La femme

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Désirée rit de moi en disant que je suis la «femme» du couple. Parce que je suis le plus méticuleux dans le ménage, que j'achète de la décoration de temps en temps (vous devriez voir nos nouvelles serviettes à main d'Halloween, elles sont cool) et que parfois, je pleure durant les films.

Avant de me traiter de moumoune, sachez que dans la vraie vie, je pleure rarement. Désirée le fait plus souvent que moi, et pour toutes les menues vicissitudes* de la vie.

Mais certains films - pas nécessairement faits pour ça - viennent me chercher. Tenez, l'autre jour, j'ai pleuré à la fin d'Indiana Jones et le Temple maudit. Oui, celui-là même avec les bibittes, les rites sataniques et la scène de souper grotesque.

J'ai dû le voir au moins 10 fois, et pourtant, chaque fois, à la fin, je craque quand le village indien retrouve ses enfants et que les mères pleurent de joie.

C'est là que Désirée rigole, l'air de dire: mais qu'est-ce qui te prend? Elle ne comprend pas que, comme j'étais jadis d'un naturel nerveux, j'ai pris l'habitude de me projeter dans mes films préférés et, s'ils sont émouvants, ça me fait le même effet.

Je pleure aussi à la fin de Titanic, Le Moment de vérité, Cocoon, Quand Harry rencontre Sally, La Guerre des tuques... Et Désirée, elle? Que dalle. Ou presque jamais. Une dure de dure. Et quand on regarde un film d'horreur, c'est moi qui évite de regarder l'écran quand je sens que quelque chose d'épeurant va apparaître (facile, c'est quand il n'y a pas de son), et après je lui demande: qu'est-ce qui s'est passé? J'ai dû en manquer un bout...

Les films permettent de s'évader, mais ils ne sont pas inoffensifs. Ils restent avec vous d'une certaine façon. Ils font rire, pleurer, apeurer, et vous font retourner en enfance, aussi.

Bientôt, je n'en aurai plus tellement besoin. J'étais en train de désherber, cette semaine, quand Désirée m'a appelé de l'intérieur de la maison. Ça ne peut pas attendre, vraiment? J'ai les mains pleines de terre!

Elle me fait signe que non. Je rentre, appréhendant l'explication exhaustive d'un quelconque problème existentiel. Elle me montre plutôt un petit appareil en plastique avec deux barres dessus.

Bon, ça a l'air que notre couple sera bientôt un trio. Là, j'ai encore pleuré.

Une vraie moumoune, que je vous dis.

•••

Chasser

La section précédente pourrait vous laisser croire que tout est au beau fixe entre Désirée et moi, mais rien n'est moins vrai. Comme tous les couples, on se chicane, des fois. Ces jours-ci, c'est à cause de l'émission Vol 920, à TVA. Désirée en pince pour ce show qui me décourage profondément.

Je n'ai jamais eu de béguin pour la téléréalité. Je considère que la vie en soi est une téléréalité et que si on veut la regarder, on n'a qu'à sortir dehors, «bazwell» ! Pas besoin de ce genre d'émission débile où des gens «normaux» (toutes les autres personnes à la télé sont-elles anormales?) s'engueulent/discutent/s'ignorent/tombent en amour au gré d'épreuves stupides disséminées à travers le monde. Au moins, ça leur fait voir d'autres pays.

Entre deux épreuves à la con, ils sont interviewés en solitaire et critiquent les autres... De la bonne télé, que je vous dis. Pauvre Yan England, passer de réalisateur nommé aux Oscars à animateur d'un spectacle de guignols. Ce que l'attrait d'un chèque de paye peut faire.

Tout ça pour dire que je n'ai plus le droit de regarder Vol 920 à côté de Désirée parce que soit je sacre, soit je suis méchamment hilare. Dans les deux cas, elle me chasse.

Déjà des sautes d'humeur. Ça promet.

•••

Les Ontariens

Puisque je couvre l'actualité scolaire de façon régulière, je ne peux évidemment me prononcer sur les éventuels chambardements que propose d'apporter Québec (et qui sont toujours inconnus de toute façon).

Mais je souhaite au moins une chose: qu'on remplace l'expression «commission scolaire» par «conseil scolaire», plus juste. Cela se fait déjà dans l'Ontario francophone.

Pour une fois, ils ont raison les Ontariens! Les «commissions scolaires» telles que nous les connaissons au Québec n'ont rien de «commissions», puisque ce mot a le sens d'une délégation de pouvoir temporaire, comme une commission d'enquête, et non d'un groupe d'élu qui siègent depuis des temps immémoriaux.

En plus, c'est moins long à écrire. Donc, tout le monde est gagnant.

 

* vicissitude: Événement heureux ou malheureux qui affecte la vie humaine; par exemple: les vicissitudes de la fortune (Larousse). Vous ne direz pas que vous n'avez rien appris aujourd'hui.

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