Blanc sur noir

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Les Oscars sont une célébration du cinéma, mais Hollywood aura-t-elle vraiment le coeur à la fête, dimanche soir?

La question se pose avec le boycott annoncé de plusieurs acteurs et au moins un réalisateur noirs, outrés que les 20 nominations pour meilleur acteur, meilleure actrice, meilleur acteur de soutien et meilleure actrice de soutien ne contiennent que des blancs.

Ce n'est pas la première fois, bien sûr. La première cérémonie des Oscars a eu lieu en 1929 et il a fallu attendre 1940 pour qu'un premier Noir, une femme, obtienne la statuette de meilleure actrice de soutien (Hattie McDaniel dans Autant en emporte le vent). Puis il s'est écoulé 24 ans avant qu'un Noir reçoive l'Oscar du meilleur acteur (c'était bien entendu Sydney Poitier pour Le lys des champs, en 1964. Je le sais, j'ai vérifié).

Un autre 38 ans a passé avant qu'une première femme noire reçoive l'Oscar de la meilleure actrice (Halle Berry pour Le bal des monstres, en 2001), la même année où Denzel Washington obtient l'équivalent masculin pour Jour de formation. Seulement le deuxième acteur noir à recevoir ce trophée...

Si les récipiendaires des Oscars ne sont pas, et de loin, un gage de qualité (plusieurs mauvais films - comme Le tour du monde en 80 jours, en 1956 - ont gagné le trophée du meilleur film), ils représentent quand même ce qui se fait, le type de rôle qui se donne. Et clairement, les minorités visibles sont encore très peu visibles au cinéma, surtout dans les rôles principaux. Résultat, ils le sont encore moins dans les nominations.

(Sans oublier la fâcheuse tendance qu'a Hollywood de prendre des acteurs blancs pour interpréter des rôles ethniques, comme l'a fait remarquer l'animateur américain John Oliver dans un savoureux montage, cette semaine.)

La chose est connue, et maintenant décriée, mais il me semble qu'on n'a pas mis le doigt sur le bon bobo. On montre les studios du doigt parce qu'ils n'en ont que pour les acteurs et actrices blancs (statistiquement, le héros moyen est un homme blanc dans la trentaine), mais sont-ils vraiment à blâmer?

Pour qu'un film soit rentable, ça prend des acteurs principaux populaires (ou un fichu bon scénario, ce qui est rare). Les stars sont une garantie que les oeuvres seront rentables. Or, les vedettes qui ne sont pas blanches (hormis peut-être Will Smith ou Denzel Washington) ne font pas courir les foules. Et leurs rôles sont toujours plus rares.

Tout compte fait, c'est le public qui décide. Et le public préfère les acteurs blancs. Peut-être parce qu'on aime se retrouver dans des rôles qui nous ressemblent. Ou peut-être, tout simplement, qu'il nous manque une certaine ouverture d'esprit, un goût de la diversité.

Bref, le scandale des nominations toutes blanches à Hollywood, il est de notre faute. N'allez pas chercher plus loin. Il est dans nos choix. Si nous exigions plus d'acteurs noirs, chinois ou latinos, et modulions notre consommation en ce sens, Hollywood suivrait la demande. Mais ce n'est pas près d'arriver.

J'ai hâte de voir comment l'animateur Chris Rock, un acteur et humoriste noir, va se dépêtrer dans tout ça. M'est avis que quelques blagues bien envoyées ne suffiront pas à calmer le jeu.

Branchez-vous

Lu dans La Voix de l'Est cette semaine: des entreprises en agrotourisme dénoncent l'érection d'une tour de télécommunications à Frelighsburg.

Je suis tout à fait d'accord que les paysages de Brome-Missisquoi sont parmi les plus beaux au Québec et qu'il faut les protéger. Mais est-ce que les résidants de ce coin de pays peuvent se faire une idée? Depuis des années qu'ils déplorent que les téléphones cellulaires ne fonctionnent pas ou peu dans leur secteur, et là, ils ne veulent pas d'une tour de télécommunications?

Branchez-vous!

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