«Au moins, maintenant, on sait»

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«Ils ont commis une erreur en faisant un mauvais travail. J'espère seulement que des inspections seront poussées plus loin pour ne pas que ça se reproduise... L'entreprise qui a fait les fondations de la ferme Pittet a sûrement dû en faire pour d'autres bâtiments...», laisse tomber Angel Garcia Garcia, le frère de la victime.

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Granby) Presque sept mois après la mort tragique de César Ariel Garcia Garcia dans l'effondrement d'un bâtiment de ferme à Saint-Tite, la douleur est toujours aussi vive pour son frère, Angel Garcia Garcia, qui réside à Granby. Les yeux se mouillent souvent, la gorge se noue, et les mots peinent à sortir.

La Voix de l'Est l'a contacté à la suite du dépôt du rapport de la CNESST, jeudi. Il n'était pas courant. C'est donc la journaliste qui lui a présenté les conclusions auxquelles sont arrivés les inspecteurs dans le dossier de l'accident de travail qui a coûté la vie à son frère aîné, en février dernier.

Ce n'est pas le poids des 69 cm de neige qui a causé l'effondrement du bâtiment de la ferme Pittet. Le travailleur du Guatemala est mort en raison d'un vice de construction des fondations du bâtiment qui n'offraient pas la retenue latérale suffisante pour supporter la masse de la structure métallique et de la neige, est-il expliqué dans le rapport, pour lequel la CNESST a fait appel à une firme de génie-conseil. Des fondations plus profondes ou mieux remblayées auraient créé la force de retenue nécessaire, selon l'inspecteur. 

Oui, cette mort aurait pu être évitée, confirmait Mathieu Vermont, chef d'équipe et inspecteur au dossier pour la CNESST quelques instants après le point de presse de jeudi matin. Mais non, « aucun constat d'infraction ne sera remis », a-t-il dit à La Voix de l'Est.

Angel recule sur sa chaise, croise les bras. Il prend une grande respiration pour tenter de contenir ses larmes. Il ne prononce aucun mot avant un long moment. 

« Ils ont commis une erreur en faisant un mauvais travail. J'espère seulement que des inspections seront poussées plus loin pour ne pas que ça se reproduise... L'entreprise qui a fait les fondations de la ferme Pittet a sûrement dû en faire pour d'autres bâtiments... », laisse-t-il tomber dans sa langue maternelle, en tentant de contenir les émotions qui le submergent encore chaque fois que ce jour fatidique du 22 février est ramené­ à sa mémoire.

« Je veux remercier la CNESST pour son enquête, et surtout d'avoir trouvé la cause. On ne voulait pas tant trouver un coupable et le faire payer, on voulait connaître la vérité. Ça ne le fera pas revivre [mon frère]. Mais au moins, maintenant, on sait », reprend-il, racontant qu'il ne cessait de jongler avec les hypothèses depuis tout ce temps.

D'autres questions

Cette conclusion, si elle met un certain baume sur ses blessures encore vives, amène toutefois du même coup d'autres questionnements. « Aucun inspecteur ne passait pour s'assurer que les bâtiments étaient toujours sécuritaires ? Et si oui, comment se fait-il que les problèmes de structures n'aient pas été détectés ? » se demande Angel Garcia Garcia.

« Peut-être qu'il y a 22 ans, quand le bâtiment a été construit, tout était réglementaire, mais plus maintenant­ ? » avance-t-il encore.

Quoi qu'il en soit, le cadet attendra avec impatience le rapport du coroner au dossier, Yvon Garneau. Ce dernier souhaite que son rapport soit rendu public d'ici le mois de décembre. Le Guatémaltèque de 25 ans ne souhaite pas tant faire payer un coupable, répète-t-il. Mais il espère enfin pouvoir tourner la page.

D'ici là, son deuil suit son cours. Entre les pleurs et les sautes d'humeur, Angel Garcia Garcia tente de se faire à l'idée que « j'ai un frère enterré là-bas [au Guatemala] ».

César Ariel Garcia Garcia se trouvait seul à l'intérieur du bâtiment de la ferme Pittet construit en 1995 lorsqu'il s'est effondré le 22 février, à 13 h 35. Son corps a été découvert environ 26 heures plus tard après que d'intenses recherches eurent été menées dans l'espoir de le retrouver.

La CNESST affirme ne pas rechercher de coupable dans cette affaire, mais avisera l'Union des producteurs agricoles des conclusions de son enquête afin d'éviter un autre drame du genre.

- Avec Le Nouvelliste




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