Les mouches en octobre

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

J'entends toujours les gens se plaindre de la pluie, probablement parce que ceux qui aiment ça - comme moi - préfèrent rester discrets pour ne pas se faire lancer de roches.

Évidemment, c'est gris, la pluie, c'est froid et c'est mouillé. Ça limite les activités extérieures. On peut marcher avec un parapluie et... c'est à peu près ça. L'eau qui tombe est aussi symbole de tristesse, comme si le ciel pleurait. Alors les gens deviennent gris eux aussi. Mais ils ne devraient pas. Je vois les averses comme un cadeau (du ciel), une invitation au calme, à la méditation. Parce qu'avouons-le, quand il fait beau, on se sent mal de ne pas en profiter. Il FAUT faire quelque chose : vite, un pique-nique, une balade en vélo, une visite à la belle-famille...

Quand il pleut, ces obligations disparaissent comme les mouches en octobre. La pluie, c'est la liberté. La liberté de rester chez soi, de folâtrer ou de ne rien faire. Je ne sais pas pour vous, mais avec le temps, ces moments deviennent de plus en plus rares.

Je vois des averses, et je me dis que je suis - enfin - pleinement justifié de m'avachir sur mon divan, de jouer à des jeux de société avec Désirée ou de lire un des 26 livres de maternité qui viennent d'atterrir chez nous. Merci à tous les généreux contributeurs, en passant. (J'ajouterai que moi qui ai passé mon adolescence à jouer à des jeux de société médiévaux, voilà que Désirée, la fraîche, me bat à plate couture à sa première partie à vie de Talisman. Je n'en suis pas encore revenu. Il faut dire qu'elle était le magicien et moi le ménestrel, donc elle partait avec une longueur d'avance, mais quand même.)

Bref, la pluie, c'est un soulagement, une pause imposée. Et rien ne nous empêche de sortir quand même. Un imperméable et un parapluie, rien de plus chic. Et en fermant un peu les yeux dans les rues de Granby, on peut se croire à Londres, les gratte-ciels, l'odeur de poisson et la politesse des automobilistes en moins. Je suis peut-être paresseux. Mais qui ne l'est jamais? De toute façon, je connais des gens qui se plaignent constamment de la pluie, mais qui restent toujours à l'intérieur. WTF?

Là-dessus, je rappelle que la météo, on n'y peut rien. Même si on prend soin de recycler, de composter et de ne pas trop utiliser sa voiture, tout seuls, non, on n'influencera pas El Niño. Alors, arrêtez de vous plaindre. Vaut mieux chanter

Du calme, passons à l'énervement. J'ai récemment constaté que j'étais stressé durant les spectacles de magie, et uniquement ceux-là. J'adore ça, mais il y a toujours une petite voix en moi qui me dit : et s'il rate son numéro, devant 500 personnes? Ce serait gênant, hein? Autant pour lui que pour nous!

Alors je passe deux heures à m'inquiéter que quelque chose aille de travers, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Peut-être est-ce parce que j'ai déjà présenté un numéro de magie, en secondaire 1, qui avait plutôt bien été, sauf que j'avais vraiment le trac que quelqu'un se rende compte que mes cartes géantes étaient truquées.

En tous cas, quand le spectacle au Palace fut terminé, j'étais soulagé. Pour un humoriste, ça doit être pire : si le gag ne marche pas, il ne peut pas blâmer son équipement, seulement lui (ou son scripteur). Il vaut mieux chanter. C'est plus sûr. Au pire, il arrive un pépin technique ou on fausse, mais ça, franchement, ça n'a jamais arrêté personne!

Villes amies

Ces jours-ci, des villages se proclament « amis des aînés ». Ce qui n'est pas très original. Un village, ça aime les vieux, c'est évident. Ce sont les grandes villes qui ne les aiment pas.

Or donc, à quand un village « ami des nénés » ? Ça, ça serait intéressant à visiter et amènerait des touristes. Je vois ça d'ici : Frelighsburg, premier village officiellement topless au Québec. De quoi perdre la boule! (Pour ceux qui, comme moi, se demandent toujours comment écrire le nom alambiqué de ce village, voici mon truc : j'ai mémorisé le groupe de quatre consonnes dans le milieu (GHSB). Répétez-vous-les quelques fois. Comme ça, on ne se trompe pas.)

En automne, j'en conviens, c'est peut-être un peu frisquet. Maires de villages, s'il vous plaît, attendez l'été prochain avant d'aller de l'avant avec ma suggestion. D'ici là, je travaille sur des slogans accrocheurs du type : « À Saint-Armand, les gilets sont manquants », ou « Pu de brassières à Saint-Nazaire ». Ce ne sont que des suggestions.

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