Train Montréal-Sherbrooke: Paradis se pose «de sérieuses questions»

Le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, est... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, est d'avis qu'un virage à 180 degrés sera nécessaire pour mener le dossier à bon port, rien de moins.

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

Le montage financier du projet de train de passagers proposé par l'homme d'affaires François Rebello ainsi que sa façon de piloter le dossier suscitent plusieurs interrogations chez le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis. Le politicien demeure néanmoins un ardent défenseur de l'initiative.

Denis Paradis est d'avis qu'un virage à 180 degrés sera nécessaire pour mener le dossier à bon port, rien de moins. « J'aimerais éviter ce qui est arrivé avec les Jeux équestres mondiaux à Bromont (prévus en 2018) qui, selon moi, ont été un échec principalement à cause d'un dossier mal ficelé. [...] Je crois énormément au projet de train. Je le supporte à 100 milles à l'heure depuis des années. Mais il ne faut pas mettre la charrue devant les boeufs, a-t-il imagé. Il faut commencer par refaire ce chemin de fer, ensuite on pourra penser à mettre des wagons dessus. »

Rappelons que le budget global du projet présenté par M. Rebello est estimé à environ 90 M $. On parle de 38 M $ provenant de fonds privés, dont 25 M $ du propriétaire du chemin de fer. L'ensemble des villes serait appelé à injecter 8 M $, tandis que les 44 M $ manquants sont attendus des deux paliers de gouvernements, soit 18 M $ de Québec et 26 M $ d'Ottawa. Selon les échéanciers dont dispose M. Rebello, le train pourrait accueillir ses premiers passagers à l'automne 2019.

« On a commencé à l'envers dans le dossier avec une étude de marché d'environ 400 000 $, une facture astronomique, a clamé M. Paradis. Et ensuite, on arrive avec un projet à 90 M $. D'où sortent ces chiffres ? »

Le député de Brome-Missisquoi soutient avoir reçu « il y a près d'un an » par la Central Maine & Québec Railway (CMQ) une estimation des coûts à 40 M $ pour remettre les rails à niveau dans le tronçon entre Montréal et Sherbrooke. « Avec des chiffres comme ça, on a de quoi se poser de sérieuses questions. Si mettre en place un train de passagers dans la région coûte 50 M $, je ne peux pas adhérer à ça », a-t-il indiqué.

Engagement

Selon Denis Paradis, aller chercher une subvention d'Ottawa en présentant le dossier dans sa forme actuelle est voué à l'échec. Ceci principalement puisque, dit-il, la compagnie américaine propriétaire du réseau ferroviaire a déjà rejeté du revers de la main une éventuelle aide financière du gouvernement canadien pour la réfection des rails. 

« À la demande du président de la CMQ, je les ai reçus à Ottawa il y a quelques mois. J'ai convoqué des [hauts fonctionnaires] des ministères des Transports et des Infrastructures. [...] Lors de la rencontre, le président a dit devant tout le monde qu'il n'a pas besoin de l'argent du fédéral pour remettre la track en état. Les deux bras me sont tombés », a-t-il illustré. 

De son côté, François Rebello espère un engagement financier des municipalités d'ici l'été 2018. Parmi celles-ci, notons que Sherbrooke assumerait la plus grande part de l'enveloppe en déboursant 3 M $ échelonnés sur 10 ans. Bromont, qui disposerait d'une des deux gares de la région avec Farnham, contribuerait à hauteur d'un million au cours de la même période, tandis que Lac-Brome devrait accorder près de 115 000 $. Sutton, Brigham et Cowansville devraient consentir chacune 75 000 $. 

Plusieurs représentants de ces municipalités, entre autres Bromont, Cowansville et Lac-Brome, ont confirmé à La Voix de l'Est au terme d'une rencontre avec M. Rebello, mardi, vouloir trancher au sujet de leur implication financière avant les élections, prévues en novembre. En ce qui concerne Farnham, les élus ont déjà endossé par voie de résolution l'octroi de 46 496 $ par an durant 10 ans à la Fondation Train-Hôtel, qui chapeaute l'initiative.

Denis Paradis croit qu'il faut prendre un pas de recul pour que le dossier prenne la bonne tangente. Si la Central Maine & Québec Railway a les fonds pour remettre la voie ferrée en état pour atteindre des vitesses comparables à celles de l'automobile, elle doit s'engager à les injecter rapidement, a soutenu le député. 

Ce dernier dit avoir informé de sa position certains élus qui chapeautent le dossier, citant en exemple une récente lettre envoyée à la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan. 

« Juste un petit mot pour qu'on s'entende sur la marche à suivre dans le dossier de la voie ferrée entre Saint-Jean et Sherbrooke, a-t-il lu au bout du fil. À la dernière rencontre, on a convenu que les fonctionnaires des villes de Saint-Jean, Farnham, Bromont, Magog et Sherbrooke avec la participation de la MRC Brome-Missisquoi verraient à mettre sur pied un plan d'ensemble à présenter au gouvernement canadien. [...] L'état de la voie ferrée est lamentable au niveau de la sécurité. Il importe donc de la remettre à niveau. [...] Je sais qu'il y a un coût ajusté à toutes les composantes du dossier complet avant de demander l'appui des gouvernements. [Avant tout], nous croyons qu'un travail de sensibilisation auprès de [la CMQ] s'impose. »




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer