Entre reine et princesse

Comme plusieurs, je n'ai pas autant été déçu... (Warner Bros)

Agrandir

Comme plusieurs, je n'ai pas autant été déçu que perplexe devant Batman contre Superman.

Warner Bros

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'ai passé les quatre dernières semaines à voyager Granby-Sherbrooke-Granby presque chaque jour, et j'ai survécu.

C'est pas que l'autoroute 10 n'est pas belle à cet endroit. C'est joli, vallonneux et plein de conifères. Mais j'avais perdu l'habitude de rouler deux heures par jour pour aller et revenir du travail.

Le matin c'est pas si pire, le soir je revenais chez moi épuisé. Heureusement que ma fille Jojoba, trois mois, m'accueillait avec le sourire et quelques rots bien sentis.

Pour ceux qui ont manqué mes comptes-rendus, j'ai suivi un procès de meurtre dans la reine des Cantons-de-l'Est (Sherbrooke est la reine et Granby est la princesse, c'est bien connu, parce que c'est plus petit. Les femmes y portent aussi des tresses croisées et des robes à manches longues, à l'occasion).

Hormis ma relation d'amour-haine avec l'autoroute 10, ça s'est très bien passé. Pas d'accusé hostile, pas d'avocat fendant, tout le monde - des greffières aux constables spéciaux en passant par la madame gentille qui tient le snack-bar au premier étage - était sympathique. De là à dire que Sherbrooke devrait hériter de la palme de la ville du bonheur après Granby, il n'y a qu'un pas que je franchis en évitant la rue Wellington Sud, un peu déprimante.

(En passant, si vous sortez dans les bars de la rue Wellington à Sherbrooke le soir, il faut dire que vous allez «su'a Well». Comme ça, vous avez l'air de quelqu'un de la place.)

À part son relief accidenté et l'absence totale d'endroit où se stationner gratuitement au centre-ville, Sherbrooke est donc une ville plaisante et même un peu rigolote. J'ai trouvé un salon de coiffure baptisé Chez Guevera et la boutique érotique L'Extase est située tout près de l'édifice Des Grandes-Fourches. Ça ne s'invente pas.

Lugubre

Maintenant, parlons de choses sérieuses, c'est-à-dire le dernier film de Superman. Comme plusieurs, je n'ai pas autant été déçu que perplexe devant Batman contre Superman.

D'abord, Hollywood, cesse de nous servir des films qui durent 2 h 30 et plus. C'était ben le fun du temps de Ben-Hur et Cléopâtre, mais on n'est plus dans les années 1960.

Ensuite, l'histoire. Elle n'est pas trop compliquée, mais entrecoupée de tellement de flashbacks, de scènes inexpliquées et de séquences dites «de rêve» (on nous sort même le cliché du «rêve dans le rêve») qu'on se demande souvent ce qui vient de se passer.

Finalement, le ton. Comme j'ai déjà écrit, je comprends qu'on ait voulu garder le ton lugubre des derniers Batman, mais ça fonctionne plus ou moins bien avec un personnage coloré et grotesque comme Superman. Je veux dire, le gars a un costume bleu, rouge et jaune, il vole et tire des rayons avec ses yeux... Le placer dans un univers de film noir à la Hitchcock, ça fait bizarre. Et depuis quand Batman est devenu une machine à tuer?

Je ne peux non plus passer sous silence la façon loufoque dont les protagonistes se réconcilient vers la fin (ne me dites pas que je vous ai volé le punch, quand même). Tout ça pour ça?

Cela dit, la photographie est excellente, les images sont grandioses, on sent le budget et l'action ne manque pas. Mais c'est trop sombre et trop forcé. La façon dont le film insiste aussi pour mettre la table pour les prochains films, avec encore plus de superhéros, ne fait pas dans la subtilité.

En sortant du cinéma, on a mal à la tête et on se demande ce qu'on a vu. On se sent un peu souillé, aussi, d'avoir contribué à cette orgie d'agressivité et d'effets spéciaux. Ce qui ne veut pas dire qu'on n'y retournera pas la prochaine fois!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer