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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

En vacances, j'ai fait ce que tout homme occidental libre fait durant ses vacances: regarder des vieux films de James Bond.

Je sais, la mode est aux séries télévisées. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on me demande: as-tu vu Breaking Bad? Games of Thrones? Unité 9? Il faut ABSOLUMENT que tu voies ça!

Passons sur l'usage excessif, ici, de l'adverbe «absolument». On parle quand même de télévision. Je ne dédaigne pas les séries télévisées, elles sont excellentes, je sais, j'en ai regardé des bouts. Mais il y en a tellement! Et elles sont longues: toutes cinq, six, sept saisons ou plus, une vingtaine d'épisodes par saison... Qui a le temps d'écouter tout ça?

À moins d'être un moine franciscain jouissant d'énormément de temps libre et de technologie - ce qui est plutôt rare chez les moines -, je ne vois pas comment.

Je me contente donc d'écouter des films. Ils me permettent d'entrevoir tout de suite un début et une fin à mon divertissement. Ça dure deux heures, parfois moins, parfois plus (ou dans le cas de la version longue de la trilogie du Seigneur des anneaux, 11 heures et des poussières. J'amortis ça sur plusieurs semaines).

Une série télé, ça dure encore plus longtemps, et si sa diffusion à l'antenne n'est pas terminée, on ne sait pas jamais pendant combien de temps encore ça va continuer!

Je vais vous confier un truc: je possède les quatre premières saisons de Games of Thrones (Le trône de fer, en français) chez moi en DVD. La pile repose depuis des mois sur l'armoire de ma télévision (oui, j'ai encore une armoire à télévision avec une télé ordinaire dedans, pas d'écran plat ni au plasma. L'image est moins belle, je sais, mais je suis attaché à ma vieille télé).

Chaque fois qu'il me prend l'envie d'écouter quelque chose, mon regard se pose sur la pile... et retourne s'épivarder dans ma collection de films. Je ne déteste rien de plus que de commencer quelque chose en sachant que je ne pourrai pas la terminer. En accord envers ce principe d'hygiène de vie, si je commence Games of Thrones, c'est pour aller jusqu'au bout, comme chantait Ginette Reno. J'entrevois donc 50 heures et plus de bagarres à l'épée, de nudité gratuite et de tribulations politiques médiévales, toutes choses que je ne dédaigne pas, bien sûr, mais ai-je vraiment le goût de m'engager autant? Je regarde un film à la place.

Voilà pourquoi je n'ai toujours pas regardé Games of Thrones, même si je sais que c'est très bon. J'espère que les fans de la série - dont ma collègue Cynthia Laflamme, grande pourfendeuse d'elfes grandeur nature devant l'Éternel - ne m'en voudront pas.

Je préfère les vieux James Bond. Dans leur version originale, ils m'ont jadis permis de me familiariser avec la langue de Montréal-Ouest. Il y en a eu un avec Sean Connery (Goldfinger), un autre avec Roger Moore (L'homme au pistolet d'or) et le troisième avec Pierce Brosnan (Meurt un autre jour). Seuls les deux premiers valent le détour, en passant.

Et contrairement à la sagesse populaire (mon oxymoron favori), le meilleur interprète du célèbre espion anglais sera toujours, dans mon coeur, Roger Moore. Aussi beau que Sean Connery (sinon plus), mais plus suave, plus drôle et moins brutal. C'était le James Bond des années 1970 et 1980: un peu kitsch, un peu mélo, résolument libidineux mais toujours divertissant.

Il arrivait à ses fins par la stratégie et la séduction plutôt que par la force. C'est tout à fait moi, ça. Vous ne me verrez pas souvent jeter les gants, mais offrir des fleurs à une secrétaire dans le but d'arracher une entrevue à son mystérieux patron, oui.

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