Le gros bon sens

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La Voix de l'Est

Les détracteurs de feu le règlement antibruit de construction et de rénovation le dimanche, à Granby, n'ont pas perdu de temps à reprendre le collier. Depuis la fin de l'été, j'entends des scies mécaniques vrombir le seul jour de la semaine qui ne se termine pas en «i». C'est d'un chic fou. Tu t'étends sur ta galerie avec un mojito (ou un Quik) par un beau dimanche après-midi et tout ce que t'entends au loin c'est vvvviiiiiiiizzzzzzuuuuuuuweeeeeee...

Dans sa grande sagesse, le conseil municipal a décrété que les citoyens n'auront plus qu'à utiliser leur «gros bon sens». Ça paraît bien de dire ça. Sauf que le gros bon sens est une notion toute relative, dépendamment des gens, de leur âge, de leur tempérament, de leur culture, etc.

Un exemple: il existe un règlement qui interdit de tondre son gazon la nuit. C'est nono, hein? Qui songerait à passer sa tondeuse la nuit? Or, le règlement existe justement parce que certains, sinon, le feraient. Et si on leur reprochait, ils répondraient: «ben quoi, j'ai le droit!».

Si des règlements paraissent futiles, c'est qu'ils existent pour ceux qui exagèrent. Je comprends que les gens qui travaillent la semaine (comme moi) n'ont que la fin de semaine pour faire leurs travaux de rénovation (pas comme moi, je laisse ça aux pros). Et que sans le dimanche, il ne restait que le samedi. C'est plate. Je trouvais quand même que le règlement avait de l'allure, précisément envers ceux qui abusent. Et s'il dérangeait tant que ça, pourquoi n'y a-t-il eu que 20 constats d'infraction d'émis en quatre ans? Pour 66 000habitants? C'est peu. Quant aux arguments évoqués par le conseil municipal, ils m'ont laissé pantois. Un conseiller, Jocelyn Dupuis, a dit que de toute façon, certaines personnes n'osaient pas faire de plainte de crainte de subir les représailles de leur voisinage. Sans règlement, ils vont être beaucoup plus à l'aise de confronter directement leur voisin bruyant, sans doute!

«On la paie très cher (notre intolérance) de façon médiatique et touristique», a tonné le maire Pascal Bonin. De quelle façon? Le tourisme a baissé? Rien n'en fait mention. On parle de Granby dans d'autres médias que ceux du coin? Et puis après? «Allez cogner chez vos voisins», prône le maire. Il n'a pas entièrement tort. Le dialogue, ça aide. Mais un règlement, ça aide un argument.

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Un mot sur Pascal Bonin, un homme sympathique et accessible. J'ai l'impression qu'il s'est tellement plaint des dépenses du maire précédent que depuis son arrivée en poste, rien ne se crée. Au contraire, des choses sont réduites ou disparaissent: le règlement antibruit, l'interdiction d'amener son chien dans certains parcs, le contrat avec la Société protectrice des animaux, certaines subventions culturelles. Je reconnais que l'heure est à la réduction des dépenses, à l'austérité, mais une ville a quand même des besoins. Une nouvelle bibliothèque, une nouvelle piscine, une SPA locale? J'ai bien peur qu'on ne voit rien de tout ça avant de très longues années. Je ne demande qu'à être contredit.

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Éthéré

Il y a un immense arbre sur le terrain de la maison située devant chez moi. Au moment où j'écris ces lignes, ses feuilles ne sont pas vertes, ni jaunes, ni rouges, mais d'un orange brûlé saisissant. Il y a quelque chose dans l'orangé qui me fascine: ce n'est pas le criard du rouge, ni le pleutre du jaune. C'est un entre-deux. Une couleur qu'on retrouve peu à l'état naturel. L'orange a quelque chose d'éthéré; c'est l'engouement réservé, la beauté discrète. Mais sur un arbre, ça ne dure pas longtemps, malheureusement.

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Tout permis Vous avez sûrement remarqué que la coordonnatrice de l'hebdomadaire gratuit Le Plus, Isabelle Gaboriault, a volé ma technique du «nom fictif» dans sa dernière chronique. Non mais, pour qui se prend-elle? Dès que ça arrive sur le marché du travail, ces jeunes-là, ça se croit tout permis.

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Intrigant Entendu à la radio: «nous sommes une entreprise avec des valeurs humaines». Je ne sais pas pour vous, mais moi j'aimerais bien, un jour, faire affaire avec une entreprise qui a des valeurs martiennes. Ça, ça serait original.

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Philosophie de la semaine Qu'est-ce que l'anarchie? C'est rejeter toutes les autorités. Donc les anarchistes en ont une: celle du chaos. Le chaos fait autorité. Donc ils ne sont pas vraiment anarchistes. La vraie anarchie serait de ne rien respecter. Mais respecter l'absence d'autorité, c'est déjà respecter quelque chose. On n'en sort pas.

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