Noirs dessins

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La Voix de l'Est

À mon avis, le massacre du Charlie Hebdo était moins une attaque contre la liberté d'expression que contre l'humour tout court. Ce qui est aussi grave, sinon plus.

Des publications qui dénoncent le fanatisme religieux, il y en a des tas. La Voix de l'Est le fait aussi. Et en France, des journaux et des magazines, en veux-tu, en v'la. Il y en a des centaines. Tous aiment donner leur point de vue et rares sont ceux qui tolèrent l'extrémisme.

Alors, pourquoi attaquer Charlie Hebdo? Parce qu'il est férocement baveux («satirique», dit-on là-bas). Et il contient beaucoup de dessins. J'aime penser que mon travail est important, mais je sais bien qu'une image vaut mille mots et qu'une photo réussie gravera plus les mémoires qu'un texte de 500 mots bien tassés.

De l'humour corrosif, donc. Et des dessins. À l'origine, ce sont des caricatures qui ont mis le feu aux poudres. Charlie Hebdo sortait du lot, frappait fort et, c'est bien connu, les extrémistes religieux n'ont pas d'humour. On ne rit pas d'un dieu et ceux qui le font doivent être punis. C'est une idéologie qu'on a déjà connue au Québec.

***

Ça me touche particulièrement parce que j'ai toujours pensé que l'humour ne devrait pas avoir de barrière. Le mauvais humour s'autorégularise: les blagues déplacées ne sont pas ries, les mauvais comiques tombent dans l'oubli, les publications plates disparaissent. Bref, la censure s'exerce, en général, toute seule.

J'en sais quelque chose parce que je suis tout à fait le genre à faire des «attentat-blagues», soit des blagues risquées dont le succès dépend de sa livraison, du public, de l'heure de la journée... Quand ça ne fonctionne pas, je le sais tout de suite, et la honte couvre mon visage!

Ce qui n'est pas suffisant pour m'arrêter. Sinon, cela signifierait que je ne suis pas maître de mon humour, et ça, ça me dérange. Les caricaturistes français doivent se sentir un peu comme ça cette semaine: meurtris, mais convaincus qu'ils doivent continuer.

Le jour où tous les gens religieux auront le sens de l'humour et de la diplomatie, ce sera la paix sur Terre. Mais ce n'est pas pour tout de suite.

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TRUC POUR DÉFAIRE SON SAPIN DE NOËL RAPIDEMENT:

Le recouvrir d'un drap et le descendre au sous-sol. Si vous n'avez pas de sous-sol, saupoudrez le drap de gouttes de peinture et faire croire aux visiteurs qu'il s'agit d'une oeuvre d'art abstraite que n'aurait pas dédaigné Jackson Pollock*.

TRUC POUR REFAIRE SON SAPIN DE NOËL RAPIDEMENT:

Enlever le drap.

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«Fitness»

Inspirée par le début d'année et l'ajout d'espace dans notre salon dû au retrait de notre sapin de Noël, Désirée se remet en forme avec Lucille. Qui est Lucille? Une pétillante gourou d'aérobie française qui diffuse, via internet, une myriade de vidéos d'entraînement qu'elle semble exécuter presque sans effort, la torrieuse.

Parce qu'elle est diablement en forme, Lucille se permet de parler tout en nous montrant les exercices à faire. Et comme elle est française, elle parle de «kick-backs», de «pull-ups», demande de «liker» ses vidéos, et dit «c'est tout simple», «voilà» et «du coup» à chaque deux phrases... Bien sûr, son programme s'appelle «Fitness Master Class» et non «Cours d'entraînement de pro».

Tout ça me déconcentre un peu quand j'accompagne Désirée dans ses séances de «Freeform Board» ou de «Global Stretching», mais c'est une façon comme une autre de s'entraîner. Pardon, de faire du «fitness» (prononcez «fitnaîsseee»).

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Le dragon est mort

Invité par ma collègue Marie-Ève Lambert à suggérer des activités du temps des Fêtes, le mois dernier, j'avais proposé aux lecteurs d'aller voir Le Hobbit: La bataille des cinq armées. Je n'aurais pas dû.

Franchement, c'est une aventure qui se termine bien mal. Le film est plus court que les autres - «seulement» 2h24 -, mais on sent encore, si besoin était, que la sauce est étirée. Le début est bon: le dragon détruit le village, le dragon est occis. Puis le scénario s'empêtre dans une bataille dont on se fiche pas mal, et pour un trésor dont on ignore ce qu'il advient à la fin!

Ça se bat sans arrêt, les nains sont pas tuables et ils tiennent bizarrement le coup contre des monstres quatre fois plus gros qu'eux. Il n'y a pas d'émotion et jamais, au cours de cette nouvelle trilogie, on ne réussit à s'attacher aux personnages.

Où est Gollum quand on a besoin de lui?

* Jackson Pollock: peintre américain (1912-1956) adepte du dripping, qui consiste ni plus ni moins à garrocher de la peinture sur une toile posée au sol. Chantre de l'expressionnisme abstrait.

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