Projet de train: « Le budget de 90 M $ est justifié »

Le président de la Fondation Trains de nuit... (fournie par Transport 2000 Québec)

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Le président de la Fondation Trains de nuit et de Transport 2000, François Pépin, estime qu'il est «incontournable» d'envisager la mise en service d'un train de passagers dans l'axe Montréal-Sherbrooke.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

La sortie incendiaire dans La Voix de l'Est du député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, concernant le train de passagers a fait bondir bien des gens impliqués dans le dossier. Notamment en ce qui concerne la mise en doute par le politicien du montage financier. Or, chaque dollar est fondé, assurent ceux qui pilotent l'initiative.

« On a commencé à l'envers dans le dossier avec une étude de marché d'environ 400 000 $, une facture astronomique. Et ensuite, on arrive avec un projet à 90 M $. D'où sortent ces chiffres ? », a lancé Denis Paradis en entrevue. 

Questionné au sujet des propos contestataires du député fédéral, l'homme d'affaires François Rebello, qui chapeaute le projet de train de passagers, s'est abstenu de commenter pour ne pas « personnaliser le dossier ». Il a toutefois donné au journal la ventilation des coûts du projet, présenté mardi aux représentants des municipalités et organisations concernées lors d'une rencontre à l'hôtel de ville de Bromont. 

De son côté, François Pépin, président de la Fondation Trains de nuit créée dans le cadre du projet de liaison Montréal-Sherbrooke, s'est dit « surpris » de la position de M. Paradis. « La compagnie ferroviaire a déjà commencé à réparer la voie, mais pour ses normes de transport de marchandises. Mais dans le cas d'un train de passagers, avant de commencer à construire quelque chose, il faut évaluer le besoin et les coûts. [...] Et je peux assurer que chaque montant du budget de 90 M $ est justifié », a soutenu celui qui est à la tête de Transport 2000 Québec, une association spécialisée dans le développement des transports collectifs à travers la province.

En détail 

Ainsi, comme l'a mentionné à La Voix de l'Est M. Paradis, la facture de la réfection du tronçon du réseau ferroviaire appartenant à la Central Maine & Québec Railway (CMQ) est de l'ordre de 40 M $, plus précisément 44 M $ selon M. Rebello. À cela s'ajoutent 9,6 M $ pour la remise en état de la partie de la voie ferrée entre le pont Victoria et Saint-Jean-sur-Richelieu, propriété du Canadien National (CN), ceci afin de permettre au train d'atteindre minimalement une vitesse de 55 milles à l'heure. 

Selon l'analyse de marché réalisée par la firme Ipsos et des chercheurs de Polytechnique pour la Fondation Trains de nuit, 2050 déplacements quotidiens sont envisagés lorsque le projet arrivera à maturité. Ceci nécessiterait deux convois de quatre wagons (rénovés) qui valent 700 000 $ chacun, ainsi qu'un véhicule supplémentaire, pour une somme totalisant 6,5 M $. Ceux-ci seraient tractés par deux locomotives « haute puissance » puis un engin de moindre capacité, pour une facture de 15,4 M $. Un fonds de 356 000 $ qui servirait à la mise en place de navettes pour les municipalités n'ayant pas de gare est également prévu.

Une enveloppe de 2,8 M $ pour doter les trains d'un mécanisme de sécurité nommé « Positive Train Control » fait aussi partie du montage financier. Il s'agit d'un système électronique essentiellement destiné à corriger une fausse manoeuvre du conducteur du train, a expliqué M. Rebello. Ce dispositif devrait être obligatoire au cours de la prochaine année aux États-Unis, et le Canada devrait emboîter le pas ensuite, a-t-il fait valoir. Le montant global de capitaux est donc de 78,6 M $, auquel on additionne une contingence (marge) de 15 %, soit 11,7 M $.

Incontournable

Selon François Pépin, il est « incontournable » d'envisager le train de passagers pour contrer le ressac de la congestion routière. Par ailleurs, les municipalités en périphérie de la voie ferrée de la CMQ sont parmi les seules dans la grande couronne de Montréal ne disposant pas déjà de services de convois pour le public, a indiqué le spécialiste dans la planification des transports. « On traverse une crise, a dit celui qui a évolué au sein de la Société de transport de Montréal durant 34 ans. Trop de gens se tournent vers l'automobile, seuls ou en covoiturage. Le transport collectif, dans une optique de mobilité durable, est la solution pour se déplacer plus efficacement. Et dans le corridor Montréal-Sherbrooke, on doit penser au train comme alternative. »

Rappelons que le scénario actuel prévoit que 38 M $ du budget global proviendraient de fonds privés, dont 25 M $ du propriétaire du chemin de fer. L'ensemble des villes serait appelé à injecter 8 M $, tandis que les 44 M $ manquants sont attendus des deux paliers de gouvernements, soit 18 M $ de Québec et 26 M $ d'Ottawa. Selon les échéanciers, le train pourrait accueillir ses premiers passagers à l'automne 2019.




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