Un fou dans une poche

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La Voix de l'Est

Je ne pensais pas que mon patron était sérieux quand il m'a proposé de participer à un tournoi de golf, cette semaine. Il l'était.

Il faut dire que je n'avais pas joué depuis 10 ans et il y a 10 ans, je n'avais joué qu'une seule fois, pas particulièrement mémorable. Je peinais à frapper les balles. On m'a accusé d'être trop lent. Il faisait chaud. Bref, je n'avais pas renouvelé l'expérience.

Cette fois-ci, le charme de mon patron a opéré - une fois n'est pas coutume - et je me suis dit que je pouvais donner une seconde chance à ce loisir centenaire. En plus, comme l'ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget l'écrit dans sa biographie, c'est sur les terrains de golf que les grands de ce monde se retrouvent pour décider du sort de l'humanité. Bon, elle ne l'a pas exactement écrit comme ça, mais c'est ça qu'elle voulait dire.

Alors, un fou dans une poche, je me suis dit que j'allais moi aussi décider du sort de l'humanité.

 *****

Première étape, rapatrier les bâtons que mon père m'avait donnés puis... repris pour prêter à sa blonde, puisque je ne les utilisais pas. Il est comme ça, mon père. Pas de gaspillage.

Je consulte l'horaire: le tournoi commence à 11h et le souper est à 18h. Euh, quand est-ce qu'on dîne là-dedans? Sur place, je réalise que les vrais de vrais prennent un gros déjeuner à 10h et semi-jeûnent jusqu'à 18h. Pourquoi personne ne m'avait dit ça?

Par chance, j'avais caché une pomme, une bouteille d'eau et des barres tendres dans mon sac de golf. Y'a tellement de poches là-dedans de toute façon, c'est à se demander si ce n'est pas un incitatif à y cacher de la nourriture ou des migrants illégaux.

Autre constatation: le golf n'est pas si pépère que ça quand on marche, frappe, remarche, frappe, remarche, putte, sacre et remarche pendant six heures sous un soleil de plomb, même en maniant un kart de golf, de loin l'activité la plus marrante de la journée.

Une chance, aussi, que ma collègue Isabelle Gaboriault - oui oui, celle-là même qui tient l'hebdomadaire Le Plus à bout de bras tel Atlas soutenant la voûte céleste, dans la mythologie grecque - était là pour me dérider entre deux coups de départ ratés.

Je dis ça, mais mon jeu s'est considérablement amélioré. J'ai touché la balle presque chaque fois et réussi quelques bons coups, même si je portais mon gant de golf à la mauvaise main!

Mon vocabulaire s'est aussi enrichi: topper, slicer, driver (prononcez «driveûre»), pitcher (prononcez «pitcheûre»), putté, sandwedge (j'ai compris «sandwich» au début: j'ai été déçu), etc. Coudonc, on est juste paresseux ou l'Académie française ne s'est pas encore penchée sur la francisation des termes de golf? Je penche pour la première option, sinon je mets Dany Laferrière sur le coup.

Un gros merci au responsable du transport de La Voix de l'Est François Guillemette, un travailleur de l'ombre mystérieux, mais charmant qui m'a beaucoup aidé, avec ses conseils, à frapper les *&?%$# de petites balles blanches.

 *****

Mais rendu au 16e trou, j'en avais ma claque et tous les parcours semblaient se ressembler. La Gaboriault et moi avons foxé les deux derniers trous, préférant se raconter des blagues inappropriées à l'ombre du kart en sirotant un thé glacé à la limonade (WTF?).

En tous cas, il me reste beaucoup à apprendre sur le jeu et l'éthique des sempiternels tournois de golf. Comme qu'il fallait s'apporter du beau linge pour prendre sa douche au club et se changer avant le souper. Encore une fois, pourquoi personne ne m'avait dit ça?

C'est fou ce qu'un travailleur de l'information peut être mal informé, des fois.

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