À cheval

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'ai eu 40 ans cette semaine et je me sens tout à fait en forme. Ben, à part mon hypertension, mes opérations aux deux genoux, mon manque total de concentration après 22 h et mon incapacité à jouer au hockey sans avoir l'air d'un chien dans un jeu de quilles.

Je ne me sens pas vieux, mais je constate que je suis au bord du précipice, à cheval entre jeune et vieux. Plutôt déconnecté des nouvelles générations, mais pas assez âgé non plus pour jouer à la pétanque au parc Dubuc ou regarder LCN à longueur de journée (je m'excuse pour les amateurs de pétanque).

C'est flagrant quand je converse avec des gens dans la vingtaine. Prenez la jeune stagiaire de La Voix de l'Est dont je partage le nom de famille et qui, contrairement à une idée répandue, n'est pas ma nièce.

Elle utilise plein d'expressions que je ne connaissais pas. Va pour «c'est nice» pour dire «c'est joli» - quoique le puriste en moi grince des dents -, mais il a fallu que je recherche «buya!», «props» et «yolo» sur Google pour savoir exactement ce que ça voulait dire et surtout, dans quel contexte les utiliser.

C'était juste pour ma connaissance personnelle parce que j'aurais l'air bizarre de les dire. Avec des ados, on m'aurait accusé de vouloir «faire jeune» et avec des vieux, ils ne me comprendraient pas. Buya!

À 40 ans, on se demande si notre emploi nous convient toujours, si une deuxième hypothèque serait vraiment une bonne chose, si notre enfant va avoir honte de nous plus tard, si on fait assez d'exercice, si des vacances en camping, c'est vraiment des vacances, si regarder la télévision peut être considéré comme une activité culturelle et si on est assez écolo parce qu'on recycle, mais on ne composte pas.

Aussi, j'ai récemment interviewé un groupe de jeunes dans une école secondaire et ça m'a frappé qu'ils m'appellent tous «monsieur». Me semble que ça ne fait pas si longtemps que je traînais moi-même dans les couloirs d'une grosse polyvalente en trouvant que «toutte est poche». Mais quand j'y pense, oui, ça fait longtemps!

J'ai plus de responsabilités, mais j'aime me garder un peu de temps pour être rebelle (genre le vendredi soir en 21 h et 22 h). Ce que j'ai perdu en liberté, je l'ai gagné en confiance en moi.

Je m'ennuie d'une certaine insouciance, mais globalement, je suis plus heureux que quand j'avais 20 ans. J'ai moins d'incertitudes, une meilleure connaissance du monde et de ses habitants et surtout, une bagnole badass qui m'emmène partout.

Sans oublier les gens qui m'entourent. Ils sont plus stables et agréables. Pas seulement ma famille et mes collègues, mais aussi ma prof de yoga, la madame gentille du dépanneur et surtout mon camelot, un être pugnace et engageant à qui je dois tout.

Et il n'a que 38 ans. Un petit jeune!

(PS: Ne me dites pas que 40 ans, aujourd'hui, c'est le nouveau 30 ans. C'est de la merde tout ça. Quarante ans, c'est 40 ans, OK?)

Constitution

Comme vous le savez parce que vous lisez cette chronique assidûment, comme le ferait tout bon citoyen, Désirée et moi avons entrepris, non sans douleur et pour des raisons d'hygiène de vie, de ne manger qu'un dessert aux deux jours. Laissez-moi vous dire qu'un jour sur deux est triste en crisse, comme chantait RBO.

Et à problème résolu, il en apparaît un autre. Les débats fusent sur ce qui constitue ou non un dessert. Un fruit, non. Ça, c'est correct. Mais un verre de Quick? Un yogourt? Une barre tendre? TROIS barres tendres?

On se croirait au Parlement, les coups de coude en moins.

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