Flambeaux

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Ce n'était pas la première fois qu'il s'exprimait ainsi, mais l'entrevue de Daniel Pinard à Tout le monde en parle, dimanche dernier, était un bijou de lucidité.

Pour ceux qui l'ont manquée, l'écrivain et animateur de 72 ans a tiré dans toutes les directions... et particulièrement vers le Parti québécois.

Quelques extraits: «Les indépendantistes sont des vieux dépassés»; «l'indépendance n'intéresse pas les jeunes, et pour une foule de raisons valables»; ainsi que «seulement 9% des jeunes de moins de 30 ans sont encore indépendantistes; il faut quand même qu'on les écoute».

Surtout, il a eu cette phrase lapidaire: «Les jeunes n'ont pas à porter le flambeau que les vieux ont laissé tomber». Bang!

En voilà un qui n'a pas peur de ses idées ou de se faire haïr. Il fait des constats durs, mais logiques.

À mon avis, et en cela je ne suis ni le premier ni original, tous les mouvements indépendantistes du Québec sont victimes de leur succès. En défendant leur cause, en nous enrichissant, en nous faisant accéder à plus de pouvoir et à une meilleure qualité de vie, ils ont perdu de leur utilité et de leur pertinence.

Ce ne sont pas les jeunes d'aujourd'hui, qui n'ont pas connu l'exclusion des francophones et jamais voté à aucun référendum, qui vont grossir les rangs des indépendantistes ou du Parti québécois. On peut leur reprocher d'être égoïstes ou de n'avoir aucun souci pour l'histoire, mais ce serait une erreur. Leur histoire à eux ne fait que commencer.

En clair, ils portent d'autres flambeaux.

La gazelle est partie

Ma collègue Sylvie Simard nous a quittés pour un monde meilleur, cette semaine, soit le Lac-Saint-Jean. J'espère que je la reverrai, même si son dada, ce n'est pas les journalistes, ce sont les chevaux.

Sylvie, c'était la gazelle de la salle de nouvelles. Une infographiste qui avait toujours le mot pour rire et qui était toujours intéressée par les aléas de ce monde un peu mongol qu'est l'information.

Elle avait fait son entrée au quotidien de la rue Dufferin en même temps que moi, en 2002. À l'époque, je trouvais qu'elle avait l'air bien sérieuse avec ses sourcils noirs froncés pour regarder son écran d'ordinateur. J'ai rapidement découvert qu'elle était plutôt une party animal qui avait besoin de lunettes.

Je dois admettre que je n'ai pas toujours été gentil avec Sylvie. Ses remarques ingénues m'exaspéraient, parfois. Mais on pardonne facilement à quelqu'un qui apporte du soleil dans un bureau plus gris que jamais.

(NB: Rapport aux murs intérieurs de La Voix de l'Est qui sont récemment passés de l'orangé au gris. Gris comme dans gris partout, partout. Du plancher au plafond. Ça, ça met de la joie.»)

En tous les cas, j'espère que Sylvie m'a pardonné et qu'elle trouvera un autre endroit où mettre de la joie et travailler consciencieusement tout en grignotant une montagne de fruits.

Écoutez

Les reporters de Radio-Canada, télé et radio, me perdent chaque fois qu'ils commencent leurs interventions en direct par «écoutez». Ce qui arrive très, très souvent. Je sais qu'ils ne sont pas les seuls, mais comme le reste de ce qu'ils font est souvent impeccable, ça paraît plus.

C'est quoi l'idée? Si je t'entends, chose, c'est que je t'écoute, alors t'a pas besoin de me dire «écoutez» ! À la longue, c'est devenu pour moi le signal de changer de poste.

Je sais que c'est une béquille linguistique probablement due à la nervosité et que les temps ont été durs pour Radio-Canada, mais il est temps que quelqu'un, dans la grande tour brune, pense à émettre un mémo à tous les employés à ce sujet. Parce que j'ai le goût de rester à l'écoute.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer