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La Voix de l'Est

«Est-ce que vous croyez en Dieu?»

Zut, me suis-je dit. Dans quoi je me suis embarqué?

J'étais dans une église, cette semaine. Le genre d'église qui n'en a pas l'air d'une. Qui ressemble à une grosse maison sans charme, mais avec un stationnement gigantesque.

C'était pour un article. L'église en soi n'était pas le sujet, mais je me suis dit que ce serait pertinent de leur parler quand même.

Au début, ça bien été. Puis on m'a fait visiter. Parfait, j'adore visiter des endroits méconnus. C'est alors que mon interlocutrice m'a lancé la phrase que je redoutais:

«Est-ce que vous croyez en Dieu?»

Oh oh... On répond quoi à ça? La vérité? Vous êtes drôles, vous. J'étais vraisemblablement en face d'une personne pour qui la foi est la plus grande des vertus, alors que dans mon esprit elle occupe une place négligeable - sauf si on considère comme une religion les enseignements de Yoda, le sage petit bonhomme vert dans Star Wars, ce que beaucoup de gens font d'ailleurs.

Mon cerveau se mit à réfléchir plus ou moins rapidement: quelle réponse me permettrait de quitter les lieux au plus vite?

Si je dis oui, elle sera contente et voudra m'en parler encore davantage, et si je dis non, elle sera déçue et redoublera d'intensité pour me convaincre du bien-fondé, que dis-je, de la nécessité de sa religion.

Je me suis finalement dit que bien qu'athée, je n'étais pas pour mentir dans une maison de Dieu. Alors j'ai baragouiné que non, mais que je respectais ceux qui le faisaient et...

Elle m'a interrompu. Vous savez, ce n'est pas grave si, à la dernière minute, vous vous tournez vers Lui, me dit-elle. Il vous sauvera du purgatoire. Ou mieux, de l'enfer.

S'il fait chaud en enfer, ce n'est peut-être pas si pire que ça, hein?, ai-je pensé tout en fermant ma gueule cette fois-ci.

Elle a poursuivi son boniment pendant quelques minutes encore. Je ne voulais pas l'interrompre. De toute façon, ça n'aurait servi à rien. Bonsoir, elle était partie!

J'ai finalement profité d'une accalmie dans son discours pour lâcher le traditionnel «Bon ben...», célèbre prélude à un départ appréhendé. Merci, doux Jésus, elle n'en a pas rajouté. Mais elle a insisté pour me donner un cd sur lequel le pasteur de son église offrait l'un de ses sermons.

Je ne suis pas fermé à toute spiritualité, quand même, alors j'en ai écouté une partie. C'est très bien mais j'ai eu la désagréable impression d'écouter un de ces preachers américains qui haranguent leurs brebis sur les postes de télé américains le dimanche matin.

Et franchement, y a-t-il une loi qui oblige tous les hommes d'église francophones à rouler leurs «r» ? On dirait que c'est un prérequis, comme la cote R pour rentrer à l'université.

J'ai lu quelque part que la religion, c'est comme un pénis: tu peux en avoir un ou pas, tu peux en parler, mais t'es pas obligé de le montrer à tout le monde et surtout pas de le balancer au visage du premier venu.

C'est ma philosophie.

Acteur sérieux

Je me souviens de la belle époque où l'acteur américain Will Smith faisait des comédies loufoques et ne se prenait pas trop au sérieux. Cette époque est révolue.

Dans son dernier film, Focus, j'ai eu l'impression que l'ex-rappeur se prend pour Pierce Brosnan dans L'affaire Thomas Crown. Sauf qu'on n'y croit pas.

Il est toujours tiré à quatre épingles, il a constamment la réplique qui tue, est en parfait contrôle de la situation, mais tout a l'air agencé pour le faire paraître le mieux possible. Où est rendue la simplicité, l'autodérision?

Dommage qu'il soit devenu un acteur sérieux. Il était plus sympathique avant!

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