L'angoisse du pâté chinois

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'ai fait de l'insomnie comme c'est pas permis, cette semaine, et je ne peux même pas blâmer ma petite Jojoba, maintenant âgée de cinq semaines et toujours aussi fascinée par les lumières au plafond.

En fait, j'ignore qui blâmer, mais je sais que j'ai souffert d'affreux maux de ventre durant deux nuits. Tellement que ça ne me dérangeait même pas que le bébé pleure et que j'aie à me lever pour la réconforter. Ça me donnait quelque chose à faire entre deux haut-le-coeur.

Chaque fois, dans les heures précédentes, j'ai mangé du pâté chinois que j'avais moi-même concocté...

La liste des suspects s'établit donc ainsi: c'est soit le steak haché, soit le maïs, soit les patates, ou soit l'ail que j'ai copieusement ajouté parce que ça me tentait, tout simplement. (Il y avait un rabais sur l'ail à l'épicerie.)

Depuis, je suis traumatisé et je n'ose plus manger de ce mets sophistiqué et qui, contrairement à ce que son nom indique, n'a rien de chinois. Dommage parce que j'adore ça. C'est même une de mes cinq spécialités, avec la lasagne, la sauce à spaghetti, la soupe aux légumes et les côtelettes de porc à la sauce aux champignons (essentiellement des côtelettes de porc cuites avec de la crème de champignons dedans).

Qui n'aime pas le pâté chinois, d'ailleurs? J'en connais bien un ou deux, mais je les soupçonne de faire les snobs. C'est réconfortant, le pâté chinois. Y'a tout là-dedans: de la viande, des féculents et... d'autres féculents. Que voulez-vous de plus dans un repas? Des légumes? Le blé d'Inde c'est jaune alors, dans mon livre à moi, ça compte pour un légume. De toute façon je rajoute des oignons, à l'occasion, au grand dam de mon collègue Maxime Massé qui déteste les oignons.

(Mais qui déteste les oignons? À vue de nez, personne à part Maxime Massé. Même le maire de Roxton Pond, Raymond Loignon, aime les oignons. C'est tout dire.)

De toute façon, si t'aimes pas le goût, tu peux toujours l'asperger copieusement de ketchup, et ça te fait salé, sucré, féculents et viande tout en même temps. Partie de plaisir! Or, j'ai bien peur de ne plus jamais connaître cette extase. À moins que je trouve un hypnotiseur prêt à me regarder dans les yeux en me disant: steak, blé d'Inde, patates, steak, blé d'Inde, patates...

 •••

Pour la première fois, j'ai écrit cette chronique sous l'oeil attentif de mon héritière que j'ai installée dans son siège vibrant à côté de mon bureau, chez moi. Au moment où j'écris ces lignes, elle émet une pléthore de geignements (imaginez R2-D2 avec une vraie voix) tout en bougeant ses bras et ses mains de façon désordonnée. C'est ça, la vie de bébé. Ah oui, ça pleure aussi, des fois. Et ça dort à des heures irrégulières.

Vous ai-je dit que quand elle roupille sur moi, je passe le temps en écoutant de vieux épisodes de la série américaine Seinfeld? J'ai reçu le coffret à Noël et je réalise encore qu'il s'agit de l'une des sitcoms les plus drôles à avoir existé. Sauf que ce n'est pas très efficace pour bébé. Chaque fois que je ris, elle se réveille.

Je pense que je vais écouter Les jeunes loups à la place, c'est beaucoup moins drôle.

•••

Une lectrice aux aguets, Michèle Dufresne pour ne pas la nommer, m'a fait remarquer une ÉNORME faute dans ma chronique précédente. En effet, j'ai écrit que je ne «décrierai» pas l'accouchement de ma dulcinée, au lieu d'écrire «décrirai». Donc j'ai utilisé le verbe «décrier» ou lieu de «décrire». Zut, flûte, caca boudin, pour citer la traduction française de Bill Murray dans Ghostbusters. Merci de me l'avoir fait remarquer madame. Vraiment, je ne voulais introduire personne en erreur.

Ça, c'était voulu!

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