Amende de 15 000$ au CPE Le Colibri

La Régie du bâtiment a remis des amendes... (Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est)

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La Régie du bâtiment a remis des amendes de 14 706 $ au CPE Le Colibri pour différentes infractions. « Dépenser de l'argent dans la vieille bâtisse, ça serait du gaspillage de l'argent des contribuables parce que ça n'augmentera pas sa valeur », calcule Isabelle Fauchon, DG du CPE. Elle pose avec le maire de Farnham, Josef Hüsler.

Christophe Boisseau-Dion, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Farnham) Le CPE Le Colibri de Farnham devra payer trois amendes totalisant 14 706 $ parce que son édifice n'est pas conforme aux normes du Code du bâtiment. Ces amendes sont remises au CPE alors que sa direction tente depuis quatre ans de convaincre le ministère de la Famille de lui octroyer une subvention pour construire une nouvelle garderie.

La Régie du bâtiment a acheminé le 14 juin trois amendes de 4902 $ (dont 817 $ en frais et 817 $ en contribution) au CPE parce qu'une inspection menée le 15 septembre 2016 avait permis de constater des problèmes relativement à la maçonnerie du mur de briques extérieur, dans la cage d'escalier à l'intérieur et l'absence de matériaux coupe-feu au plafond.

« On savait qu'on allait avoir ces amendes. On a repoussé deux fois les délais pour faire les travaux. On leur a expliqué qu'on discutait avec le ministère (de la Famille) pour un nouveau CPE », explique Isabelle­ Fauchon, directrice générale­ du CPE.

La direction du CPE se retrouve devant un dilemme, estime Mme Fauchon. Elle peut payer les amendes et faire effectuer les travaux, mais ça ne changera pas le fait que le bâtiment centenaire n'est plus adapté aux besoins de la garderie. Elle peut aussi refuser de payer les amendes et ne pas entamer les travaux, mais cela lui vaudra encore plus de problèmes face à la Régie du bâtiment.

La seule alternative heureuse pour toutes les parties, pense Mme Fauchon, serait que le ministère accorde son aval au projet du CPE de construire un nouveau bâtiment. « Dépenser de l'argent dans la vieille bâtisse, ça serait du gaspillage de l'argent des contribuables parce que ça n'augmentera pas sa valeur », croit-elle. D'autant plus, ajoute-t-elle, qu'il en coûterait plus de 600 000 $ pour tout rénover.

La direction du CPE propose un nouveau bâtiment attenant au Centre d'art de Farnham. Sa construction coûterait 1,260 million de dollars, selon les plans et devis préparés. La Ville a offert le terrain et la coopérative ambulancière s'engage à verser 100 000 $ dans le projet.

Le Ministère serait prêt à injecter 625 000 $, soit 500 000 $ en subvention et 125 000 $ de la vente du bâtiment où se trouve présentement­ le CPE.

Postes budgétaires

Le problème est que Québec n'est pas d'accord avec les montants des différents postes budgétaires suggérés par le CPE pour réaliser son projet, notamment les montants alloués au revêtement, au mobilier et à la structure. Il a produit son propre budget modifiant son aide accordée dans plusieurs enveloppes. Par exemple, le CPE n'obtiendra aucun montant pour avoir fait préparer les plans et devis du futur bâtiment. Il devait attendre le ok du Ministère.

Au final, les calculs du Ministère font que le CPE devra emprunter 272 205 $ pour financer sa partie. Dans son scénario, le CPE allait contracter un prêt de 109 090 $.

L'établissement n'a pas les moyens de contracter une telle hypothèque, a dit Mme Fauchon. « On était déjà serré à 109 090 $. Plus que ça, ça ne sera pas viable financièrement. »

Le CPE a demandé au Ministère de lui octroyer trois autres places pour des enfants. Son permis l'autorise pour l'heure à accueillir 57 enfants. « Avec trois places de plus, ça nous donne 36 000 $ de plus en revenus. On serait capable de réaliser notre projet », dit-elle. Le problème est que le vieux bâtiment ne peut accueillir plus de 57 enfants, souligne-t-elle. Un autre choix cornélien. 

Fait intéressant, dans son budget, le Ministère déduit le montant des amendes écopées par le CPE de sa mise de fonds prévus de 38 900 $.

Le ministre de la Famille, Sébastien­ Proulx, n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

« Tout ça est ridicule », dit Josef Hüsler

La résignation se mêle à la frustration à l'hôtel de ville de Farnham. Le maire Josef Hüsler se perd en conjectures pour comprendre la logique des fonctionnaires du ministère de la Famille dans ce dossier. « Tout ça est ridicule. Ridicule », affirme-t-il en prononçant chaque syllabe avec force.

« La Ville donne un terrain de 245 000 $. La coopérative donne 100 000 $ pour aider les gens du CPE à faire leur projet. L'endroit choisi a déjà un stationnement, de l'éclairage, les services municipaux sont rendus. On n'a pas à ajouter ces coûts. La communauté donne tout ça et le Ministère trouve le moyen de nous faire des misères avec leurs propres calculs. C'est rire du monde », tonne-t-il.

Les ministères doivent accorder plus d'importance aux efforts des municipalités qui s'impliquent dans des projets dont Québec a la responsabilité. « Nos gouvernements en font moins. C'est malheureux, mais c'est comme ça. Nous, on essaie de faire ce qu'on peut, d'aider comme on peut. On pense qu'on le fait en donnant tout ça. Mais on dirait que ça ne compte pas. »

L'enjeu d'un nouveau CPE est d'autant plus grand, a indiqué M. Hüsler, qu'il implique la sécurité et le bien-être des enfants.

Il a lancé un appel au ministre Proulx. « Que le ministre vienne visiter le CPE. Qu'il nous dise ce qu'il en pense. Qu'il nous dise si on est mieux de rénover la vieille bâtisse ou d'en construire une nouvelle. Qu'il nous le dise. J'aimerais l'entendre là-dessus. »




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