Bonjour-Santé défend son approche

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Le président de Bonjour-Santé, Benoit Brunel

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Un certain mystère plane au sujet du service « Chronoscope » de Bonjour-Santé, qui propose aux gens de débourser une vingtaine de dollars pour avoir une « garantie de passer à l'heure » à la clinique. Une patiente ainsi que la direction du centre médical de Cowansville remettent notamment en cause cette initiative. Le président de l'entreprise privée derrière cette offre, Benoit Brunel, a voulu remettre les pendules à l'heure.

L'aura négative entourant le service de Bonjour-Santé laisse un goût amer à celui qui est à la tête de l'organisation. « Je suis un peu irrité quand des gens nous tombent sur la tomate alors qu'on règle des problèmes d'attente en clinique. Ça fait huit ans qu'on travaille pour régler ce problème au Québec. Quand on est arrivés sur le marché, le temps d'attente était de quatre heures. On a travaillé d'arrache-pied pour trouver des solutions, pas seulement pour ceux qui paient, mais pour tout le monde. Et maintenant, dans les [établissements] qui font affaire avec Bonjour-Santé, les gens attendent en moyenne 45 minutes. »

En fait, un texte publié dans La Voix de l'Est, vendredi, relate que Christine Guilbault, une patiente de la clinique de Cowansville qualifie de « manque de respect » l'offre de Bonjour-Santé qui lui a récemment été proposée en prenant un rendez-vous pour une consultation. « C'est rendu qu'il faut payer pour être certain que notre rendez-vous à la clinique soit respecté. Ça n'a pas de bon sens », a-t-elle clamé.

Ces frais ont également suscité un certain malaise chez le président de l'Association des médecins omnipraticiens d'Yamaska, Dr Jacques Bergeron, qui s'est dit particulièrement préoccupé par ce service, dont il ignorait le déploiement dans la région. Le journal avait tenté alors, en vain, d'obtenir les commentaires de M. Brunel. 

Fonctionnement

Dès qu'une case horaire est attribuée lors de la prise de rendez-vous (téléphonique ou en ligne) par un patient d'un centre médical affilié à Bonjour-Santé, celui-ci reçoit un texto par le biais du système automatisé de l'entreprise privée. « Vous pouvez modifier votre consultation actuelle pour une consultation avec garantie de temps d'attente en clinique de 17 minutes maximum ! Même jour. Même clinique », indique le message promotionnel. Si ce délai est dépassé, le client est remboursé en totalité.

Or, contrairement à ce que certaines personnes et organisations véhiculent, « personne ne passe devant les autres » avec ce service, a souligné M. Brunel. En fait, un algorithme complexe trouve la meilleure plage horaire en se basant sur une foule de critères. « Lors de l'inscription, les patients doivent choisir parmi 26 raisons de consultation. Ils ont aussi un champ libre pour écrire. C'est entre autres avec ces données que l'on essaie de déterminer le temps d'attente. Ça va même jusqu'à tenir compte de la météo qui a un impact sur les délais de retard en clinique », a-t-il expliqué en substance.

M. Brunel affirme que son entreprise ne donne aucune redevance aux établissements participants. De plus, soutient-il, ces organisations n'ont pas un sou à débourser pour faire affaire avec Bonjour-Santé, qui compte près de 300 cliniques dans son giron. « On est allé voir le gouvernement plusieurs fois pour qu'il paie pour nos services. Mais il n'a pas voulu les acheter. J'ai rencontré trois ministres de la Santé différents et plein de fonctionnaires. Je dirige une PME et je ne peux pas demander à mes 53 employés de travailler bénévolement. Donc, on a des services payants pour financer toute notre plateforme. [...] Du côté du gouvernement, on m'a dit d'aller vendre mes services au privé­, alors c'est ce que je fais. »

Rien d'illégal, clame Benoit Brunel

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait... (archives La Presse) - image 3.0

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait indiqué lors d'une mêlée de presse en février que le service « Chronoscope » est illégal. « La Loi, telle qu'elle est écrite, ne permet pas de charger aux patients un accès prioritaire par un système comme celui [de Bonjour-Santé] », avait-il fait valoir.

archives La Presse

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait indiqué lors d'une mêlée de presse en février que le service « Chronoscope » est illégal. « La Loi, telle qu'elle est écrite, ne permet pas de charger aux patients un accès prioritaire par un système comme celui [de Bonjour-Santé] », avait-il fait valoir. Ce que rejette du revers de la main le président de l'entreprise­ privée, Benoit Brunel.

« J'ai fait mes analyses juridiques avant de me lancer en affaires. Il n'y a rien d'illégal dans nos services. Si ça l'était, j'aurais eu des poursuites depuis 2010, mais il n'y a rien de cela », dit-il. 

M. Brunel a par ailleurs interpellé les décideurs dans le domaine de la santé pour que la lumière soit faite à ce sujet. « J'invite la RAMQ et le MSSS à se prononcer clairement et rapidement sur la légalité de tous les services de Bonjour-Santé puisqu'il y a présentement un climat d'incertitude qui a été placé dans le public. Si vous croyez que nos services sont bénéfiques pour la population, comme nos utilisateurs le confirment, et que nos services sont légaux, je vous invite à clarifier le flou actuel auprès du public en général ainsi que parmi les gestionnaires de cliniques médicales. Dans le cas contraire, Bonjour-Santé devra se concentrer sur le déploiement de ses solutions dans les autres provinces où nos services sont les bienvenus », mentionne-t-il dans une lettre datée du 11 février 2017, adressée au ministre de la Santé, Gaétan­ Barrette­, au président de la FMOQ, Dr Louis Godin et au PDG de la RAMQ, Jacques Cotton. 

De son côté, la porte-parole de la RAMQ, Caroline Dupont, a refusé de commenter, prétextant que le dossier « est devant les tribunaux au moins jusqu'à cet automne ».




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