Écrasement d'un planeur: le coroner conclut à une mort accidentelle

Le planeur piloté par Jacques Fontaine s'est écrasé... (Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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Le planeur piloté par Jacques Fontaine s'est écrasé le 24 septembre dernier dans un champ situé en face du 1460, boulevard de l'Innovation à Bromont.

Alain Dion, archives La Voix de l'Est

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Granby) Le coroner Alexandre Crich n'a pu identifier les causes exactes de l'écrasement de planeur qui a entraîné la mort de Jacques Fontaine le 24 septembre dernier dans un champ situé en face du 1460, boulevard de l'Innovation à Bromont. Il conclut néanmoins que le Bromontois de 60 ans est décédé accidentellement à la suite d'un traumatisme thoracique contondant associé à une asphyxie traumatique par compression du tronc, consécutivement à l'écrasement.

Rendu public mardi, le rapport souligne que le planeur de type ASG 29 piloté par M. Fontaine a dévié de façon prononcée et inhabituelle lors de sa descente vers l'aéroport Roland-Désourdy. 

« En vent arrière, la vitesse indiquée du (planeur) a diminué progressivement et s'est stabilisée à environ 44 noeuds jusqu'à ce qu'il soit presque sur l'axe de piste 23. À ce moment, le (planeur) à environ 570 pieds (au-dessus du sol) entre en vrille par la gauche avec une trajectoire presque verticale. La vrille s'est arrêtée et quelques secondes plus tard, le (planeur) a percuté le sol à haute vitesse avec un angle en piqué important et un angle d'inclinaison d'environ 45°. (...) L'appareil a été détruit, l'habitacle du pilote était fortement endommagé », indique dans ses conclusions le Bureau de la sécurité des transports du Canada­ (BST). 

Contactés par le répartiteur de l'aéroport, les services d'urgence ont retrouvé le planeur vers 16 h 45. M. Fontaine était alors inanimé. Des manoeuvres de réanimations ont été entreprises, en vain. La mort du sexagénaire a plus tard été constatée par un médecin à l'hôpital de Granby.

Vitesse insuffisante

Considérant les conditions météorologiques du jour, qui étaient propices au vol à vue et vol à voile, la vitesse recommandée pour l'approche­ était de 60 noeuds. 

L'enquête du BST n'a pu établir la raison de l'écart de trajectoire et la vitesse inhabituellement basse lors de l'approche ainsi que la perte de maîtrise de l'appareil par M. Fontaine. 

Le sexagénaire n'aurait lancé aucun signal de détresse ni rapporté d'anomalies au cours du vol, qui aura duré plus de quatre heures. Qui plus est, il n'aurait pas utilisé son téléphone cellulaire au moment de l'écrasement. 

Les examens post-mortem n'ont démontré aucune patho­logie qui aurait pu occasionner un malaise. 

Autopsie

L'autopsie a été pratiquée le 26 septembre au Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal. Un pathologiste a alors constaté la présence de multiples fractures costales et du corps sternal, un hémothorax bilatéral, une lacération du lobe supérieur droit, des contusions pulmonaires, ainsi qu'une lacération du péricarde sans hémopéricarde. 

Des analyses toxicologiques ont révélé une alcoolémie négative et l'absence d'autres substances dans l'organisme du défunt. 

Des pistes écartées

Le Dr Alexandre Crich a écarté plusieurs hypothèses dans le cadre de son rapport. 

Le coroner indique que Jacques Fontaine n'avait pas d'antécédents médicaux pertinents pour comprendre les causes de son décès, et qu'il n'était pas suicidaire. 

M. Fontaine cumulait 430 heures de vol sur avion et environ 178 heures sur planeur. En 2016, il avait complété la formation annuelle requise par l'Aéroclub des Cantons-de-l'Est. Le jour du drame, il effectuait son troisième vol à bord d'un planeur de type ASG 29. 

Le coroner Crich confirme donc que le Bromontois possédait un permis valide ainsi que les qualifications nécessaires au pilotage de ce genre d'aéronef. 

Par ailleurs, le planeur impliqué dans l'écrasement fatal avait été acheté neuf en 2008. Il était homologué, équipé et entretenu conformément à la réglementation­ en vigueur. 

L'aéronef avait été endommagé lors d'un atterrissage en 2014, mais les réparations avaient été complétées le 20 août 2016 selon les instructions du fabricant, soit le constructeur allemand Alexander Schleicher. 

L'examen de l'épave « n'a révélé aucune anomalie qui aurait pu indiquer un problème avant l'impact, incluant les sections visées par les réparations importantes au fuselage, lesquelles étaient demeurées intactes », peut-on lire dans le rapport.

Notons que le coroner Crich ne formule aucune recommandation­ particulière.




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