La trame

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Certaines musiques nous rappellent des moments précis. Ou flous. Mais des moments quand même.

Je ne peux réécouter Achtung Baby, de U2 (1991), l'album Us, de Peter Gabriel (1992) ou Ten Summoners Tales, de Sting (1993) sans penser aux dernières années de mon secondaire. Surtout quand arrive l'été et que la météo de mai 2015 ressemble à s'y méprendre à celle de mai 1993.

Je sais, je ne suis pas très original avec mes artistes britanniques. Tout le monde a déjà écouté du Sting, du Peter Gabriel ou du U2. Certains y sont même curieusement hostiles: trop velouté, trop middle of the road, qu'ils disent. M'en sacre. Moi j'aime ça.

Quand j'entends Fields of Gold, de Sting, ça me ramène automatiquement à ces joyeux après-midis printaniers à sécher les cours (on disait foxer, comme dans «faire le renard», comme on dit en France) dans le champ ou le bois derrière l'école. (On ne disait pas encore «boisé» à l'époque. Un bois tout court, c'était correct.)

Le pire, c'est qu'il ne s'y passait rien d'extraordinaire. On n'était même pas assez déniaisés pour boire ou fumer en cachette, encore moins fricoter. Alors on jasait et on lançait des roches. De quoi, je ne me souviens pas vraiment. Ça ne devait pas être très édifiant... Mais l'activité avait quelque chose d'interdit et de libérateur. Triste de penser que je ne reverrai probablement jamais la plupart de mes camarades contrevenants.

Avec ceux que je vois encore, on ne se tanne pas de ramener sur le tapis toutes les bêtises qu'on a faites/dites à l'époque. Seules nos blondes s'en plaignent.

Parlant de conjointes, le langoureux Us, de Peter Gabriel, me rappelle mes premières séances de necking, fréquemment coupées court parce que ma mère faisait irruption dans ma chambre à intervalles réguliers. Je me souviens aussi très bien avec qui j'étais. C'était une histoire vouée à l'échec: elle avait un style hippie et moi j'étais plutôt néo-nerd tendance grunge, bref, ça ne pouvait pas durer.

Finalement, à l'écoute d'Achtung Baby, je me rappelle que je marmonnais «ad nauseam» ces chansons du quatuor irlandais dans les couloirs de l'école pour essayer d'avoir l'air cool. Je me souviens aussi que tout le monde semblait écouter ce disque-là à l'époque, que ce soit les métaux, les intellos ou les frais (surtout les frais).

Des trois albums susmentionnés, c'est assurément celui qui a le mieux vieilli: les rythmes sont haletants, la guitare sonne toujours moderne et les paroles sont juste assez imagées pour qu'on leur donne une interprétation différente aujourd'hui qu'il y a (ouf!) 24 ans.

Et vous, quelle était la trame sonore de votre fin d'école secondaire (ou de collège classique, c'est selon)? Les meilleures suggestions seront publiées ici et recevront, bonus, une blague gratuite de ma part par courriel. Si c'est pas une proposition alléchante, ça, je ne sais pas ce que c'est.

Non mais!

J'ai appris cette semaine que regarder le film E.T l'extra-terrestre avec une fillette de cinq ans (en l'occurrence, ma nièce) peut sembler une bonne idée au départ, mais l'est pas tant que ça, finalement.

Ça a commencé sitôt le générique du début terminé. Dès les premières images, en fait. Qu'est-ce qu'ils font les E.T? Pourquoi leur coeur est rouge? Pourquoi il court, celui-là? Qu'est-ce qu'ils font les messieurs? Pourquoi ses amis ont oublié E.T? Pourquoi? Pourquoi? ...

Pour un temps, j'ai appliqué la technique de répondre «je sais pas» d'un ton neutre, mais à la longue on se sent vaguement coupable. En plus ça n'arrête pas vraiment le flot de questions.

Tout un changement d'avec Désirée, qui ne pose presque aucune question durant les films. Le plus souvent, en fait, elle dort. Même durant Retour vers le futur (1985). Non mais!

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