Des organismes réclament l'abolition du programme Objectif Emploi

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Le Groupe Actions Solutions Pauvreté, tout comme plusieurs organismes au Québec, réclame l'abolition du programme Objectif Emploi. Le coordonnateur de l'organisme, Nicolas Luppens.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) Le programme Objectif Emploi qui s'inscrit dans la réforme de l'aide sociale du gouvernement du Québec devrait être aboli, selon plusieurs organismes communautaires. Le volet visant une approche punitive auprès des personnes qui n'accepteront pas de participer et dont le revenu fondra à 404 $ mensuellement est vu d'un bien mauvais oeil.

Le « projet de Règlement modifiant le Règlement sur l'aide aux personnes et aux familles » qui annonce la mise en place du programme Objectif emploi, a été récemment publié dans la Gazette officielle du Québec. Ce programme s'adressera aux premiers demandeurs d'aide sociale, c'est-à-dire 17 000 personnes par année. 

Un volet permet de bonifier l'aide sociale jusqu'à 260 $ par mois. À l'heure actuelle, la prestation mensuelle­ de base s'élève à 628 $.

« Le premier volet est accueilli favorablement parce qu'on parle d'incitatifs à l'intégration à l'emploi. On parle de donner certains montants, de bonifier l'aide sociale pour ceux qui adhérent au programme avec une forme d'accompagnement », indique Nicolas Luppens, coordonnateur au Groupe Actions Solutions Pauvreté­ (GASP). 

Comme plusieurs organismes du Québec, le GASP n'adhère toutefois pas au second volet du programme, qui pourrait entraîner une réduction de la prestation d'aide sociale pour les adultes après trois manquements. Le montant fondrait à 404 $ par mois. Son abolition est même réclamée.

« C'est une approche punitive, déplore M. Luppens. On pense que ça va nuire à leur sortie de la pauvreté et ça va les amener dans un cycle de pauvreté encore plus grand. L'écart va se creuser encore plus entre ceux qui sont près du marché du travail et ceux qui sont loin du marché du travail. »

Un chèque de cette somme, fait valoir M. Luppens, représente le montant déboursé par un locataire vivant seul pour se loger à Granby. Même lorsqu'un prestataire reçoit le montant complet de son chèque, celui-ci ne comble pas la moitié de ses besoins de base, rappelle le coordonnateur du GASP. 

Qui plus est, ceux qui ne pourront pas participer pour des raisons personnelles ou de santé, par exemple, vivront une forme d'exclusion supplémentaire, dit-il. « Ça va créer des inégalités sociales », déplore Nicolas­ Luppens. 

Selon le GASP, cette réduction du revenu va à l'encontre de la politique en itinérance du gouvernement et même de l'article 45 de la Charte des droits et libertés de la personne, qui stipule que toute personne a droit à un revenu décent. « On vient de créer une brèche dans cet article-là. L'aide sociale n'était déjà pas un revenu très décent. »

En contrepartie, les mesures incitatives peuvent amener certaines personnes à modifier leur parcours et à se sortir de la pauvreté, insiste M. Luppens. « On pense que des mesures doivent être mises de l'avant pour favoriser l'insertion, avec plus d'accompagnement. »

Les citoyens disposent de 60 jours pour se prononcer sur le projet de règlement. Celui-ci doit entrer en vigueur en avril 2018. 

- En collaboration avec Le Soleil 




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