La tortue-molle à épines en vedette à Pike River

La tortue-molle à épines était la grande vedette... (Julie Catudal, La Voix de l'Est)

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La tortue-molle à épines était la grande vedette de Mikinak, la fête de la tortue de Pike River. Sur la photo, Suzette s'était déplacée du Zoo de Granby pour l'occasion.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Pike River) La tortue-molle à épines était la grande vedette samedi à Pike River, l'un des seuls sites de ponte au Québec de cette espèce menacée. Malgré la pluie, la deuxième édition de Mikinak, la fête de la tortue, a attiré 275 personnes.

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« Pike River est la ville où on trouve le site de ponte principal au Québec», affirme Patrick Paré, directeur conservation et recherche du Zoo de Granby.

Julie Catudal, La Voix de l'Est

La tortue Suzette était sortie du Zoo de Granby pour l'occasion, ravissant les enfants. Un bébé tortue­molle à épines a aussi piqué la curiosité. Outre les conférences, la cantine, les maquillages et la présence sur place de divers organismes visant la protection de la faune et de la flore, une course de tortues - en plastique - sur l'eau était prévue sur le coup de 16 h. 

Les 300 billets pour l'activité, inspirée des courses de canards, se sont envolés. 

« Ce ne sont pas les mêmes tortues que l'an passé, souligne Stéphan Duquette, président de l'événement organisé par Pikeriverains­ en action et conseiller municipal. En 2016, elles flottaient de côté. Pascale Massé, du conseil d'administration de l'organisme, a trouvé des tortues en plastique faites par les Amérindiens. On en a commandé 500. On en met 300 à l'eau. Elles flottent beaucoup­ mieux. »

Mikinak est un mot algonquin qui signifie tortue. Comme l'explique Mme Massé, « il y a déjà eu des fouilles archéologiques à Pike River il y a une vingtaine d'années et on a découvert que tout le long de la rivière, il y a eu la présence d'Algonquins. Ça fait partie de notre histoire. »

Cette année, le lieu de la course a éét déplacé à un autre endroit de la rivière aux Brochets puisque le site choisi l'an dernier était un lieu de ponte de la tortue molle à épines.

Sensibiliser

Au-delà des activités ludiques, la fête vise aussi à sensibiliser et informer la population sur la précarité de l'espèce. Le Zoo de Granby­ est d'ailleurs non seulement un partenaire important de Mikinak, mais aussi un acteur majeur dans la protection de l'espèce.

« Pike River est la ville où on trouve le site de ponte principal au Québec, affirme Patrick Paré, directeur conservation et recherche du Zoo de Granby­ On l'étudie depuis 20 ans à Pike River sur la rivière aux Brochets­. Au Québec­, la seule population connue de tortues-molles à épines est dans le bassin de la baie Missisquoi­. Historiquement, il y en avait sur la rivière Richelieu et dans le fleuve St-Laurent. »

Des populations se trouvent à Pike River, Saint-Armand, Venise-en-Québec et Clarenceville, en plus d'un site d'hibernation du côté du Vermont. Cet État américain met par ailleurs la main à la pâte, avec le Zoo de Granby, pour protéger l'espèce.

Détail : la tortue-molle à épines peut se mouvoir assez rapidement en raison de la légèreté de sa carapace.

Ouverture

« Dans le passé, la tortue n'était pas nécessairement l'amie de tout le monde, confie M. Paré. La tortue molle à épines a empêché ou ralenti des projets de la région parce que, pour la protéger, il faut que les agriculteurs y mettent du leur. On avait aussi un pont à construire au lac Champlain et ça a nécessité des interventions particulières. La tortue est souvent mal-aimée. Les gens voyaient les agents de la faune arriver chez eux et on s'imposait un peu trop. Alors, quand nous sommes arrivés là-dedans, on ne voulait pas s'imposer. Le Zoo est un vendeur de bonheur. Quand j'arrive chez les gens et que je dis que je suis du Zoo, ils nous ouvrent la porte. »

Un bel exemple de l'ouverture chez les citoyens de Pike River est la réponse d'un important agriculteur qui a cessé de travailler sur une partie de sa terre et accepté qu'un site artificiel de ponte soit aménagé chez lui. La tortue étant active en après-midi et en soirée, il a aussi accepté sans hésitation de n'utiliser sa machinerie qu'en avant-midi, en juin, pendant qu'elle sort de l'eau pour pondre.

De 100 à 2000

Les efforts pour protéger et repeupler semblent porter leurs fruits. Il y a une vingtaine d'années, alors que s'amorçaient les premiers efforts pour sa sauvegarde, on estimait grossièrement la population de tortues-molles à épines à une centaine d'individus. « Au mois d'août, on va relâcher notre millième tortue, annonce fièrement le biologiste du Zoo. Ça fait depuis 2010 qu'on en relâche. Notre objectif est d'en relâcher au total 2000 d'ici 2020. Ça va se faire, c'est sûr, et parmi ces 2000, on espère que 5 % vont atteindre l'âge de 15 ans pour se reproduire à leur tour. »

Les principaux prédateurs de la tortue-molle à épines sont les ratons laveurs, les oiseaux de proie, les grands brochets et la pollution de l'eau. C'est pourquoi le travail d'autres organismes contribue à la sauvegarde de l'espèce. M. Paré souligne notamment l'aide de l'Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi, qui nettoie et revitalise les bandes riveraines. Conservation de la nature du Canada a par ailleurs lancé un site Web, carapace.ca, qui invite les citoyens à signaler les tortues qu'ils croisent en envoyant une photo de l'animal et les coordonnées­ géographiques.




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