L'oeil-de-boeuf

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) J'aime le sport. Qui n'aime pas le sport? Moi. La première phrase était un mensonge. Qui n'aime pas mentir?

En fait, c'est plutôt le «monde» du sport, et en particulier du sport télévisé avec son machisme, sa démagogie et sa complaisance dégoulinante qui me renverse.

On a eu un autre exemple cette semaine que le monde du sport télévisé, c'est pas toujours très joli.

Une ex-journaliste sportive de la chaîne ESPN, Erin Andrews, jolie blonde à la silhouette sculpturale, poursuivait en justice les hôtels Marriott et l'homme qui l'avait filmée nue - et à son insu - à travers un oeil-de-boeuf.

La vidéo subséquente, vous vous en doutez, a été vue 17 millions de fois sur internet, où elle s'est retrouvée en 2009 après que le traqueur eut échoué à vendre son butin au plus offrant.

(Je me demande combien de gens iraient voir une vidéo de moi nu sur internet si d'aventure j'en publiais une. Probablement tout le département des petites annonces de La Voix de l'Est, ma belle-famille, et c'est tout.)

Comme il se doit, Mme Andrews, 37 ans, a été dévastée par cette situation et comme il se doit, le tribunal du Tennessee lui a accordé lundi 55 M$ en dédommagement.

Son traqueur, qui la suivait de ville en ville, avait préalablement été condamné à 27 mois de prison.

Cette histoire de voyeurisme soulève de troublantes questions. Comment une chaîne d'hôtels prestigieuse a-t-elle permis à un inconnu d'obtenir, à sa demande, la chambre mitoyenne à la vedette du petit écran qu'il convoitait?

Quelle mouche a piqué les avocats de la défense d'avoir déclaré en cour que la vidéo avait de toute façon AIDÉ la carrière de Mme Andrews? À leur décharge, c'était un argument populaire quand l'enregistrement a été rendu public. On a reproché à la journaliste d'avoir voulu faire parler d'elle, comme tant d'autres vedettes qui publient leur sex tape ou des photos d'eux dans le plus simple appareil. Un argument trompeur et extrêmement méprisant envers les victimes de crimes sexuels.

Or, cette attitude n'a pas échappé à la chaîne ESPN. Plusieurs années avant le procès, elle a exigé de son employée qu'elle accorde une entrevue télévisée pour clarifier la situation et confirmer que ce n'était pas un coup publicitaire. Sinon, elle ne retravaillerait pas.

Vous avez bien lu: l'employeur d'une journaliste victime d'un harceleur l'a obligée à déballer son sac en ondes et à statuer que ce n'était pas elle, la coupable. Les accusés sont présumés innocents, mais depuis quand les victimes sont présumées coupables?

Erin Andrews ne travaille plus pour ESPN. Probablement qu'elle n'a plus vraiment besoin de travailler. Et le merveilleux monde du sport télévisé n'en sort pas plus beau à mes yeux.

Ma lettre préférée

À ceux qui me demandent pourquoi je surnomme ma fille «Jojoba» - maintenant âgée de deux mois -, sachez que c'est parce que son vrai prénom commence par «J» et que le jojoba (prononcez «hohoba», avec l'accent de Joliette) est une plante mexicaine aux vertus adoucissantes, qui pousse en eau douce (et donc côtoie des animaux dulçaquicoles) et qui était très populaire dans les années 1980. On en mettait partout: dans le savon, le chocolat... Puis, on l'a oublié. C'est dommage.

Et puis le «j» est ma lettre préférée de l'alphabet. Je trouve ça élégant, un «j». Contrairement à ce qu'on pourrait penser, une fois qu'on a mis de côté les mots «je», «joufflu» et «julep», c'est une lettre relativement peu utilisée en français (on s'en rend bien compte quand on joue au Scrabble). J'ai toujours aimé soutenir les moins nantis, les moins populaires.

On avait aussi pensé à Xénia, Yelosubmarine ou Zéphirine, mais il ne faut pas virer fou non plus.

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