Les autres

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Il y a des gens qui enjolivent nos journées. Chaque fois qu'on les rencontre, même si c'est pendant quelques secondes seulement, ils nous mettent de bonne humeur, que ce soit simplement avec une phrase, un regard loufoque ou un sourire.

Je sais que tout le monde a un côté plus sombre, mais la plupart des gens à Granby s'efforcent de ne pas être trop désagréables avec autrui.

Puis, il y a les autres... Ceux qu'on voudrait apprécier, mais qui ont toujours la phrase acide, assassine, pour vous faire sentir comme si vous ne méritiez pas de respirer le même air qu'eux. On voudrait les comprendre et les aider à se sortir de leur turpitude, mais c'est peine perdue.

(Je précise ici que je ne pense à aucun employé de La Voix de l'Est en écrivant ça, ni à un patron. Ils sont tous, à divers degrés, sympathiques. Mention spéciale à mon collègue journaliste Jérôme Roy, surnommé le Woburnois à la voix de velours, qui semble éternellement de bonne humeur malgré un horaire ingrat.)

Une bonne idée c'est d'éviter les gens désagréables, mais ce n'est pas toujours possible, surtout quand on est obligé de les croiser dans le cadre de son emploi. Il y a aussi la confrontation, mais à quoi bon? Souvent, ça ne règle pas le problème, ça l'envenime. Et tout est à refaire avec le prochain.

Quand je lui parle de ce dilemme «sisyphien», Désirée me répond: cette personne-là ne doit pas être heureuse. (Elle dit aussi d'autres choses moins élégantes, mais je me retiens de les répéter ici.) Probablement que oui, lui réponds-je, mais ça ne règle pas mon problème pour autant!

La meilleure solution, je crois, c'est de focaliser sur les gens agréables (comme Jérôme Roy). Ils sont le soleil qui fait éclore les fleurs du bonheur. Quoique la merde sert aussi à faire éclore les fleurs, mais bon.

Il y aura toujours des gens «toxiques» - ou des gens qui passent une mauvaise journée, ou une mauvaise vie. Coupez-en un et il en apparaît deux autres, comme l'Hydre de Lerne qu'a combattu Hercule (désolé pour l'abus de références mythologiques).

Parfois, je regarde mon bébé de quatre mois et je pense à la tristesse qu'elle connaîtra immanquablement plus tard, les coups, les méchancetés, les quolibets. J'en viens à me demander si on ne lui donne pas trop d'amour, si elle ne va pas être mal outillée face aux chocs de la vraie vie de dehors, le difficile quotidien. Puis je me dis que ça ne servirait à rien de lésiner sur la tendresse, que ce qu'on lui donne maintenant servira à contrebalancer les coups qu'elle recevra plus tard.

En passant, je recommande à tout le monde de faire des enfants, si possible. Ça rend heureux. Et fatigué. Mais plus heureux.

D'ailleurs...

Des nouvelles de Jojoba

Ma fille Jojoba a commencé à gazouiller (par sur Twitter, là, pour de vrai) comme s'il n'y avait pas de lendemain. Bien sûr, on lui répond, ce qui donne des dialogues faits de cris et de grognements que n'auraient pas reniés les hommes des cavernes.

C'est mignon, mais ce qui l'est moins, c'est lorsqu'elle se met à râler de façon saccadée en faisant exactement le même bruit que la femme fantôme dans The Grudge (2004), un bijou de film d'épouvante américano-nippon que je vous recommande vivement si vous ne l'avez pas vu.

C'est troublant, mais ce qui l'est encore plus, c'est qu'elle régurgite aussi à l'occasion avec la puissance de jet de la jeune fille possédée dans The Exorcist (1973).

Si jamais elle apparaît couverte de poils à la pleine lune comme Michael J. Fox dans Teen Wolf (1985), je capote.

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