Un perroquet perdu dans le mont Shefford

Paco le perroquet est rentré à la maison... (fournie par Genevieve Charest.)

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Paco le perroquet est rentré à la maison après avoir passé trois jours perdu dans le mont Shefford.

fournie par Genevieve Charest.

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Samuel Leblanc, stagiaire à la voix de l'Est.
Samuel Leblanc
La Voix de l'Est

(Shefford) Lors d'une ordinaire pratique de vol dans la cour arrière de Geneviève Charest, sa propriétaire, Paco, un perroquet de 8 ans, s'est fait surprendre par le drone d'un voisin. Prenant peur, il s'est enfui dans la montagne. Trois jours plus tard, sa propriétaire l'a retrouvé au sommet du mont Shefford.

« La première leçon à apprendre à un perroquet quand on lui enseigne le vol, c'est la désensibilisation », explique la résidente de Shefford. « Ça veut dire de l'habituer à son environnement, aux bruits des chiens, des voitures, etc. ».

Or, le 16 juillet, c'était la première fois que Paco devait partager le ciel avec un drone. Pris de surprise et perdant tout repère, il s'est enfui dans la montagne, au grand malheur de sa propriétaire. « C'est mon compagnon. Tous les soirs j'ai des sessions où je l'éduque », témoigne celle que l'on pourrait considérer comme sa mère. « Je me disais : pauvre lui, seul dans la nature sans accès à de la nourriture. Comment il va faire pour se débrouiller ? »

Elle a commencé ses recherches par elle-même en l'appelant dans la montagne, puis a distribué une centaine d'affiches, notamment près des entrées des sentiers, au super­marché et même dans quelques boites aux lettres. En parlant à des résidants et des randonneurs, elle a appris que son Paco a été entendu près du parc Jean-Paul Forand, à l'autre extrémité du mont. « J'étais totalement découragée de voir la distance qu'il avait parcourue, avoue-t-elle. J'avais l'impression de chercher une aiguille dans une botte de foin quand je regardais la montagne. »

Ça ressemble à quoi, le cri d'un perroquet ? « Le son ressemble à celui d'une corneille enrouée, mais très puissant. » Et le cri du perroquet est un agent de liaison. Ce n'est pas son chant, mais son cri pour retrouver sa famille. Dans le cas de Paco, pour retrouver Geneviève. « Paco ne répondait donc pas à des cris ressemblant au sien. Il cherchait ma voix », explique-t-elle en appuyant sur l'adjectif possessif.

Un soir, trois jours après la frousse de Paco, sa propriétaire et son conjoint se sont rendus sur la rue des Cimes, où on avait rapporté avoir entendu l'oiseau, et ont perçu entre les branches le cri si particulier du membre de leur famille. Après une course dans la forêt, ils se retrouvaient enfin. « Quand il nous a vus, c'était vraiment les retrouvailles de part et d'autre. Il était très très content de me retrouver et moi aussi ! », se rappelle Mme Charest. « C'était l'euphorie à l'intérieur. »

Il n'avait pas mangé ni bu depuis trois jours, et se donnait à coeur joie dans le sac de nourriture que sa propriétaire­ avait apporté. 

À mentionner que l'oiseau fait partie intégrante de la famille, suivant même Geneviève au travail. Quand elle et son conjoint quittent la maison, il leur dit bye, et quand le téléphone­ sonne, il répond allô. 

Mobilisation citoyenne

En plus d'avoir parlé à de nombreux piétons sur la montagne, Geneviève Charest a distribué une centaine d'affiches, et a lancé un appel sur la page Facebook Spotted­ : Bromont. Sa publication a été partagée près de 150 fois. « J'ai eu beaucoup d'appels de gens qui m'ont dit : écoutez, j'ai vu votre affiche et je pense l'avoir entendu hier. Je peux vous dire qu'il est vivant ! », raconte-t-elle.

« C'était vraiment beau de voir la solidarité. Moi je me sentais toute seule à chercher mon oiseau, mais quand je suis allé enlever les affiches, les gens venaient me voir et me disaient : oh mon Dieu ! Vous l'avez retrouvé, je suis tellement content ! »

D'ailleurs, c'est cette mobilisation qui aura poussé Mme Charest à poursuivre ses recherches. À un certain point, elle croyait que son Paco était peut-être bien mort. « Après deux jours sans l'avoir entendu, j'ai eu un petit moment de déprime. Où chercher ? Mais quand les gens ont commencé à m'appeler, ça m'a permis de garder espoir, de mettre les efforts nécessaires pour le retrouver. »

La propriétaire sera certainement plus prudente à l'avenir, mais elle ne s'empêchera pas de pratiquer le vol libre avec Paco. « C'est un habitué du vol. Ce n'est pas un petit fugueur ! Il a simplement eu peur. Quand un oiseau part avec son instinct de peur, il ne se pose pas de questions. Il décolle et il se sauve », rappelle-t-elle.




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