La misère des riches

Les citoyens de la rue Léger ont raison... (Alain Dion, Archives La Voix de l'Est)

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Les citoyens de la rue Léger ont raison de ne pas vouloir payer pour une piste cyclable devant chez eux, piste qui profiterait à tout le monde et qu'eux-mêmes, peut-être, n'utiliseraient pas. Mais refuser que la Ville l'aménage et la paie à 100 %? Quelle mouche les a piqués?

Alain Dion, Archives La Voix de l'Est

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'aime beaucoup Granby, mais parfois je me dis: maudite ville où les chialeux - et ceux qui veulent par-dessus tout qu'il ne se passe rien et que leur compte de taxe municipal n'augmente pas - sont rois.

Les citoyens de la rue Léger ont raison de ne pas vouloir payer pour une piste cyclable devant chez eux, piste qui profiterait à tout le monde et qu'eux-mêmes, peut-être, n'utiliseraient pas.

Mais refuser que la Ville l'aménage et la paie à 100 %? Quelle mouche les a piqués?

Hormis pour ceux dont le terrain risque d'être charcuté, je trouve ça profondément égoïste. Faut-il rappeler, aussi, que la rue ne leur appartient pas? Elle appartient à la Ville, donc à tout le monde.

Que craignent-ils? Que ça «défasse» la rue? Que ça amène des touristes, cyclistes et pauvres piétons qui oseraient regarder leurs piaules de riches et peut-être, horreur!, poser un pied sur leur beau gazon en attendant de reprendre leur souffle?

J'ai l'impression de revoir la déplorable saga des résidants de la rue de l'Estrie qui, avec suffisance, s'étaient dressés contre l'installation d'une piste cyclable dans leur rue, en 2011, histoire de «sauvegarder leur quiétude». Parce que c'est bien connu, il n'y a rien de plus bruyant qu'une bicyclette.

Ah, la misère des riches. On en fait d'excellents téléromans américains. Après Santa Barbara, Santa Léger!

Dans plusieurs villes, notamment en Europe, c'est le vélo qui est roi. Les voies cyclables sont partout et c'est au bénéfice de tout le monde, que ça soit pour une meilleure forme physique (la fameuse «mobilité active» chère à la Ville...), la diminution du trafic et de la pollution.

Mais Granby est en Amérique. Une ville de chars - je le dis objectivement - dans un continent de chars. Il n'y a pas de train. Quelques autobus. Et des pistes cyclables qui, à la suite de mauvaises décisions du passé, ne font que ceinturer en partie la ville. Bref, il y a place à de l'amélioration.

Message aux résidants de la rue Léger: les cyclistes n'ont pas besoin d'être «sécurisés». Ils veulent des endroits où ils peuvent circuler en risquant moins d'être emboutis par des automobilistes stupides, ce qui arrive fréquemment, si vous consultez un peu les nouvelles.

Et contrairement à mon estimé collègue Michel Laliberté, je suis d'avis que la Ville n'a pas à consulter ad nauseam tous ses citoyens avant d'envisager de nouveaux projets. La consultite aiguë, c'est long et inefficace. À un moment donné, il faut que quelqu'un prenne des décisions. Si on demande toujours l'avis de tout le monde, il y aura toujours des mécontents... et rien ne se fait.

Cela dit, à tous les gens qui font l'effort d'assister aux conseils municipaux, bravo. À ceux qui prennent le micro pour commenter ou poser des questions, encore bravo. Mais aux lâches qui restent assis dans le fond de la salle à crier des bêtises sans avoir le courage de s'exprimer nommément et publiquement, honte à vous. Vous montrez toute votre classe.

Inspiration

La vie familiale étant ce qu'elle est, il m'arrive d'écrire à mon ordinateur avec Jojoba, cinq mois, sur mes genoux. Cette semaine, je me suis dit: pourquoi ne pas tirer avantage de la situation?

Voici donc, en primeur, les balbutiements littéraires de ma fille. Pour tirer d'elle la substantifique moelle inspiratrice, je l'ai tout simplement installée devant mon clavier en lui disant: vas-y, exprime-toi!

Ça a donné: dfn...........,,,,, ;è///////////////////////////////////////////////////¿¿

C'est beau, non? On dirait de la poésie du clavier. Tout est dans l'abstraction, l'onirisme, l'immatérialité. En plus, je ne sais même pas comment elle a fait les deux derniers symboles «n'égale pas».

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