Une mort évitable

Le camionneur Claude Mercier a été écrasé par... (fournie par la CNESST)

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Le camionneur Claude Mercier a été écrasé par une pile de deux bacs-citernes de 900 kilos à l'arrière de ce semi-remorque lors du déchargement.

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Karine Blanchard
La Voix de l'Est

(Granby) La gestion déficiente des activités de remorquage qui permettait l'interaction entre la circulation piétonnière et une chargeuse est en cause dans l'accident de travail qui a coûté la vie à un camionneur au site d'enfouissement Roland Thibault de Sainte-Cécile-de-Milton, en janvier dernier.

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L'ingénieur et inspecteur Luc Lefebvre a expliqué les causes de l'accident survenu sur le site d'enfouissement Roland Thibault de Sainte-Cécile-de-Milton, en janvier dernier.

Janick Marois

C'est la conclusion des enquêteurs de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui ont présenté leur rapport d'investigation­ mercredi. 

Le camionneur âgé de 51 ans, Claude Mercier, était à l'emploi de l'entreprise Transport M.J. Lavoie le jour fatidique, soit le 24 janvier 2017. Le camion semi-remorque qu'il conduisait était chargé de bacs-citernes et de déchets. En arrivant sur le site d'enfouissement de la route 137, il s'est dirigé vers la zone de déchargement, mais son camion s'est enlisé. Cette situation survient occasionnellement sur le site, surtout lors de précipitations de pluie ou de redoux en saison hivernale. 

Une chargeuse sur roues présente sur le site d'enfouissement l'a remorqué jusqu'au lieu de déchargement. 

Une fois sur place, le camionneur est sorti de la cabine pour actionner le plancher mobile de son semi-remorque afin d'en décharger le contenu. Il a ensuite déverrouillé la porte arrière du semi-remorque. Pendant qu'elle s'ouvrait, la porte est entrée en contact avec la chargeuse sur roues en mouvement qui venait de le remorquer. 

« Le camionneur a vu la porte prise dans la roue avant droite de la chargeuse sur roues et a voulu instinctivement se déplacer pour aller la dégager. Au moment où il s'est mis à circuler vers la chargeuse, il est entré dans la zone de déchargement du véhicule et c'est alors qu'une pile de deux bacs-citernes de 900 kilos a basculé et a écrasé le camionneur », explique Luc Lefebvre, ingénieur et inspecteur en charge de l'enquête à la CNESST, direction régionale de la Yamaska.

Le décès du camionneur a été constaté sur place. 

Exigences et recommandations 

La gestion des activités de remorquage sur le site d'enfouissement était déficiente puisqu'elle permettait l'interaction entre la circulation piétonnière du camionneur et celle de la chargeuse sur roues, affirme la CNESST. À la suite de l'accident, jugé comme évitable, l'organisme voué à la santé et à la sécurité des travailleurs a interdit à toute personne de circuler à moins de six mètres derrière un semi-remorque lorsque le plancher­ mobile est actionné.

Une méthode de travail sécuritaire et une méthode de surveillance pour le remorquage d'un semi-remorque ont été exigées au site d'enfouissement Roland Thibault, ce qui a été fait. Une méthode de travail sécuritaire et de surveillance pour le déchargement à l'aide d'un camion semi-remorque ont également été exigés et réalisés par la compagnie de Transport M.J. Lavoie. 

Un constat d'infraction a été délivré au site d'enfouissement Roland Thibault à la suite de l'accident. Le montant de l'amende - qui sera fixé par le tribunal - varie de 16 645 $ à 66 183 $ si l'entreprise en est à une première offense. En cas de récidive, le montant peut atteindre plus de 330 000 $.

Pour éviter que pareille tragédie se reproduise, la CNESST recommande aux camionneurs d'aller à l'extérieur de leur cabine seulement en cas de nécessité absolue. Et lorsqu'ils le font, ils doivent porter des vêtements à haute visibilité et circuler à proximité de leur véhicule. Les véhicules du site d'enfouissement ne doivent plus être en mouvement ou il doit y avoir une distance minimale de cinq mètres entre le piéton et le véhicule.

Les conclusions de l'enquête seront transmises à tous les sites d'enfouissement du Québec et aux associations sectorielles paritaires en santé et sécurité du travail, indique Hélène Hamann, directrice en santé et sécurité du Service de la prévention-inspection à la CNESST, direction régionale de la Yamaska.

Le rapport sera également transmis aux établissements offrant une formation en transport routier pour sensibiliser les futurs camionneurs. 

L'entreprise Matrec, propriétaire du site d'enfouissement, n'a pas rappelé La Voix de l'Est mercredi. La direction de l'entreprise Transport M.J. Lavoie a refusé de commenter.




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