Être fort

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Les médias font toujours un cas de la consommation croissante de médicaments des Québécois, à grand renfort de titres criards, généralement pour dire que la prescription d'antidépresseurs a augmenté de tant en tant d'années, par exemple.

Et puis après? S'est-on penché, ne serait-ce qu'un instant, sur tous ceux que les médicaments ont aidés, transformés, plutôt que de s'indigner de façon vide et répétitive sur le nombre de méchantes prescriptions?

Regardez autour de vous, regardez bien, et vous trouverez au moins une personne que les antidépresseurs ont sauvée, ou à tout le moins, ont améliorée sensiblement la vie.

Ça ne valait pas la peine? Dites-leur! Pour ma part, les antidépresseurs m'ont donné un grand coup de pouce à un certain moment. Libéré, délivré d'un mal-être que je traînais depuis au moins la puberté en me disant qu'il n'y avait rien là, que c'était tout dans la tête, que j'allais pouvoir guérir tout seul, comme un grand, sans l'aide de personne... Ben non. Être fort, parfois, c'est demander l'aide des autres, ai-je appris. Et à l'occasion, prendre des médicaments.

Ceux qui sortent des arguments du type: «dans mon teeemps, on n'avait pas tous ces médicaments-là pis on fonctionnait pareil!», dites-leur que dans leur teeemps, on lobotomisait les gens dépressifs (voir: Alys Robi). Faque c'est ça qui est ça. Dire que la médecine ne s'est pas améliorée, qu'on prescrit à outrance, c'est un peu court, jeune homme.

Il y a déjà tellement de fous, c'est bien qu'on cherche à en traiter quelques-uns.

Marcher lentement

Par souci de viser une meilleure forme physique (je n'ai jamais eu beaucoup de visou), j'essaie toujours de marcher d'un bon pas.

C'est bien, mais j'ai réalisé qu'il était beaucoup plus difficile de marcher lentement que de marcher vite. Essayez, pour voir.

Tout nous pousse à aller vite: le froid, le trafic, les retards... Autrement dit, il faut sans cesse PENSER à marcher lentement quand on veut le faire, le naturel revenant, c'est le cas de le dire, au galop. Bref, marcher lentement est plus forçant.

Mais ça permet de prendre la mesure du temps et de s'affranchir de ce que la société nous impose chaque jour: plus de productivité et d'efficacité. C'est donc un pied de nez, un doigt d'honneur à la civilisation. Une façon, aussi, de retrouver son enfant intérieur. Avez-vous déjà vu un enfant de cinq ans marcher pressé pour se rendre à la garderie? Non. Ils prennent le temps comme il vient, s'extasient devant chaque chiot, chaque flaque d'eau. Les vieux aussi, mais ils s'extasient intérieurement.

Je lance de ce pas le mouvement «Marcher lentement», pour voir s'il y aura des courageux pour m'emboîter le pas. Vous verrez, c'est plus difficile qu'il n'y paraît.

Rouler vite

Ce mouvement permettra aussi de faire contrepoids à un autre phénomène, typiquement printanier celui-là. Après «En avril, ne te découvre pas d'un fil», on dirait que la devise des Québécois est «En avril, pèse sur la suce comme un mongol».

Je suis le premier à admettre que je roule plus vite au printemps, et j'essaie de me contenir. Car l'empressement routier généralisé me fait sacrer. Depuis une semaine, je ne compte plus les sans-desseins qui me poussent dans le cul à trois pouces du pare-chocs arrière parce qu'ils ont décrété que rouler à 60 km/h dans une zone de 50, c'était insuffisant.

Comme si le retour d'un peu de chaleur nous transformait en ersatz d'Andrew Ranger, la bagnole sophistiquée en moins.

Au journal, on compte les jours avant le premier grave accident de la route qui fera les manchettes avec une photo percutante de gens qui, une demi-seconde plus tôt, roulaient trop vite. Ça ne devrait pas tarder.

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