Deux nouveaux cas de légionellose à Granby

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La directrice de la Santé publique de l'Estrie, Dre Mélissa Généreux, invite les propriétaires d'immeubles de Granby munis de tours de refroidissement non inscrits au registre de la RBQ à se manifester.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) Deux nouveaux cas potentiellement liés à l'éclosion de légionellose à Granby ont été répertoriés par la Direction de la Santé publique (DSP) de l'Estrie, portant leur nombre à neuf. En parallèle, la DSP poursuit son enquête pour trouver la source de contamination. Or, celle-ci pourrait demeurer inconnue, car la récente inspection de tours de refroidissement a révélé qu'elles sont conformes. Les autorités veulent maintenant s'assurer que tous ces équipements sont bien recensés, comme le prévoit la loi.

L'enquête aux nombreuses ramifications menée par la DSP à Granby progresse à petits pas. L'un des récents développements dans le dossier concerne l'ajout de ces deux cas. Ceux-ci émanent de ce que l'on appelle une « vigie rehaussée ». 

« À partir du moment où on a constaté un nombre de cas de légionellose plus grand qu'à l'habitude, on a demandé à l'ensemble des régions du Québec de vérifier si [les gens infectés] sont passés par Granby. [...] Pendant la période d'exposition de huit jours, deux personnes d'autres régions ont passé une journée à Granby près du centre-ville et les environs », a expliqué en entrevue la directrice de la Santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux. »

Rappelons que sept personnes originaires de Granby ou de municipalités en périphérie ont contracté la maladie du légionnaire depuis la mi-juin. La dernière déclaration d'exposition parmi les neuf cas possiblement interreliés remonte à la fin août. Un dixième cas suspect de légionellose n'a pu être formellement confirmé, faute de preuves. Or, cette maladie microbienne s'attaquant aux poumons provoquée par la bactérie legionella, qui se transmet par l'aspiration de gouttelettes d'eau la contenant, touche en moyenne une à deux personnes durant la saison estivale­ en Estrie.

Par ailleurs, la DSP de l'Estrie devrait avoir l'heure juste au sujet de la souche de légionelle dans la région, car une deuxième culture prélevée sur une personne infectée est actuellement analysée. Les résultats devraient être connus la semaine prochaine, a indiqué Dre Généreux. 

Recherches

Au cours des dernières semaines, la DSP a remué bien des pierres pour tenter d'élucider cet épineux dossier. « On est vraiment sorti des sentiers habituels. On a ratissé large », a illustré Mélissa Généreux. 

Les domiciles des personnes infectées ont été passés au peigne fin, en vain. Idem en ce qui concerne les tours de refroidis­sement, qui ne doivent pas dépasser le seuil critique d'un million de légionelles par litre d'eau. 

Selon les informations de la DSP, une douzaine d'immeubles à Granby sont dotés de tels équipements à déclaration obligatoire, notamment afin d'en contrôler l'entretien périodique via un registre. La moitié d'entre eux sont situés dans le segment ciblé pour approfondir l'enquête sur le terrain, soit dans le tronçon de la rue Principale entre les rues Simonds et Mountain. Les recherches menées jusqu'ici par les équipes de la DSP, de concert avec les spécialistes de la Régie du bâtiment du Québec­ (RBQ), ont démontré que les équipements sont conformes. « On a identifié toutes les tours de refroidis­sement inscrites au registre de la RBQ. Parmi la douzaine inspectées, quatre n'étaient pas en fonction. Dans les huit tours vérifiées, tous les [résultats] sont négatifs », a mentionné Dre Généreux.

De son côté, la municipalité de Granby a décontaminé l'ensemble des fontaines sur son territoire. 

Hypothèses

Malgré le recoupement de nombreuses pistes, il se peut que la source de contamination ne soit jamais trouvée, a concédé celle qui chapeaute la Santé publique en Estrie. Notamment en raison de la baisse des températures lors du passage de la saison estivale à l'automne, car en dessous de 20°C, la bactérie est présente en faible concentration. 

Bien que le foyer infectieux demeure indéterminé, plusieurs hypothèses sont soulevées par la DSP de l'Estrie. Parmi celles-ci, trois sortent du lot. 

La première tient au fait qu'une tour de refroidissement a pu être décontaminée entre les tests des autorités, faisant en sorte qu'un taux anormalement élevé de légionelle ne puisse plus être détecté. La seconde piste concerne la contamination d'une fontaine d'eau n'appartenant pas à la Ville. Notons qu'il n'existe pas de registre pour ce type d'équipement. La représentante du Centre intégré univer­sitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie demande aux propriétaires de fontaines de les inspecter minutieusement puis de les nettoyer au besoin. 

« Notre hypothèse principale demeure qu'une tour de refroidissement [est en cause] », a toutefois précisé Dre Généreux. 

La DSP de l'Estrie invite donc les propriétaires d'immeubles munis d'un tel système de climatisation non inscrit à la RBQ à la contacter au 819 829-3400, poste 42 005, afin de faire progresser l'enquête.




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