Waterloo vire au kaki

Allan Dornan a mis deux ans pour restaurer... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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Allan Dornan a mis deux ans pour restaurer sa Mule 1958.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Waterloo) Collectionner les véhicules militaires, c'est aussi aimer les restaurer et fouiller pour trouver les pièces d'origine. Plusieurs de ces véhicules, rendus fonctionnels grâce au savoir-faire de passionnés, ont transformé un terrain de soccer en base militaire, ce week-end, à l'occasion de l'événement Waterloo Khaki.

Le Valériennois Sylvain Daigle est du nombre de ces passionnés. Entouré de sa tente de campement, d'équipements divers, d'armes neutralisées, de son camion de transport de troupes et de son jeep, il raconte comment son coeur a flanché pour un jeep de 1942.

Au départ, il fallait avoir du pif pour reconnaître que ce qu'il avait acheté était un jeep militaire. Tout ce qui restait du véhicule, c'était le cadre. Des planches de contre-plaqué formaient des murs, un toit et recouvraient ce qui était le moteur. 

« C'était un style de cabane de chasse, indique-t-il. J'avais été le chercher pour avoir les pièces encore potables. Un coup tout désossé, j'ai vu que le cadre était magané, mais récupérable. Pourvu que j'aie le cadre, je peux me faire quelque chose. »

Deux ans de restauration plus tard, le jeep était devenu méconnaissable. « J'aime bien l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale, tout ce qui se rattache aux véhicules et aux armes de l'époque, affirme M. Daigle. Les pièces que j'ai apportées aujourd'hui sont les résultats de recherche depuis 25-30 ans. »

Sylvain Daigle n'a pas de passé militaire, mais plusieurs des collectionneurs rencontrés sur place ont fait partie un jour ou l'autre de l'armée. Quelques-uns sont des vétérans de la guerre. 

Allan Dornan, de Vaudreuil-Dorion, a servi pendant 20 ans dans l'armée canadienne. À Waterloo­, il avait apporté une Mule 1958, de marque Willys. Il s'agit d'une plateforme montée sur roues que l'on peut conduire installé à l'arrière ou accroupi pour se protéger­ des projectiles. 

« Ça servait à transporter du matériel ou des armes, explique-t-il. Il a servi au Vietnam pour les États-Unis. C'est le premier modèle de VTT. Les pièces sont vraiment difficiles à trouver, c'est à travers le réseau de collectionneurs (qu'on y réussit). » L'homme a mis, lui aussi, deux ans pour le restaurer.

Le réseau des collectionneurs est le principal truc suggéré par les passionnés interrogés par La Voix de l'Est pour trouver les pièces manquantes de leurs véhicules militaires. 

Dans le cas de Jean Scarpino, venu de La Tuque avec son ambulance Iltis, il lui a fallu acheter deux ensembles pour réussir à reproduire­ ce modèle plutôt rare. 

« En faisant des recherches, je me suis rendu compte qu'ils en avaient fait seulement 250 et qu'ils étaient faits avec la base du toit allemand (en tissus). Le Iltis ambulance était différent complètement des autres (véhicules) Iltis, qui avaient un toit rigide. Quand tu parles aux militaires, ils n'en ont pas vu tellement. D'après moi, ce sont des véhicules qui ont servi beaucoup dans la réserve », mentionne­ M. Scarpino.

À première vue, il ne fallait pas souffrir du mal des transports, ou de claustrophobie, pour ne pas être terrorisé par un transport sur civière dans ces véhicules... 

C'est la première fois que Waterloo­ Khaki se déroulait depuis 2011. L'organisation a choisi 2017 pour souligner les 150 ans de Waterloo. Environ 250 personnes ont visité le site durant le week-end.




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