Le départ

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Je me souviens quand j'ai reçu l'appel fatidique. J'étais seul dans un restaurant de Sherbrooke, le genre de restaurant qu'on dit «sans prétention» parce que les propriétaires ne prétendent pas que c'est bon, mais c'est pas cher.

J'avais mis ma maison de Granby en vente depuis plusieurs mois et franchement, je n'y pensais plus trop. Désirée voulait se rapprocher de son emploi sur la Rive-Sud, ce qui implique que, de mon côté, je m'éloigne de la ville du zoo. Donc, je n'étais pas trop pressé... L'éventualité de déménager restait abstraite, un peu comme les talents d'humoriste de Guy Jodoin.

Alors quand mon agent immobilier m'a appelé pour me dire «on a une offre!», j'ai failli verser une larme sur mon napperon de papier à l'effigie des commerces de la rue King Ouest. J'étais content et triste en même temps.

Là c'est pour de vrai, me suis-je dit, je vais quitter le splendide bungalow acheté il y a cinq ans, entouré de voisins paisibles, pas loin de deux parcs et de la cantine Chez Ben, et avec une cour arrière assez intime pour se faire bronzer tout nu (je dis pas que je le fais, là, mais si je voulais, je pourrais).

Une maison avec juste assez de gazon pour prendre plaisir à le tondre sans se tanner. Un garage où j'entreposais tous mes outils dont je ne me sers jamais. Un sous-sol pas fini, mais avec une table de ping-pong et une fournaise à l'huile qui ne m'a jamais fait défaut. Une pièce secrète au deuxième étage où j'allais écouter la télévision le dimanche soir quand Désirée monopolisait le salon en écoutant La Voix.

En face, une retraitée qui nourrissait notre chat et surveillait la maison en notre absence par pure bonté. Une tâche qu'elle accomplissait avec zèle. Un jour, mon père est venu chez moi en moto et ma voisine d'en face, qui ne le connaissait pas, est aussitôt venue contrôler son identité. Mon père a trouvé ça très drôle. «Ça, c'est une surveillance efficace!», qu'il m'a dit.

Bon, je me suis fait cambrioler l'été dernier, mais c'était durant la nuit, et elle ne peut pas être partout en même temps.

Après l'appel de l'agent, la ronde des négociations a commencé et on s'est finalement entendus sur un prix. Désirée et moi regardons maintenant dans un endroit mitoyen entre nos deux jobs. Je suis nostalgique, oui, mais quand même heureux de déménager. Ne serait-ce que pour changer d'air et expérimenter une maison plus récente.

Je réalise toutefois que quoi qu'il arrive, je ne voterais plus dans la circonscription provinciale de Granby, probablement dans Iberville.

Adieu François Bonnardel, assurément un des plus beaux mâles de la politique canadienne. Après Justin, bien sûr.

Frais

J'aimerais apporter ma contribution au débat sur les frais accessoires exigés dans les cliniques et les hôpitaux.

Grâce à la venue de ma fille Jojoba, j'ai pu mettre la main sur un médecin de famille dans le coin. Celle que j'avais depuis quelques années est à Terrebonne et approche de la retraite.

J'ai donc avisé mon ancienne clinique de transférer mon dossier. Je reçois un appel d'une secrétaire, cette semaine.M. Faucher, avant de transférer un résumé de votre dossier, vous devez nous envoyer 20 $.

Elle a précisé que si j'étais pressé, je pouvais envoyer quelqu'un pour acquitter ces frais. Non, c'est correct madame, je ne demanderai pas à ma mère de 71 ans d'aller payer votre créance de gangster, je vais vous envoyer un chèque. Allez-vous me rembourser le timbre? Elle n'a pas ri de mon ironie.

Budget du ministère de la Santé: 32,8 milliards$. Salaire moyen des médecins au Québec: 331 000 $. Et ils sont cheap, en plus.

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