Les impairs

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Profitez de cette chronique, elle ne durera peut-être plus très longtemps.

J'ai appris cette semaine que je souffre d'une maladie de vieux, l'hypertension. C'est héréditaire et si je ne fais pas attention, je pourrais claquer d'ici 30, 40 ans.

Moi qui pensais vivre aussi vieux que Gandalf dans Le Seigneur des anneaux (le sorcier a 4000 ans, mais on lui en donne à peine 3800), c'est raté. Je me voyais déjà, vieux sage à la longue chevelure et à la tunique blanche, arpentant les rues de Granby avec une canne à la recherche d'une âme égarée à qui je pourrais venir en aide avec un sortilège quelconque.

Bon, c'est pas si grave que ça mon hypertension, je dois seulement faire attention. Mais faire attention, c'est plate. Bien manger, ça équivaut souvent à éviter ce qui goûte le meilleur: le sel, le gras, le sucré, bref, ce qu'on vend à la cantine au coin de chez nous.

Déjà, je vise (dans le sens que je ne réussis pas tout le temps) à ne manger qu'un dessert par jour ce qui, je m'excuse d'avance, n'est pas de la tarte. Désirée a suggéré cette semaine, du fond de sa créativité et de son enthousiasme sans fin, qu'on ne mange qu'un dessert aux deux jours.

- Tu préfères quels jours? Les pairs ou les impairs?

J'ai répondu les impairs, parce qu'il y en a plus. Pensez-y: tous les mois (sauf février) ont au moins 30 jours, et un sur deux a 31 jours. Donc un mois sur deux, il y a une journée impaire/de dessert supplémentaire, et le lendemain ça retombe à 1, donc une autre journée impaire! Je me trouve génial, des fois.

Ensuite, je dois faire plus d'exercice. A priori, je n'ai rien contre. C'est mon corps qui veut pas. Ben non. Le problème, voyez-vous, c'est que mon travail est plus intellectuel que physique (quoiqu'il m'arrive à l'occasion de courir avec un député ou de me battre avec la souris d'un ordinateur).

On peut penser que je ne me fatigue pas trop et que de retour chez moi, à des heures variables, je me sens frais et dispos pour aller faire un petit 30 kilomètres de jogging. Erreur. Quand on force de la tête toute la journée, on revient chez soi avec l'impression d'être aussi fatigué qu'un gars de la construction qui a installé des poutres toute la journée.

Mais c'est un leurre que nous envoie notre cerveau. Une arnaque symptomatique. Un guet-apens de matière grise. Appelez ça comme vous voulez, l'objectif est de ne pas l'écouter. Plus facile à dire qu'à faire.

Encore plus important, je dois gérer mon stress. Après «falloir», le verbe «gérer» est assurément celui que je déteste le plus dans la langue française». De nos jours, il faut tout gérer: gérer son stress, gérer ses émotions, gérer son alimentation, gérer ses amitiés. J'ai même déjà lu «gérer son couple». C'est drôle, j'ai pas l'impression de gérer mon couple du tout, ce serait plutôt le contraire, mais bon.

Comment être moins stressé? Si je gagnais 1 M$ drette-là, ça m'aiderait. J'aimerais aussi qu'il y ait la paix dans le monde. Et qu'il soit facile de faire un «è» sur un foutu de clavier d'ordinateur PC. Mais certaines choses sont hors de notre portée. Alors je me contente de méditer, de manger mieux, de faire plus d'exercice... et de dire à ma blonde que je l'aime. Comme ça, elle me gère moins après.

Cré Justin

C'est drôle, j'entends tout le temps dire que la politique canadienne est plate. Mais on s'offusque quand le premier ministre joue du coude et bouscule quelques députés de l'opposition qui l'avaient bien cherché.

Branchez-vous, bâtard!

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