Problème de scénarios

Le défi est de rendre la Ferme Héritage... (Julie Catudal, archives La Voix de l'Est)

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Le défi est de rendre la Ferme Héritage Miner accessible à toutes les classes de citoyens, de continuer à développer des activités éducatives (ferme, jardin, nature), d'en faire une vitrine des produits du terroir et artistiques.

Julie Catudal, archives La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

CHRONIQUE / Que réserve l'avenir pour la Ferme Héritage Miner ? Difficile à dire. Un groupe de citoyens dévoués se rencontrera la semaine prochaine pour réfléchir aux différents moyens afin de relancer ce site historique de Granby.

Tous les espoirs sont permis. Quand des citoyens s'engagent dans une cause, ça débouche habituellement sur quelque chose de positif. Cette démarche citoyenne fait que la Ville ne peut rester sur les lignes de côté comme le souhaite une majorité de membres du conseil municipal. Elle doit jouer un rôle important, financier ou autre, dans la réussite de la FHM.

S'il faut sauver cet endroit exceptionnel, il faut également admettre que l'administration municipale précédente a cédé aux charmes de marchands de rêve. Une comparaison du plan d'affaires du projet, lancé en 2009, et des états financiers de 2014 démontre que certaines personnes croyaient à l'existence de licornes.

Le plan d'affaires de la FHM prévoyait en 2014, à sa cinquième année complète d'activités, des revenus de 281 233 $, selon le « scénario réaliste ». Le « scénario conservateur » prévoyait des revenus 231 252 $.

Les vrais revenus se sont plutôt chiffrés à 173 303 $. C'est 107 930 $ (scénario réaliste) et 57 949 $ (scénario conservateur) de moins que prévu.

Dans ces revenus, le plan d'affaires, préparé par l'entreprise Marie-Andrée Delisle Tourisme-Conseil, proposait un « scénario réaliste » où la billetterie de la FHM en 2014 encaisserait 98 067 $. Le « scénario conservateur » évoquait des revenus de 65 378 $.

La réalité : la billetterie n'a rien généré en 2014...

Bien que d'entrée de jeu le plan d'affaires dit reposer sur une « approche conservatrice », ses projections de rentabilité baignent dans l'irréalisme. En fait, le « scénario réaliste » prévoyait des profits dès 2012 de 42 110 $ ou encore, selon un « scénario conservateur », des profits de 5662 $ en 2014.

Les vrais chiffres sont moins roses : en date du 31 août 2015, la perte d'exploitation se chiffrait à 208 475 $, selon la lettre remise par la présidente de l'époque Manon St-Louis au conseil municipal l'automne dernier. La perte était de 124 568 $ en date du 31 août 2016.

Les plans d'affaires ont leurs limites. Leurs auteurs diront que tout doit être respecté pour atteindre les projections. C'est vrai. Pour la FHM, on peut affirmer que la Ville a honoré ses engagements. Elle a allongé 581 662 $ pour rénover la maison, la grange et la laiterie et ses employés ont travaillé pour une valeur de 127 124 $ depuis 2010 pour exécuter des travaux d'entretien sur le site et dispenser différents services.

Que faire maintenant ? Abandonner le site ou bâtir sur ce qui reste ?

Malgré les erreurs et le manque de réalisme de ses dirigeants, l'endroit demeure exceptionnel. Le défi est de le rendre accessible à toutes les classes de citoyens, de continuer à développer des activités éducatives (ferme, jardin, nature), d'en faire une vitrine des produits du terroir et artistiques. C'est ce à quoi le groupe de citoyens travaillera.

La direction de la FHM demande à la Ville 250 000 $ pour les deux prochaines années le temps qu'elle développe ses activités pour augmenter ses revenus. C'est risqué, mais quelle est l'alternative de la Ville ? Combien lui coûterait l'administration du site ?

La Ville doit être conséquente dans ses décisions. Elle ne peut injecter 581 662 $ pour rénover un site historique puis six ans plus tard refuser de mettre la main à la pâte pour que ses citoyens profitent de son investissement.

Mais sera-ce rentable un jour ? Il est probable que non. Il faut donc considérer la plus-value ajoutée à la qualité de vie des citoyens. Comme on le fait avec le CINLB où la Ville injecte environ 125 000 $ par année.

L'administration du maire Bonin peut exiger d'être remboursée lorsque (et si) la FHM vient qu'à dégager des profits.

Il faudrait par ailleurs que M. Bonin cesse d'attaquer les réalisations de son prédécesseur, Richard Goulet­, grand promoteur de la FHM. Difficile de ne pas voir dans l'attitude du maire un relent de cette rivalité malsaine.




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