Bon vol

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Cette semaine, j'ai perdu mon innocence granbyenne.

J'ai toujours considéré la ville du zoo comme un endroit relativement sûr. Où il y a des crimes, oui, mais pas tant que ça. Pas assez pour justifier de barrer mes portes quand je dors la nuit, en tous cas. Mais j'aurais dû.

C'est que j'ai subi mon premier cambriolage. Il (ou elle) est entré par la porte patio de mon bureau, la nuit, alors que je dormais!

Jamais je ne m'en suis autant voulu de dormir dur. Désormais, je vais dormir mou. Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je vais essayer quand même.

À ce moment-ci de la chronique, vous vous dites sûrement: quoi, il dormait avec une porte débarrée ET le système d'alarme éteint? Quelle négligence! Vous avez parfaitement raison.

Voyez-vous, je croyais qu'après avoir habité Laval et ce nid de délinquants qu'est Montréal, je pouvais me laisser aller dans le confort nonchalant d'une ville de taille moyenne et sécuritaire comme Granby.

Donc je ne barrais jamais mes portes quand j'étais là. En plus, me disais-je, je suis capable de me défendre. C'était sans compter sur cet Arsène Lupin montérégien qui a fait irruption chez moi avec la discrétion d'un chat ninja.

Je ne m'en suis rendu compte que le lendemain matin. La porte patio était grande ouverte. J'ai beau me coucher dans des états seconds à l'occasion, je n'oublie jamais de la fermer. Un raton laveur gros comme un chien est déjà venu s'y cogner sa tête à plusieurs reprises, un automne, mais heureusement la porte était barrée et j'étais à deux mètres de là pour le surveiller. Ça n'a pas semblé l'émouvoir, car il a soutenu mon regard pendant trois minutes avant de retourner chasser la poubelle à tête grise.

Cette fois-ci, je n'ai rien entendu. Et à mon réveil, l'ordinateur de Désirée manquait. Elle qui était partie en camping, ça m'a brisé le coeur de l'appeler pour l'en informer. Je me suis senti ô combien nono d'avoir été aussi nono.

Pire, après un rapide tour d'horizon de mes trois amis, j'ai constaté que j'étais le seul à ne pas verrouiller ses portes la nuit. Pas facile d'être un immigrant venant d'une autre région administrative.

«Il y en a eu trois autres cette nuit-là dans votre quartier», m'a dit le sympathique policier pré-pubère qui a pris ma plainte. Ok, il n'était pas vraiment pré-pubère, mais il avait l'air jeune. En tous cas, il n'avait pas de barbe, une fossette à chaque joue mais aussi un pistolet et une matraque, alors ça compense.

Je ne me fais pas trop d'illusions sur les possibilités que la force constabulaire retrouve l'ordinateur de Désirée, mais j'espère que le voleur lira ceci et m'enverra les photos qu'il contenait par internet. C'est pas qu'elles soient coquines, non, mais elles ont une valeur sentimentale. Et puis Désirée n'avait pas fait de back-up. Ça brise le coeur, ça.

Spirale

Comme plusieurs, j'ai vu le film Le mirage, de Ricardo Trogi, et comme plusieurs, j'ai bien apprécié cette comédie qui devient carrément un drame à la fin, d'où sa définition de comédie dramatique.

J'ai aimé ça, mais, comment dire, ce n'est pas exactement le genre de film qu'on veut revoir... Je m'explique. Au début, c'est rigolo. Puis le personnage principal, joué par Louis Morrissette, s'enfonce dans une spirale d'échec et de luxure. On sent bien que ça va mal se terminer. Et on n'est pas déçu.

Il y a d'ailleurs une scène que j'ai trouvé particulièrement insoutenable - mais très bien jouée - où l'imminence d'un énorme malaise est évidente. Bref, on est loin des grosses comédies où tout finit bien, et c'est tant mieux.

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