfants, c'est essoufflant !

Je les entendais dire ça de façon très relax, durant un souper par exemple, alors je me disais : ils ne courent pas tant que ça puisqu'ils sont assis, là.

Puis j'ai compris. Cette course n'est pas dans l'intensité, elle est dans la durée. Au sens où ça n'arrête jamais.

Prenez-nous : deux adultes, un bébé, deux autos, une maison, pas de femme de ménage. Voyez ça comme vous voulez, il y a toujours quelque chose à faire.

Si c'est pas le ménage, c'est le lavage, qui a pris des proportions gargantuesques. Il y a en quasi-permanence un gros tas de linge propre à plier dans un coin de notre chambre. Sitôt pliées et rangées, d'autres fanfreluches prennent sa place.

Et c'est pas tout d'être propre et rangé, il faut aussi cuisiner. Un peu pour nous, un peu pour la visite, des purées pour le poupon, bref, de la vaisselle, en veux-tu, en v'là. Et il faut cuisiner santé. Et faire de l'exercice. Travailler. Visiter la belle-famille. Tondre la pelouse. Sans oublier toutes les rénovations à faire que je repousse jusqu'à ce qu'on me le reproche...

Tout ça avec un minimum de sommeil parce que Jojoba a encore la fâcheuse manie de se réveiller une fois la nuit. Quand elle ne fait pas des accès de gastro-entérite, comme cette semaine !

Heureusement, elle s'en est bien sortie et nous aussi. Elle ne nous a pas passé le flambeau du flux. Une chance, sinon je ne vois pas comment on serait venus à bout de nos tâches ménagères. J'ai fait le calcul : si on fait plus qu'une sortie par fin de semaine (ou si l'un de nous est malade), on n'y arrive pas.

Mais il suffit de regarder Jojoba pour être heureux et se dire que ça en vaut la peine. Sauf quand elle me vomit dessus inopinément. Là, je me mets à jurer comme un charretier.

Envie

J'ai récemment vu le film Le loup de Wall Street, de Martin Scorsese (2013) pour... la troisième fois. Trois fois un film de trois heures, ça veut dire que j'y ai déjà consacré neuf heures de ma vie.

Pourtant, j'en connais plusieurs qui l'ont détesté. Parce que c'est ni plus ni moins que trois heures de bacchanales, d'abus en tous genres et de filouterie. C'est justement ce que j'aime de ce film : il n'a aucune morale et c'est rafraichissant. Ses protagonistes n'ont aucune morale (ils se permettent tout), et à la fin le film lui-même n'en a pas, les méchants s'en sortent relativement bien.

Cette fois-ci, j'ai en plus remarqué quelque chose que je n'avais pas vu avant. Le visage du policier, à la fin, quand il fixe les passagers du métro d'un air songeur. Comme s'il se disait : j'ai coffré un important boursicoteur voleur, mais au fond, j'aurais peut-être eu envie, moi aussi, de vivre une vie comme la sienne.

Ce film-là nous renvoie à notre propre appétit du luxe et de la luxure. On peut mépriser les riches ou les escrocs, mais au fond, on jalouse leur opulence. Qui n'a jamais rêvé d'avoir une Lamborghini ? Une maison digne de celle de Céline Dion ? Un conjoint tout droit sorti d'une pub de sous-vêtements ?

Personnellement, j'ai déjà les trois, alors ça va. J'ai une Lamborghini format jouet, ma maison qui ressemble à celle que la diva de Charlemagne avait dans son enfance à, euh, Charlemagne, et ma conjointe est top canon.

Elle ne fait pas de publicité de sous-vêtements, mais c'est parce qu'elle est pudique.

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