Finesse

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Je suis ouvert à pas mal tous les styles d'humour: intello, vulgaire, absurde, puéril, subtil, méchant ou bon enfant. C'est très rare que je sois déçu. Mais ça arrive.

J'ai le béguin pour les Appendices, par exemple, bien que leur humour soit inégal. De toute façon, qui est drôle tout le temps, à part peut-être le maire de Saguenay?

Souvent montré du doigt par les bien-pensants pour avoir choisi la niche «vulgaire et baveux», Mike Ward obtient aussi mon assentiment. Quoi qu'on en dise, il n'est pas que vulgaire, il est aussi sagace. Ça prend les deux. Sinon, ce genre d'humour ne serait qu'un ramassis de blagues de taverne.

C'est un peu ce à quoi j'ai assisté récemment. Je n'avais pas vraiment d'attentes, mais j'étais plein d'optimisme, ce soir-là, les trois derniers spectacles d'humour que j'ai vus (Olivier Martineau, Sugar Sammy et François Bellefeuille) ayant été rien de moins que géniaux.

Mais l'humoriste en question était, comment dire... mauvais. Sans fil conducteur, peu inspiré, son spectacle était à la fois trop intello par moments et trop vulgaire par d'autres. Il disait se refuser à faire la morale, mais la faisait quand même, tirant dans toutes les directions sans jamais vraiment atteindre sa cible. Il se permettait d'haranguer le public en se foutant ensuite de sa gueule quelques minutes plus tard.

Son début ayant été pénible, après les premiers gros rires - il y en a eu, quand même - il s'est écrié «ah, LÀ vous embarquez!». Si tu trouves que le public ne rit pas assez, t'as que toi à blâmer, mon vieux. En définitive, son spectacle était enveloppé d'une mesquinerie qui rejaillissait sur les spectateurs comme l'eau boueuse après par le passage d'un dix roues.

Il m'a fait penser à un Maxim Martin sans finesse, ce qui n'est pas peu dire.

Je sais que c'est extrêmement difficile de faire de l'humour, debout sur une scène avec un micro, un tabouret et une bouteille d'eau pour seuls outils. Encore plus dans ce marché saturé qu'est le Québec. Ça ne veut pas dire que tous les aspirants Yvon Deschamps, aussi peu talentueux soient-ils, doivent avoir voix au chapitre.

Quand on n'est pas très bon, il faut se faire une idée et envisager une carrière dans un autre domaine. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne suis pas devenu humoriste, après quelques tentatives infructueuses, au cégep... En plus je n'étais pas très beau, alors l'écrit me convenait parfaitement.

Ce qui ne m'empêche pas, moi aussi, de faire des vannes une fois de temps en temps (voir plus bas).

Bout noir

Une lectrice avisée, Sylvie Flibotte, m'a fait remarquer, tableau à l'appui, que les multiples lièvres qui gambadent dans ma cour arrière sont fort probablement des lapins à queue blanche.

En font foi leur taille plus petite que les lièvres, leurs oreilles et leurs pieds plus courts, leur pelage brun à l'année, leur bout des oreilles non noir et leur queue brune sur le dessus et blanche en-dessous.

C'est bien beau tout ça, mais je ne sais toujours pas comment les attraper. Y'a quelqu'un qui sait comment faire un collet? J'aimerais bien manger du civet ce soir. Écrivez-moi; comme pour les enquêtes, votre collaboration pourra être anonyme.

Bains au noir

Au sujet des «bains au noir», ces soins d'hygiène supplémentaires donnés aux résidants des CHSLD disposés à payer plus, le ministre de la Santé a dit à La Presse C anadienne, cette semaine, qu'il comptait sur les dénonciations pour endiguer le problème.

Pas question, donc, «d'envoyer des inspecteurs sur le terrain pour attraper les contrevenants la main dans le sac». Ne devrions pas plutôt dire: la main SUR le sac?

Je blâme la météo pour cette mauvaise blague.

 

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