La Ferrari des oreillers

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Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Je me suis enfin décidé à m'acheter un nouvel oreiller. Mon vieux me déprimait. Mais c'est pas de la tarte, magasiner ça.

J'ai d'abord arpenté les magasins à grande surface, pour me rendre compte que les oreillers y sont toujours trop mous ou trop durs. J'en voulais un vrai, un consistant, le genre avec lequel tu peux sérieusement assommer quelqu'un durant une bataille d'oreillers.

Mon chemin m'a finalement mené dans un magasin de literie où un vendeur qui frisait la perfection (jovial, mais pas trop, à l'écoute sans être insistant, drôle sans être déplacé - ouaip, c'est tout un art) m'a conseillé d'en essayer quelques-uns en m'étendant sur le lit, juste là.

Juste là, là? Devant tout le monde? OK, mais je reste habillé.

Ça fait quand même bizarre d'essayer des oreillers dans un lit qui n'est pas le sien en espérant que le vendeur ne revienne pas trop vite, histoire de te laisser le temps de tripoter tous les articles à ta convenance, que dis-je, de les pétrir, de les malaxer, de les essayer sur le dos, sur le côté, jusqu'à ce qu'on soit pas mal sûr d'avoir trouvé le bon. Et même là, je me dis: et si l'environnement avait faussé mon jugement? Je vais me retrouver avec un oreiller à 120$ inutile...

Je me suis finalement décidé. Le vendeur m'a dit que j'étais désormais propriétaire de ce qu'il appelle «la Ferrari des oreillers». C'est une bonne chose parce que je n'aurai jamais l'occasion de m'acheter la Ferrari des voitures, bref une Ferrari tout court. Mais maintenant, je peux en rêver grâce à mon oreiller très confortable.

Je ne rêve pas vraiment de voitures, en fait, mais vous avez compris l'idée.

•••

Tests

On s'époumone parce qu'une clinique qui prescrit de la marijuana thérapeutique a ouvert ses portes à Montréal. Le ministère de la Santé s'est dit outré que cela existe sans que des tests en bonne et due forme aient été réalisés sur cette substance encore illégale.

Sauf que le cannabis existe depuis des centaines d'années. On attend quoi pour faire ces tests? Que les gens les fassent eux-mêmes? J'ai bien l'impression que c'est ça qui se passe.

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Beauté rare

C'est pas pour me vanter, mais je reçois encore des lettres manuscrites. Toutes écrites par des Alice, des Gabrielle, des Colette. Rédigées sur du beau papier à lettres, avec des écritures soignées (j'ai même pas besoin de me forcer pour lire, tellement c'est bien écrit) et surmontées de ces petites étiquettes autocollantes avec un nom et une adresse, comme on en voit, malheureusement, de moins en moins.

Continuez à m'écrire, s'il vous plaît! Chaque fois que je reçois une lettre écrite à la main, je me dis que l'humanité n'a pas encore totalement sombré dans son délire numérique, qu'il reste encore quelqu'un, quelque part, qui prend le temps de tremper sa plume dans l'encrier (façon de parler, elles sont écrites avec un stylo) pour poser un geste un peu anachronique, certes, mais réconfortant.

La dernière en lice, c'était Colette. Elle a évoqué ma dernière chronique sur feu le règlement contre le bruit le dimanche.

Elle écrit: «Je veux juste apporter une nuance à la notion du "dimanche". Sachez que pour certaines personnes le dimanche peut être le lundi ou le jeudi, etc. C'est dommage que personne, tant les pour que les contre le règlement, ne se soit jamais fait cette réflexion. Donc pour ceux dont le dimanche est la semaine, ils doivent vivre avec la vie quotidienne de chacun, bruit ou pas. C'est ça vivre en harmonie.»

C'est d'une beauté rare, ça.

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Magie

Quand j'aime un film, je peux le regarder souvent. J'avais envie de montrer Le Nom de la rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) à Désirée, cette semaine. En plaçant le DVD dans le lecteur, il me vient à l'esprit que j'ai vu cette coproduction italo -germano-française environ... 19 fois.

Devinez quoi? La 20e fois a encore été magique. J'ai l'impression que je ne me lasserai jamais de cette histoire de moine détective qui aboutit, au 14e siècle, dans une abbaye tourmentée par d'étranges morts de moines. Ses thèmes (la censure, l'humour, la sexualité) sont toujours aussi actuels, les acteurs - en premier lieu Sean Connery - parfaitement dans le ton, les images éblouissantes et le scénario, presque sans faille.

Il semble que je remarque quelque chose de nouveau à chaque visionnement. Et même quand ce n'est pas le cas, j'apprécie l'expérience. Un moine, au Moyen Âge, qui enquête sur d'autres moines, c'est assez loin de ma réalité. Mais les thèmes du film, eux, me rejoignent toujours.

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