«Le King est mort, vive le King!»

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La région se souvient de la mort d'Elvis Presley, retrouvé mort il y a quarante ans à Graceland.

Alain Dion

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Il y a quarante ans aujourd'hui, le légendaire Elvis Presley était retrouvé mort à Graceland. Pour commémorer celui qu'on a surnommé Le King, quelques admirateurs de la première heure de la région ont témoigné de l'impact que le chanteur a eu sur leur vie.

Grande admiratrice du King, Vily Van Doorn a... (Alain Dion) - image 1.0

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Grande admiratrice du King, Vily Van Doorn a même prénommé sa plus jeune fille Lisa Marie, à l'instar de la fille unique de Presley.

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Vily Van Doorn se souviendra toujours du 16 août 1977. D'abord, parce qu'elle célébrait ce jour-là ses 28 ans, mais aussi parce que son idole de toujours n'était plus.

« On avait de la visite à la maison et la télévision était ouverte. Il y a eu un bulletin spécial pour annoncer qu'il était mort. Bon Dieu que j'étais restée surprise. Quarante-deux ans, c'était beaucoup trop jeune. J'ai dit : "Ah non ! Pas mon Elvis ! " », relate la dame.

Cette histoire d'amour avec le King a pris naissance en 1956, lors de la célèbre apparition d'Elvis au Ed Sullivan Show. « J'avais environ huit ans. Je ne comprenais pas à l'époque pourquoi les femmes s'énervaient tant. Et puis, il n'était filmé que du haut du corps, car ses déhanchements étaient jugés indécents­ à l'époque ! »

La musique l'a conquise. « Au fil des années, j'ai commencé à acheter ses disques, puis ses films. Aussi bien dire que j'ai grandi avec Elvis », raconte-t-elle.

Mme Van Doorn a même prénommé sa plus jeune fille Lisa Marie, à l'instar de la fille unique de Presley. « Je trouvais ça beau, Lisa Marie. Quand je suis tombée enceinte de ma fille, quatre ans après la mort d'Elvis, je lui cherchais un nom, et puis j'ai entendu une de ses chansons à la radio. C'est là que j'ai décidé de l'appeler Lisa Marie », se souvient-elle tendrement. Un prénom qui a valu sa dose de taquineries à la principale intéressée, qui aujourd'hui vit bien avec celui-ci. 

Encore aujourd'hui, la Granbyenne conserve une photo de son idole près de son lit. « Il est toujours là quand je me lève le matin », dit-elle.

« Chaque fois qu'une de ses chansons joue, ça fait remonter en moi plein de souvenirs, note Vily Van Doorn. C'était le roi du rock and roll, c'était une super époque. On a dansé, on a eu du plaisir. Moi, je dis qu'en quelque part, Elvis vit encore à travers sa musique. Le King est mort, vive le King ! »

Mario Ménard possède une collection de 66 cartes-souvenirs... (Alain Dion) - image 2.0

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Mario Ménard possède une collection de 66 cartes-souvenirs d'Elvis, vendues à l'unité dans des paquets de gomme à mâcher.

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Comme le King, M. Ménard a lui aussi... (fournie) - image 2.1

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Comme le King, M. Ménard a lui aussi chanté au célèbre Ed Sullivan Show, alors qu'adolescent, il faisait partie des Petits Chanteurs de Granby.

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«Il m'a donné la piqûre»

Encouragé par sa famille et son entourage, Mario Ménard a baigné toute sa vie dans la musique. Comme le King, il a lui aussi chanté au célèbre Ed Sullivan Show, alors qu'adolescent, il faisait partie des Petits Chanteurs de Granby. D'ailleurs, il s'est produit sur le mythique plateau télévisé quelques mois avant même que la légende n'y fasse fureur.

Il a également mis sur pied plusieurs formations musicales, dont Les T-Jetters et Les Caïds, qui ont connu leur part de succès dans la région. « Quand Elvis est arrivé dans ma vie, on avait déjà commencé les groupes, se souvient le Granbyen. Il nous a donné la piqûre de continuer. »

Le tout premier vinyle qu'il s'est procuré en est un du King. Au fil du temps, il a réussi à compléter une collection de 66 cartes-souvenirs d'Elvis, vendues à l'unité dans des paquets de gomme à mâcher.

Le King a également influencé le style de M. Ménard. « Elvis avait une bonne voix. Quand il chantait, il donnait tout. Contrairement à d'autres, il vivait ses chansons », constate ce retraité de la Ville de Granby. 

« Des tounes d'Elvis, j'en ai chanté ! J'en chante encore ! », lance-t-il.

C'est vêtu d'un habit en tous points semblable... (Alain Dion) - image 3.0

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C'est vêtu d'un habit en tous points semblable à un costume de scène porté par Elvis que Daniel Arpin nous a ouvert les portes de son appartement.

Alain Dion

« Mon coeur s'est arrêté »

C'est vêtu d'un habit en tous points semblable à un costume de scène porté par Elvis que Daniel Arpin nous a ouvert les portes de son appartement.

Le Granbyen est carrément « fan » du King. Les innombrables objets de collection qu'il possède - poupées, livres-souvenirs, sans compter les dizaines de vinyles, CD et DVD, pour ne nommer que ceux-ci - en font foi. 

L'intérêt de M. Arpin pour le King va au-delà de l'artiste lui-même. Longtemps membre d'un fan-club dédié à son idole, il s'intéresse à tout ce qui touche son univers, dont ses imitateurs. Récemment, le Granbyen a vu Martin Fontaine se glisser dans la peau d'Elvis pour une sixième fois ; il possède des objets, dont une biographie, de David Scott, émule notoire du chanteur.

M. Arpin se souvient très bien du moment où il a découvert Elvis. « C'était en 1969. Quand j'étais jeune, je regardais Jeunesse d'aujourd'hui à la télévision. Mes idoles, c'étaient Les Classels », se rappelle-t-il.

« Un jour, mon père est arrivé avec un disque d'Elvis. Ma soeur et moi, on est immédiatement tombés en amour avec ce chanteur-là. »

Des années plus tard, sa soeur a épousé Luc Trottier, un autre admirateur d'Elvis. « Il était un gros fan, moi aussi. Ça a cliqué tout de suite ! » lance celui-ci.

Cette passion commune lie le trio. « Pas plus tard qu'hier soir, on regardait son dernier spectacle sur YouTube. Après, on a regardé un de ses spectacles au Madison Square Garden- », indique M. Trottier, qui possède lui-même bon nombre d'enregistrements de spectacles et de disques de leur idole.

Le jour de la mort d'Elvis demeurera aussi gravé dans la mémoire de Daniel Arpin. « J'avais 14 ans, je revenais de l'école. Je regardais Les Tannants et j'ai vu un bandeau défiler au bas de l'écran, qui annonçait la mort d'Elvis. Mon coeur s'est arrêté. »

« Quand il est décédé, j'ai acheté toutes les revues qui parlaient de lui », note pour sa part M. Trottier. 

« Je suis originaire du Saguenay, ajoute-t-il. Après sa mort, je ne me souviens plus quand exactement, il y a eu une grosse soirée organisée à l'aréna en son honneur. On jouait sa musique, on avait des souvenirs. »

Qu'aimaient-ils donc tant du King pour lui vouer autant d'admiration, 40 ans après sa mort ?

« C'était le meilleur chanteur au monde ! », affirme M. Arpin.

 « Il avait un charisme incroyable ! » renchérit M. Trottier.

C'est plutôt grâce au cinéma que Nicole Gaboriault... (Janick Marois) - image 4.0

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C'est plutôt grâce au cinéma que Nicole Gaboriault a découvert Elvis.

Janick Marois

Le cinéma avant la musique

C'est plutôt grâce au cinéma que Nicole Gaboriault a pour sa part découvert son idole. 

« À l'époque, ses films étaient déjà considérés comme quétaines­ ! », blague-t-elle.

« Il était très beau, toutes les filles en raffolaient, se souvient-elle. C'est grâce à lui que j'ai découvert le rock'and'roll. Si je le danse encore aujourd'hui, c'est de sa faute ! »

Le King a bouleversé les moeurs, très conservatrices, qui régnaient en Amérique. Un concert prévu à Montréal aurait été annulé par nul autre que l'archevêque en raison du caractère « lascif » de la musique de l'artiste, se remémore-t-elle.

L'annonce de sa mort a choqué le monde entier, Mme Gaboriault y compris. « Personne ne s'attendait à ça, se remémore-t-elle. C'était triste de voir qu'il s'était laissé aller. Elvis avait tout pour être heureux : une carrière à succès, une belle épouse et une belle jeune fille. »

« Encore aujourd'hui, il y a des jeunes qui écoutent du Elvis, souligne Mme Gaboriault. Ils ne l'ont jamais vu de son vivant, mais comme sa musique continue de vivre, il y a une nouvelle génération­ qui l'a découvert. » Marie-Ève Martel




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