La belle semaine

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Le 2 mars 2011, j'écrivais un billet intitulé Dix livres en moins dans lequel... (La Voix de l'Est)

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La Voix de l'Est

Isabelle Gaboriault
La Voix de l'Est

(Granby) Le 2 mars 2011, j'écrivais un billet intitulé Dix livres en moins dans lequel j'abordais tout le poids de ma culpabilité, en tant que mère, de ne pas organiser une semaine de relâche aux allures de Club Med à ma fille alors en première année.

Je craignais que de ne pas lui planifier une semaine à la Disney World - et que dire de ne pas s'y envoler - allait faire de moi une mauvaise mère à ses yeux. Mais après une discussion avec elle, le principe de la «relâche» avait pris tout son sens. Casanière à six ans, Maëlle m'avait dit que pour elle, ce moment en était un pour se reposer. Que je lui concocte une semaine programmée au quart de tour, elle n'aurait pas apprécié.

Mon questionnaire sur la relâche, je lui ai soumis de nouveau en début de semaine. Après, ça a été au tour de sa soeur, mon autre petite présentement en première année.

Ma préado pose le même regard sur ce moment de l'année qu'il y a six ans. C'est sa façon de l'exprimer qui a changé avec le temps. «À quoi sert la relâche? À chiller!», qu'elle m'a dit, tout en soulignant «qu'enfin», elle pouvait se lever plus tard.

Ainsi, au lieu de sortir du lit à 6h45, elle le fait à 7h...

Ma petite, elle, semble aussi avoir compris l'essence même de la relâche. «C'est une semaine qu'on peut se reposer!», a lancé Laurence, six ans. Plus sorteuse et exploratrice que sa soeur au même âge, elle aurait aimé profiter d'une semaine aux allures de foire. Mais son côté Roger-Bontemps fait en sorte que jamais elle ne nous fera de reproches si ce n'est pas le cas. Fiou!

«Moi, je suis contente que Maëlle me garde et qu'elle joue avec moi».

Qu'est-ce que je vous disais?

Dans le temps, la relâche me faisait sentir mal par rapport à mon enfant. Six ans plus tard, la culpabilité a laissé place à l'envie.

Cette année, j'envie les familles qui ont pris off. Celles qui passent la semaine au soleil dans le Sud ou au chalet dans le Nord. Et les autres qui en profitent pour écouter des films les pieds sur le pouf et habillées en mou.

C'est laid, je sais, mais c'est plus fort que moi.

Imaginez: un des sept péchés capitaux! C'est pas rien.

Mais ce ressentiment, j'en suis la seule responsable. Cette année, je dois l'avouer, j'ai procrastiné sur la planification de la relâche. Et elle est arrivée trop vite pour moi... qui a déjà la tête aux vacances estivales! C'est à n'y rien comprendre.

J'ai mal géré mon calendrier. C'est aussi simple que ça. Une chance que je peux compter sur une généreuse équipe pour me sauver les fesses.

Et heureusement que je suis la seule à en souffrir.

Avoir tous les membres de ma famille qui habitent au diable vert, je serais vraiment dans le trouble.

Culpabilité, envie, souffrance. Voilà donc de quoi est faite la relâche pour le parent que je suis. Et - si on fait abstraction de ma récente faille organisationnelle- je soupçonne ne pas être la seule dans cette situation.

À cela, on doit ajouter la pression qu'on ressent comme parents d'organiser une semaine de rêve à nos enfants. De la honte qui nous guette si on ne le fait pas. De la pitié qui se lit sur le visage de ceux qui partent en Jamaïque et à qui on avoue ne pas avoir pris ne serait-ce qu'une journée off pour aller glisser au parc.

Personnellement, j'ai juste hâte que la semaine finisse. C'est lourd à porter.

Vivement un retour à une semaine normale!

Un coup d'oeil à mon agenda me dit que le 7, c'est pédago.

Maudit qu'il faut être fait fort.

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