Pas d'enquête sur les contaminants chimiques dans l'eau de la région

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Le ministère de l'Environnement ne mettra pas à jour son étude sur les contaminants chimiques détectés dans trois rivières de la région.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Le gouvernement du Québec n'investiguera pas pour découvrir les sources de contaminants chimiques dans trois rivières de la région. Le tout est laissé aux municipalités.

Une étude du ministère de l'Environnement rendue publique en début d'année révèle que les rivières Yamaska Nord à Granby, Yamaska Sud-Est à Cowansville et Le Renne à Acton Vale contiennent des contaminants chimiques, soit des BPC et des substances utilisées dans des procédés industriels. Ces contaminants, dont certains dépassent les normes fixées par les autorités gouvernementales, affectent l'eau ainsi que les poissons et les piscivores. Or, les données de l'étude remontent à 2011 et celle-ci reste muette sur la provenance de ces contaminants.

Le Ministère ne fera aucun suivi de l'étude ou de mise à jour des données, indique Clément Falardeau, porte-parole de l'organisme. Les auteurs de celle-ci poursuivent leur travail pour déterminer si des contaminants émergents, c'est-à-dire non répertoriés dans le cadre des analyses régulières, se trouvent dans d'autres rivières au Québec. « Il n'y a pas de retour prévu en Estrie et en Montérégie au cours des prochaines années », a-t-il précisé dans un échange de courriels avec La Voix de l'Est.

Dans les municipalités concernées, on souhaitait que le ministère de l'Environnement assure un suivi de ses découvertes. « On parle beaucoup de l'importance de s'occuper de nos cours d'eau. Si on veut le faire, il faut qu'on sache d'où ça (contaminants) provient », soutient Arthur Fauteux, maire de Cowansville. « On n'a pas les ressources ni l'expertise pour faire ce travail », dit-il.

Le conseil des maires de la MRC de Brome-Missiquoi a adopté en une résolution demandant au ministère de la Santé et des Services sociaux de se mêler de ce dossier. La MRC n'a toujours pas reçu de réponse, a indiqué M. Fauteux.

Contaminants non répertoriés

La Ville de Granby compile des données sur les substances chimiques qui entrent à son usine d'épuration des eaux usées. Sa liste ne comprend cependant pas les contaminants émergents identifiés dans l'étude du ministère de l'Environnement. La municipalité s'interroge à ce sujet, mais n'a pas l'intention d'ajouter à court terme ces contaminants sur sa liste, dit Gabriel Bruneau, directeur du service de la planification et de la gestion du territoire de la Ville.

D'ici peu, il est possible que les exigences gouvernementales soient revues à la hausse et que les municipalités doivent inclure ces contaminants à leurs analyses, a-t-il dit.

C'est ce que prévoit la mise en oeuvre du Règlement sur les ouvrages municipaux d'assainissement des eaux usées, signale M. Falardeau. Les municipalités exploitant un ouvrage d'assainissement des eaux usées devront « (...) acquérir de nouvelles connaissances sur la qualité des rejets issus des stations d'épuration en imposant une étude portant sur la caractérisation des effluents sur une période d'une année. (...) Selon la taille de la station d'épuration, jusqu'à 300 contaminants (émergents ou autres) seront analysés par les exploitants municipaux », écrit-il.

Réglementation à jour

L'étude du Ministère suscite encore des discussions dans les officines municipales, soutient M. Bruneau. « On doit bien la comprendre, déterminer quels sont les impacts, quelles actions peuvent être entreprises et regarder notre réglementation actuelle », résume-t-il.

La Ville doit mettre à jour sa réglementation sur les rejets dans les égouts, explique M. Bruneau. Celle-ci date des années 80. Notons que la Ville s'était engagée à le faire dans le plan directeur de l'eau de la MRC de la Haute-Yamaska 2011-2015. Le même engagement apparaît dans le projet de PDE 2017-2021.

L'Organisme de bassin versant de la rivière Yamaska souhaite mettre à jour les données de l'étude du ministère de l'Environnement. Une proposition devrait être présentée aux municipalités concernées dans les prochaines semaines. Elles devront s'engager financièrement pour que le projet se réalise.

Les villes de Granby et de Cowansville sont intéressées par la démarche. « On regarderait ça, certainement. On a toujours été très satisfait du travail qu'ils ont fait pour nous », a dit M. Fauteux. « Il y a un intérêt de la Ville », a confirmé M. Bruneau.




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