Patrice Beauregard règle son dernier dossier

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Les parties ont convenu que le temps déjà purgé par Patrice Beauregard en détention préventive, soit l'équivalent de 10 mois et demi de prison, suffisait comme sentence.

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

(Granby) Patrice Beauregard est un homme libre. Déjà acquitté d'homicide involontaire, incendie criminel et fraude, le Granbyen a réglé son dernier dossier, mardi, relativement à des accusations de menaces et d'intimidation envers des personnes associées au système judiciaire.

Le machiniste de 32 ans a reconnu avoir tenté d'intimider (mais pas de menacer) une procureure ainsi qu'un policier de la SQ alors que se préparait son procès pour homicide involontaire. Délaissé par son avocat en 2016, il avait entrepris de se représenter seul et était frustré de ne pas recevoir toute l'information qu'il exigeait de la Couronne.

Sur sa page Facebook, il a alors évoqué la possibilité de « décapiter pour avoir de l'information », de « faire la guerre » et de « sortir le gun ». Il a aussi mentionné vouloir « décapiter des policiers » et jouer avec eux « à la roulette russe avec un pistolet pas de cran de sûreté ».

Confusion

À la défense, Me François Y. Gauthier­ a expliqué que son client s'était trouvé « confus et incapable de se trouver un procureur » dans sa cause de meurtre, son précédent avocat ayant quitté la profession. Ses demandes d'information judiciaire étaient pour la plupart non fondées.

« Il faisait de l'anxiété et ne prenait pas ses médicaments, ce qui l'a amené à vider son fiel sur Internet, a-t-il dit. C'est arrivé à une période de sa vie où il était troublé.» Selon l'avocat, son client ne cherchait pas querelle à ces deux personnes-là. 

Questionné à sa sortie du tribunal, Me Gauthier a illustré que l'accusé avait « fait une psychanalyse publique de son désarroi » et qu'il n'était pas une personne agressive. « Les gens oublient facilement que les murs ont des oreilles sur Facebook­ », a-t-il ajouté. 

En accord avec Me Jean Caron, substitut du Procureur général, les parties ont suggéré au tribunal de commuter en sentence la période que Patrice Beauregard a déjà passée en détention préventive, soit l'équivalent de 10 mois et demi de prison.

Une peine que le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, a acceptée. 

Interdiction

La sentence est toutefois assortie d'une interdiction, pour l'accusé, de communiquer avec les plaignants et de se trouver au palais de justice de Granby ou dans son stationnement sans autorisation ou sans convocation judiciaire pendant les deux ans que durera sa probation. Il doit aussi garder la paix et ne pas posséder d'arme pendant 10 ans.

« Des situations particulières amènent des résultats particuliers, a dit M. Beauregard au sujet de ses dérapages virtuels, à sa sortie de la salle d'audience. C'était un coup d'épée dans l'eau. » Il a précisé ne pas souhaiter se retrouver de nouveau en cour.

Au terme d'un procès de huit jours tenu devant jury, il a été acquitté en juin des accusations d'homicide involontaire, incendie criminel et fraude qui pesaient contre lui. Le ministère public lui reprochait d'avoir demandé à un ami, Guillaume­ Savard, de mettre le feu à son immeuble à logements de Farnham­ afin d'en récolter l'argent de l'assurance.

M. Savard est mort en essayant d'incendier le bâtiment de la rue Principale Est, en septembre 2013. La défense a plaidé que la victime avait pu agir de son propre chef.»




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