Entre reine et princesse

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Je vais avoir l'air chauvin en disant ça, mais... livre pour livre, comme on dit à la boxe, je préfère le centre-ville de Granby à celui de Sherbrooke.

C'est sûr, Sherbrooke, c'est plus gros. Et ils ont un Costco, eux autres. (Je déconne, j'haïs ça aller au Costco. C'est laid, c'est trop grand et il y a trop de monde. Mais je ne juge pas les gens qui aiment ça. OK chérie?)

Mais le centre-ville de la reine des Cantons-de-l'Est est, comment dire... affreux? Oui, c'est le bon mot. J'y suis passé récemment et je l'ai arpenté sérieusement pour la première fois. Constatation: on dirait un croisement entre Berlin, un lendemain de bombardement de la Deuxième Guerre mondiale, et Detroit.

Dans les environs des rues King et Wellington, environ un local commercial sur deux est inoccupé. Il y a des bâtiments délabrés, d'autres fraîchement démolis qui reposent en tas de briques, et les quêteux semblent avoir le don d'ubiquité.

Qu'est-il arrivé? Selon mes informations, le chef-lieu de l'Estrie souffre lui aussi de la maladie de la «Rue principale», pour citer le tube des Colocs. On a beaucoup développé et bâti des magasins en périphérie du centre-ville, alors les gens ont cessé d'y aller. Parce que les gens ont cessé d'y aller, d'autres magasins ont fermé, la pauvreté s'est installée. Et les gens y vont encore moins.

Je ne prétends pas avoir de solution. Mais je vois ça comme un avertissement: voici ce qui pourrait arriver à Granby si on dédaigne son centre-ville pour n'avoir d'yeux que sur sa périphérie.

Je ne dis pas qu'il faille tous aller magasiner au centre-ville de la princesse des Cantons-de-l'Est. Ou que celui-ci soit sans faille. Mais il faut y faire attention. C'est beau, il y a tellement d'endroits intéressants, mais c'est fragile.

Et ne me rabattez pas le caquet avec le «problème» de stationnement au centre-ville. Il y en a en masse. Si ce n'est pas dans la rue Principale, ce sera dans un stationnement ou sur l'une des innombrables rues transversales. Sauf si vous voulez absolument vous garer près du magasin de votre choix. Dans ce cas, vous êtes juste paresseux.

Double négation

Je crois au droit de manifester, même à l'UQAM, mais avec des masques, vraiment? Z'êtes pas fiers de ce que vous prônez? Peut-être avez-vous tout simplement peur d'être identifiés. C'est donc soit un manque de conviction, soit un manque de courage. Dans les deux cas, ça fait dur.

À moins que l'exercice ne consiste qu'à faire peur et à vandaliser. C'est possible, ça aussi. Et c'est tout aussi nono.

Manifester avec un masque, je vois ça comme une double négation. Voici ce sur quoi on est contre, mais on le fait de façon anonyme. On n'est donc pas vraiment pour ce pour quoi on est contre. Pour la crédibilité, on repassera.

Exiger l'annulation des cours de départements qui n'ont pas voté pour la grève pose aussi problème, mais rendu là, c'est un détail.

Les lièvres

Contrairement à plusieurs d'entre vous, l'hiver ne m'a pas déprimé. Au contraire, quand la neige a commencé à fondre, mon premier réflexe a été de me dire: fichtre, je ne pourrai plus faire de ski de fond ou de ski alpin.

Évidemment, je n'ai pas vraiment dit «fichtre». C'est un exemple de patois. Plus personne ne dit «fichtre», à part quelques Alsaciens qui radotent.

J'aime le printemps aussi, bien sûr. J'ai ressorti mon vélo et mes espadrilles. Dans ma cour arrière, le lilas a commencé à bourgeonner. Les lièvres se baladent gaiement, sans prédateur apparent. Ça doit pas être très difficile d'attraper un lièvre. Alors pourquoi il y en a autant dans ma cour?

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