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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'ai eu une réaction anaphylactique cette semaine, et franchement je ne souhaite ça à personne.

Il semble que je sois allergique à un aliment toujours non identifié, quoique les crevettes trônent en haut de la liste des suspects.

J'en avais déjà mangé, bien sûr. Mais j'ai appris dans la douleur qu'une nouvelle allergie peut surgir à tout moment. C'est comme une hausse de taxe. Tu penses être correct pendant un bout, et tout à coup, pow! Elle te saute au visage.

Ça a commencé par des picotements à l'heure du coucher. En me grattant - ce qu'il ne faut pas faire, bien sûr, mais si on ne peut empêcher un coeur d'aimer, peut-on empêcher un ongle de gratter? -, je sens des boursouflures un peu partout sur mon corps: le cou, les bras, les côtes, derrière les genoux...

Je ne parviens pas à dormir, je sacre, Désirée se réveille, elle sacre, bref, je sacre mon camp à l'hôpital. En attendant à l'urgence, mes mains et surtout mes lèvres prennent des proportions que toute actrice d'Hollywood m'envierait.

J'ai la gorge douloureuse. Pendant une minute, je crois même avoir de la difficulté à respirer. Merci à l'infirmier qui, d'un ton calme mais robuste, m'a ordonné de me rasseoir sur mon siège - on dira ce qu'on voudra, les sièges à l'urgence de Granby sont confortables - et de respirer calmement. Ça a marché. Ce n'était qu'un agréable mélange de fatigue, de panique et d'allergie alimentaire.

Après une attente raisonnable (selon les standards québécois), j'ai pu voir un médecin qui a diagnostiqué une réaction allergique et de l'urticaire. De l'urticaire! Moi qui avais toujours trouvé que ça sonnait comme une maladie de vieux. Et ben non. Vrai que je ne suis plus très jeune non plus...

Je rentre chez moi avec des médicaments, plein d'espoir. Je crois que mes symptômes sont stables. Oh, que non! Le lendemain, je suis comme un lépreux. Presque tout mon corps est recouvert de boutons et de plaques rouges. Seule la plante de mes pieds a été épargnée... jusqu'au surlendemain.

Ça démange horriblement et de façon constante. Ça m'empêche de dormir la nuit (ou le jour), je perds l'appétit, je n'ai aucune énergie ni le goût de faire quoi que ce soit.

En fait, je n'ai jamais autant rien fait que ce jour-là! Même regarder la télé m'est pénible. Les yeux me piquent et je n'arrive même pas à me concentrer suffisamment pour comprendre le concept du nouveau quiz d'Éric Salvail. Alors j'erre dans la maison comme un zombie, à chaque trois pas je me rassois, étourdi.

***

Retour à l'urgence le jour suivant. Clairement, reconnaît le médecin, les médicaments n'ont pas fait la job. Il me demande si j'accepte quelque chose de plus «interventionniste». Et comment! Branchez-moi sur le soluté et opérez-moi à coeur ouvert qu'on en finisse!

C'est pas mal ça qu'ils ont fait, sauf qu'au lieu de m'opérer, ils m'ont shooté trois médicaments directement dans les veines, aaah, ça a fait du bien. Je suis même parvenu à trouver agréable mon séjour dans l'aile d'urgence. J'ai aussi trouvé que la nourriture avait bon goût, mais ne vous fiez pas à mes talents de gastronome, je n'en ai pas.

Aujourd'hui, je me sens mieux. Ça me démange à l'occasion, mais les plaques apparaissent et disparaissent avec la furtivité d'un ninja et je n'ai plus les mains comme celles du capitaine Kirk dans l'avant-dernier film de Star Trek.

Mais je me sens une nouvelle fragilité. Moi qui ai toujours mangé un peu n'importe quoi avec la conviction du gars tough qui ne joue pas au délicat... Je me rends compte que ça peut être très, très douloureux. J'évite les fruits de mer, même si je ne suis pas sûr à 100% qu'ils ont été responsables de mon calvaire. Un allergologue pourra me le préciser.

Par chance, il me reste le tilapia. Ça ne goûte pas bon, mais au moins, ce n'est pas très allergène.

***

Un gros merci au Dr Laplante ainsi qu'aux infirmières Sophie, Maude et France, qui ont su prendre soin de moi alors que j'étais hideux, boursouflé et en jaquette. Ça, c'est du professionnalisme!

***

Erratum

Un lecteur attentif m'a fait remarquer que j'ai confondu le projet de loi 10 (sur le réseau de la santé) avec le projet de loi 3 (sur les régimes de retraite du monde municipal), dans ma dernière chronique.

Toutes mes excuses. Comme dirait le célèbre lecteur de nouvelles Paul Bruneau: rigueur, rigueur, rigueur.

Ben oui, je sais que c'est Pierre son nom. Même dans la douleur, je peux être taquin.

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